Essayer la psychologie, c’est l’adopter

Jean-François Venne Collaboration spéciale
Sa passion pour la recherche en psychologie, Maxime Fortin la consacre au traitement du trouble de stress post-traumatique (TSPT).
Photo: Roumi Mandjee Sa passion pour la recherche en psychologie, Maxime Fortin la consacre au traitement du trouble de stress post-traumatique (TSPT).

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Le trouble de stress post-traumatique peut faire dérailler une vie, et les traitements ne sont pas efficaces pour tous. Doctorant en psychologie à l’Université du Québec à Montréal, Maxime Fortin propose une nouvelle approche pour mieux venir en aide aux patients.

Maxime Fortin s’est fait prendre à son propre jeu. Il a voulu ajouter à sa formation de technique policière un baccalauréat en psychologie. L’idée, au départ, était d’augmenter ses connaissances et de décrocher un diplôme universitaire, nécessaire pour quiconque ambitionne de monter en grade dans les corps policiers.

Le voici maintenant rendu au doctorat, « accro » à la psychologie et lauréat d’un prestigieux prix de la relève en recherche remis par l’Association francophone pour le savoir (Acfas) et parrainé par l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST), le prix Acfas – IRSST doctorat. Content ? « Surpris, mais très heureux oui, admet le jeune chercheur. C’est valorisant d’être reconnu par de telles organisations. En recherche, chaque bourse, prix ou distinction compte pour obtenir du financement pour de prochains projets, donc ça a aussi un impact très concret. »

Un trouble aux multiples visages

Sa passion pour la recherche en psychologie, Maxime Fortin la consacre au traitement du trouble de stress post-traumatique (TSPT). Ce n’est pas un hasard. À l’âge de 16 ans, il s’était enrôlé comme réserviste des Forces armées canadiennes, intégrant par la suite une unité de premiers répondants. Plusieurs formations l’avaient alors éveillé aux risques et aux conséquences du TSPT.

Présentement, la thérapie cognitivo-comportementale (TCC), laquelle vise à modifier des pensées et des comportements problématiques, est la plus reconnue pour traiter le TSPT. Toutefois, environ 20 à 30 % des patients qui l’entreprennent abandonnent en chemin. De plus, la moitié des patients ne répondent pas à ce traitement.

« Environ 80 % des gens souffrant de TSPT ont d’autres problèmes, comme la dépression ou les troubles du sommeil, explique Maxime Fortin. Or, la thérapie ne s’attaque qu’au TSPT, en supposant que, si l’on réussit à le traiter, les autres problèmes disparaîtront. L’hypothèse que je vérifie, c’est si l’approche serait plus efficace en répondant à tous les besoins du patient. »

Des résultats encourageants

Le projet est réalisé sous la direction des Drs Ghassan El-Baalbaki et Christophe Fortin. Il s’agit de rendre la TCC plus flexible, en allongeant le nombre possible de séances, lequel peut aller jusqu’à 32, et en ajoutant des interventions pour traiter les problèmes connexes au trouble de stress post-traumatique.

Sous la supervision du Dr Stéphane Guay, du Centre d’étude sur le trauma, 60 patients font partie du projet. Maxime Fortin souhaite déterminer l’effet de la nouvelle approche sur la qualité de vie des participants et sur leurs problèmes connexes comme la dépression ou les troubles du sommeil, afin de les comparer aux résultats de la méthode traditionnelle. « Nous cherchons à vérifier lequel de ces deux formats est le plus efficace pour le traitement du TSPT, dans l’objectif de clarifier laquelle des deux approches est à privilégier en thérapie », précise-t-il.

Les patients répondront-ils mieux au traitement et seront-ils moins nombreux à abandonner ? Les premiers résultats laissent penser que oui. « On voit une diminution des symptômes du TSPT et des autres problèmes, ainsi qu’une augmentation de la qualité de vie, c’est encourageant », conclut le chercheur.