Manque d’ambulances à Québec: Barrette réplique à la FPHQ

LA FPHQ affirme réclamer en vain depuis des mois au ministre Barrette une hausse du nombre d’ambulances pour couvrir le territoire de la capitale.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir LA FPHQ affirme réclamer en vain depuis des mois au ministre Barrette une hausse du nombre d’ambulances pour couvrir le territoire de la capitale.

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette assure que les décès de deux patients à Québec ne sont pas liés à un manque d’ambulances dans la région, contrairement à ce qu’affirme un syndicat.

Vendredi, la Fédération des employés du préhospitalier du Québec (FPHQ) a fait une sortie à l’Assemblée nationale. Elle affirme réclamer en vain depuis des mois au ministre de la Santé, Gaétan Barrette, une hausse du nombre d’ambulances pour couvrir le territoire de la capitale.

« On voit que le manque de véhicules, ça ne marche pas, on part de beaucoup trop loin, on a de trop longs délais, a déclaré le représentant en relation de travail de la FPHQ, Jean-François Gagné. Donc, on réclame une dizaine d’ambulances pour être sûr que la population soit en sécurité. »

Deux ambulances en service

Dans la nuit de vendredi, un appel d’urgence a été reçu à 1 h 26 pour un problème respiratoire, selon le récit des événements fourni par la FPHQ.

Les secours sont arrivés 15 minutes après, des manoeuvres ont été effectuées, mais le décès a été constaté à l’hôpital. Il y avait alors deux ambulances en service et il en aurait fallu deux supplémentaires, ce qui aurait raccourci le temps de réponse à quatre minutes, soutient-on.

Le ministre Barrette estime que le lien de cause à effet établi par le syndicat dans cette situation est « inacceptable ».

« Il y a un protocole à suivre lorsqu’un appel est fait au 911, et les informations qu’on a, c’est qu’il a été suivi à la lettre », assure M. Barrette.

Le ministre a précisé que l’appel a d’abord été classé comme cas de priorité 3, ce qui signifie que l’ambulance a environ une quinzaine de minutes pour se rendre sur les lieux, sans allumer gyrophares et sirènes.

À 1 h 34, l’appel a été classé priorité 1, après un arrêt cardio-respiratoire du patient. Les ambulanciers sont arrivés à 1 h 39, soit dans les normes de cinq minutes prévues pour un appel de cette catégorie.

Deuxième situation

Le syndicat a rapporté une deuxième situation similaire alors qu’un appel a été acheminé vers 4 h 30 pour une intervention non urgente, mais 25 minutes plus tard, un autre appel a été fait parce que l’état de la personne s’était dégradé et qu’elle était même en arrêt cardiaque. Or l’ambulance a mis 35 minutes pour se rendre.

Ce patient aurait normalement dû être à temps dans une salle de réanimation à l’hôpital et aurait eu de grandes chances de survie, a plaidé Frédéric Maheux, de l’Association des travailleurs du préhospitalier.

La porte-parole du Parti québécois pour la région de la Capitale-Nationale, Agnès Maltais, a accusé le ministre Barrette de traîner les pieds.

« Pendant qu’il parle de régler le problème, une population est prise en otage, a dit la députée de Taschereau en conférence de presse aux côtés des représentants des ambulanciers. Alors, ce qu’il faut, c’est qu’il ajoute des ambulances tout de suite. Je pense qu’il est temps qu’il se réveille. »