La pilule abortive en rupture de stock

Les femmes ayant besoin du Mifegymiso y auront accès malgré la rupture de stock, assure l’AQPP.
Photo: Yuri Arcurs Getty Images Les femmes ayant besoin du Mifegymiso y auront accès malgré la rupture de stock, assure l’AQPP.

Alors que la pilule abortive est offerte depuis vendredi au Québec, les pharmacies sont aux prises avec une rupture de stock. Cette situation sera toutefois rapidement résolue et aucune patiente ne sera délaissée, assure-t-on.

Il ne s’agit pas d’une pénurie, a précisé d’emblée l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP).

« Quand ils ont su mercredi que la pilule serait offerte dès vendredi, les pharmaciens ont fait des demandes de stock auprès des fournisseurs, qui n’étaient pas prêts [à répondre à cette demande soudaine] », a expliqué la conseillère aux affaires publiques et gouvernementales de l’AQPP, Rafaëlle Perron.

Québec a en effet annoncé mercredi que les femmes pourraient se procurer le Mifegymiso en pharmacie dès le 15 décembre. Ce médicament sous ordonnance permet d’interrompre une grossesse de moins de neuf semaines. Il sera également offert dans les cliniques d’avortement.

Une situation normale

Les femmes ayant besoin du Mifegymiso y auront accès malgré la rupture de stock, assure l’AQPP. Si leur pharmacie n’en a pas en réserve, les patientes seront dirigées vers une autre succursale ou une clinique, a indiqué Mme Perron. Il a été impossible de savoir vendredi combien de pharmacies ont accès à la pilule abortive actuellement.

Une rupture de stock est tout à fait normale « quand des programmes de santé publique sont lancés rapidement », soutient Mme Perron, qui affirme que la même situation s’est produite le mois dernier quand la naloxone (un antidote aux surdoses d’opioïde) est devenue accessible en pharmacie.

La situation devrait être résolue au plus tard dès le début de janvier, indique Rafaëlle Perron, ce que soutient également la présidente de Celopharma, le fabricant du Mifegymiso au Canada.

« Notre fournisseur a eu l’instruction d’envoyer des stocks aux pharmacies et aux cliniques concernées. Si ce n’était pas du congé des fêtes, le tout serait réglé en moins de deux semaines », a affirmé Paula Tenenbaum.

McKesson Canada dit travailler « avec tous les acteurs de la chaîne d’approvisionnement pharmaceutique » pour que le médicament soit offert partout dès que possible. Le fournisseur justifie la rupture de stock par le court laps de temps entre l’annonce du gouvernement et l’accès au médicament.

Le ministère de la Santé du Québec assure également qu’il s’agit d’une situation temporaire. « Quand on annonce un programme visant le remboursement d’un médicament, il y a beaucoup de commandes en même temps, ce qui peut affecter les stocks chez les fournisseurs », a affirmé l’attachée de presse Catherine W. Audet.