De l’espoir dans le traitement des maladies pulmonaires

Jean-François Venne Collaboration spéciale
L’utilité de l’exercice physique dans le traitement des maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC) fait consensus dans la communauté scientifique.
Photo: iStock L’utilité de l’exercice physique dans le traitement des maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC) fait consensus dans la communauté scientifique.

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Des recherches récentes montrent que des programmes d’exercices physiques personnalisés sont des outils fort utiles contre des maladies pulmonaires chroniques.

« Ce n’est pas encore assez connu, mais l’entraînement physique peut contribuer fortement à l’amélioration de la qualité de vie des patients aux prises avec des maladies pulmonaires obstructives chroniques », soutient la Dre Véronique Pepin, kinésiologue à l’Université Concordia.

Avec son équipe, elle a mis sur pied un programme de recherche en réadaptation pulmonaire à l’hôpital Sacré-Coeur de Montréal. Elle mène aussi des recherches à l’Université Concordia, où elle est professeure associée.

L’utilité de l’exercice physique dans le traitement des maladies pulmonaires obstructives chroniques (MPOC) fait consensus dans la communauté scientifique. Mais quels programmes d’entraînement proposer aux patients ? Comment en maximiser les effets et s’assurer que le plus grand nombre possible de patients y adhèrent à long terme ?

À chacun ses exercices

Une recherche récente que Véronique Pepin a dirigée visait justement à évaluer trois programmes d’entraînement. L’un d’eux proposait un exercice en continu à haute intensité, un autre un entraînement à intervalles (donc avec des pauses) et un autre un entraînement aux seuils ventilatoires. Ce dernier est plus individualisé, car basé sur les performances ventilatoires de chaque personne.

Les résultats tendent à démontrer que les patients conservent plus de vigueur après le troisième type d’entraînement et y adhèrent davantage à long terme. Dans ce type d’approche, on doit toujours faire un compromis entre le gain à court terme et l’adhésion au programme. Il faut trouver l’approche qui procurera le plus grand gain possible et que le patient n’abandonnera pas par découragement.

« Le plus important est vraiment d’optimiser le programme d’entraînement en fonction de chaque personne, autrement dit de le personnaliser le plus possible », en conclut la chercheuse.

Service de proximité

À ce titre, les conditions d’accès à ce type d’intervention comptent beaucoup. Véronique Pepin contribue à un programme de recherche mené par le Dr Grégory Moullec, de l’hôpital Sacré-Coeur, en interaction avec le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Nord-de-l’Île-de-Montréal. Il s’agit de favoriser le maintien post-réadaptation.

« Les gens font de gros gains physiques, psychologiques et de qualité de vie pendant le programme, mais s’ils cessent de faire les exercices ensuite, ces gains s’évaporent », explique Véronique Pepin. Le programme vise à offrir les entraînements dans un centre de jour, plutôt qu’à l’hôpital Sacré-Coeur. Autrement dit, aller vers les gens, plutôt que de les faire venir à la ressource, pour voir si cela favorise la poursuite des programmes.

Elle est aussi très enthousiaste envers une recherche commencée récemment. En collaboration avec un psychologue et un neurologue, elle étudie l’impact de l’exercice sur l’apnée du sommeil et l’insomnie, notamment en combinaison avec un traitement cognitivo-comportemental (centré sur le changement de pensées et de comportements problématiques) contre ce trouble du sommeil.

« Ces projets de recherche sont tous très multidisciplinaires, et c’est un gros avantage, tant pour les patients que pour les chercheurs et les autres intervenants en réadaptation pulmonaire, se réjouit la kinésiologue. Cela augmente vraiment la richesse de ce type d’intervention. »