Combattre le stress avec les audiocaments

Les audiocaments sont des pistes sonores, souvent des histoires, qui nous font du bien.
Photo: iStock Les audiocaments sont des pistes sonores, souvent des histoires, qui nous font du bien.

D’abord utilisés dans des hôpitaux belges pour relaxer les patients, les audiocaments, ces enregistrements sonores aux vertus thérapeutiques, sont devenus pour certains une pratique quotidienne qui fait du bien.

Dans une oreille, une histoire : un souvenir d’enfance dans une ferme familiale. Dans l’autre, des pensées positives. Tout s’accélère. On lâche prise, on se laisse porter par ce qu’on entend, on se détend. C’est un audiocament, ou enregistrement stéréo, créé par le laboratoire belge Psychomed. Le but ? Faire du bien. Celui-là s’appelle « Joie de vivre ».

« Cet enregistrement est sublime, on n’a pas envie d’en ressortir. Il contient une telle douceur ! » Sarah*, 38 ans, est professeure de musique dans le canton de Vaud, en Suisse. Elle écoute un audiocament au moins trois fois par semaine, quand sa fille est à l’école, à midi. « J’étais tombée sur un CD dans un centre de santé, je l’avais acheté par curiosité. » Très vite, elle se tourne vers les audiocaments version mp3, téléchargeables en ligne, 30 minutes d’enregistrement pour 8 euros.

« Ma maladie, ma chance », « Alcool free », « Mieux dormir » et bien d’autres encore. « Les audiocaments concernent tous ceux qui ont des troubles liés au stress », explique Stéphane Dumonceau-Krsmanovic, licencié de kinésithérapie à Bruxelles et concepteur de ces audiocaments avec le laboratoire belge. C’est à la demande d’anesthésistes qu’il a créé il y a une quinzaine d’années, en collaboration avec des médecins, ces enregistrements qui ont été validés ensuite par le ministère de la Santé belge. L’idée de base : réduire les sédatifs pendant certaines opérations, en relaxant les patients.

Mais depuis, l’audiocament est sorti des hôpitaux pour arriver dans les écouteurs, à domicile : « C’est pratique, parce qu’on ne peut pas consulter un médecin au quotidien », note Stéphane Dumonceau-Krsmanovic. Et comment ça marche ? « En racontant des histoires. Donner des ordres, ça ne marche pas. On fait des suggestions indirectes à travers des métaphores. » Sarah nous parle de la version « Gestion du stress », dans laquelle le patient doit s’imaginer pilote d’avion, pris dans la tempête. « Mais on nous montre qu’on peut changer d’itinéraire. Ce sont des histoires symboliques fortes. »

Dans chaque audiocament, un homme et une femme racontent. On perçoit des bruits, des clapotis en arrière-plan. Tout pour favoriser la réceptivité, plonger l’auditeur dans un état entre éveil et sommeil, pas loin de l’état d’hypnose, sur lequel se sont d’ailleurs basés les concepteurs de ces enregistrements.

« J’avais beaucoup de messages de destruction dans la tête, type “je vais me louper”, confie Sarah, mais ces audiocaments finissent par changer le message que tu t’envoies à toi-même. » Sarah a fait un épuisement professionnel il y a quelques années : pour elle, les enregistrements ont été d’une grande aide à ce moment-là. « Après les avoir écoutés, je ressens un calme et un bien-être profonds. »

Et en Suisse ? Les audiocaments ne sont pas disponibles en pharmacie comme en Belgique. Mais des enregistrements du même type existent. « Après des séances d’hypnose, certains praticiens donnent du matériel audio à écouter chez soi », explique Philippe de Saussure, médecin vice-président du conseil de fondation de l’Institut romand d’hypnose : « C’est une façon économique pour les patients de prolonger la thérapie. » Le contenu de ces enregistrements est similaire à celui des audiocaments, mais est parfois personnalisé en fonction des besoins. Et si ce spécialiste ne connaît pas le produit belge, il n’est pas contre le principe d’écouter ce type d’enregistrement chez soi sans avis médical préalable : « Il n’y a aucun effet secondaire négatif. »

Traduits en neuf langues, de nouveaux audiocaments arrivent régulièrement sur le marché. Un des derniers vise la gestion de l’angoisse en avion. Le stress n’a qu’à bien se tenir.

* Prénom fictif