Les craintes des médecins de Sainte-Justine sont injustifiées, selon Barrette

Le premier ministre, Philippe Couillard, le ministre de la santé, Gaétan Barrette, le maire de Montréal, Denis Coderre, ainsi que plusieurs autres représentant gouvernementaux ont découvert les nouveaux locaux du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, dimanche.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Le premier ministre, Philippe Couillard, le ministre de la santé, Gaétan Barrette, le maire de Montréal, Denis Coderre, ainsi que plusieurs autres représentant gouvernementaux ont découvert les nouveaux locaux du Centre hospitalier de l’Université de Montréal, dimanche.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, invite les médecins de Sainte-Justine à vivre « dans la réalité » plutôt que sur la base de « craintes sur un futur qui ne se réalisera pas ».

Depuis quelques semaines, les médecins de l’hôpital Sainte-Justine publient des lettres d’opinion dans les médias et multiplient les démarches pour tenter de sensibiliser le public aux risques de dérive du regroupement qui a été annoncé il y a deux ans avec le Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Ils craignent, petit à petit, d’être « avalés par le mammouth » jusqu’à devenir un simple service du CHUM, plutôt qu’un centre hospitalier universitaire à part entière.

En marge de l’inauguration du nouveau CHUM, dimanche, le ministre Barrette a tenté de calmer le jeu. « Il y a périodiquement l’expression de certaines inquiétudes qui sont d’abord et avant tout des craintes sur un futur qui ne se réalisera pas. D’ailleurs, aujourd’hui, c’est le meilleur exemple de ça. Est-ce qu’on a annoncé une fusion ? Non. On a annoncé le CHUM et on n’annoncera pas de fusion. »

Passer à autre chose

Le ministre répète que « la mise en commun de certains éléments administratifs » ne viendra, en aucun cas, nuire aux missions spécifiques des deux établissements. Il ajoute qu’il y a, au contraire, plusieurs avantages au regroupement des deux institutions, précisant qu’« il y a des économies d’échelle qui ont été obtenues ».

Le ministre invite d’ailleurs les médecins à accepter le regroupement et à passer à un autre dossier. « Je comprends les craintes, mais est-ce qu’on peut aller de l’avant et vivre ça de façon positive et constructive ? C’est ce qu’on fait aujourd’hui et c’est ce qu’on a vécu, à date, dans la réalité. J’insiste sur ce point : dans la réalité. »

Volonté du p.-d.g.

Pour la première fois, le p.-d.g. des deux établissements regroupés, Fabrice Brunet, confirme la rumeur selon laquelle le regroupement contesté des deux établissements était son idée. « Absolument, répond-il d’emblée au Devoir. C’était à ma demande, le regroupement. »

« On m’a proposé de prendre [la direction] du CHUM, mais je leur ai dit que je ne voulais pas laisser Sainte-Justine. La solution qu’on a proposée, c’est un regroupement. »

Fabrice Brunet rappelle que c’est un regroupement, et non une fusion, qu’il s’est toujours opposé et s’opposera toujours à l’idée d’une fusion. « Nous ne sommes pas fusionnés et nous ne serons jamais fusionnés, en tout cas, moi vivant », a-t-il tenu à préciser dans son discours pour l’inauguration du CHUM.

Pourtant, le spécialiste de la gouvernance, Michel Nadeau, affirmait récemment qu’un tel regroupement menait inévitablement à une intégration. En entrevue, Fabrice Brunet répond que « ce n’est pas parce que ça n’existe pas jusqu’à présent qu’on ne peut le faire fonctionner ».

Selon lui, il n’y a que des avantages à ce regroupement. « Je vois cela comme une alliance entre deux personnes qui gardent toute leur intégrité et qui veulent construire quelque chose ensemble. C’est sûr qu’au début, il faut normalement qu’il y ait une volonté commune de se mettre ensemble. Là, il y a eu des circonstances qui n’ont pas été obligatoirement une volonté commune. Mais c’est une occasion pour les deux centres hospitaliers universitaires de construire quelque chose ensemble. »

Devant le tollé que le regroupement a provoqué chez les médecins de Sainte-Justine, le p.-d.g. a-t-il des regrets ? « Pas du tout », répond-il.


 
3 commentaires
  • Nicole Delisle - Abonné 18 septembre 2017 09 h 02

    Quand le narcissisme mène à l'illogisme!

    M. Fabrice Brunet semble avoir un égo aussi démesuré que celui de M. Barrette. Pas étonnant qu'il ait été nommé à ce poste. En fait, ce qu'il ne dit pas c'est qu'il a plutôt
    pensé au pouvoir immense qu'il aurait et à l'avantage financier qu'il en retirerait! Au diable les convictions et la défense d'un hôpital à l'avant-garde quand on peut devenir le grand patron de deux mégas hôpitaux. Il faut vraiment prendre la population et les travailleurs de tous niveaux de Ste-Justine pour "des empêcheurs de tourner en rond" et des crétins pour se défendre de cette manière. Il se défend de vouloir une fusion mais tout semble clair qu'il en sera ainsi. Ne nous prenons pas pour ce que nous ne sommes pas! Sa défense de sa vision est complètement abjecte tellement elle est enrobée de fil blanc! Le ministre et lui sont dans un processus de rationnalisation de coûts au détriment de la vocation essentielle et primordiale de Ste-Justine reconnue internationalement. On veut la démanteler lentement mais sûrement. M. Brunet nous apparaît comme un instigateur profiteur et cherchant une notoriété personnelle lucrative plutôt que le bien-être des patients. Ce devrait pourtant être le but premier de sa démarche! Mais ce que nous voyons de lui, par ses réponses dans cet article, c'est que c'est davantage un homme dont le pouvoir affaiblit son jugement, à l'image du ministre qui l'a nommé!

  • Gilles Théberge - Abonné 18 septembre 2017 15 h 16

    Comment croire ce menteur?

  • Andrée Le Blanc - Abonnée 18 septembre 2017 19 h 36

    Tout le monde est dans l'erreur... sauf le gouvernement

    Les réponses de M. Barrette, de Mme Charlebois et de tous les haut dirigeants du réseau sont depuis la loi 10 absolument prévisibles et toujours semblables : la moindre dénonciation, la moindre inquiétude sont immédiatement balayées du revers de la main. Personne ne voit la réalité correctement, sauf eux. Ils ont beau jeter à terre ce que des générations ont construit patiemment dans les établissements de ce réseau, tout va pour le mieux, ne vous inquiétez pas, regardez l'avenir. C'est ce que le personnel de Ste-Justine regarde justement, l'avenir et il promet d'ëtre bien décevant, pour dire le moins.