La «chaude-pisse» devient difficile à soigner

La gonorrhée devient «plus difficile, voire parfois impossible» à traiter à cause de sa résistance aux antibiotiques, prévient l’Organisation mondiale de la santé.
Photo: iStock La gonorrhée devient «plus difficile, voire parfois impossible» à traiter à cause de sa résistance aux antibiotiques, prévient l’Organisation mondiale de la santé.

Paris — La « chaude-pisse », maladie des maisons closes du XIXe siècle, risque-t-elle d’être un jour incurable ? La gonorrhée, son nom savant, devient « plus difficile, voire parfois impossible » à traiter à cause de sa résistance aux antibiotiques, prévient l’Organisation mondiale de la santé (OMS) vendredi.

L’instance de l’ONU pour la santé publique lance un appel pour souligner le besoin « de nouveaux médicaments ».

« La bactérie responsable de la gonorrhée est particulièrement intelligente. Chaque fois que nous utilisons une nouvelle classe d’antibiotiques pour traiter l’infection, la bactérie évolue pour y résister », explique le docteur Teodora Wi, de l’OMS.

En se basant sur les données de 77 pays, l’OMS met en garde contre une « résistance répandue aux anciens antibiotiques qui sont également les moins coûteux ».

« Certains pays, en particulier les pays à revenu élevé, où la surveillance est la plus efficace, détectent des cas d’infection qu’aucun antibiotique connu ne peut traiter », assure même l’instance basée à Genève.

Selon l’OMS, « la baisse de l’utilisation des préservatifs, les voyages accrus, les faibles taux de dépistage de l’infection ainsi que le traitement inadapté » contribuent à une augmentation des cas.

La gonorrhée, également appelée blennorragie, est une infection due à une bactérie qui peut toucher les organes génitaux, le rectum et la gorge. Elle se transmet lors de rapports non protégés par voie orale, anale ou vaginale.

Seuls trois nouveaux médicaments sont actuellement à l’étude. « La mise au point de nouveaux antibiotiques n’est pas très attrayante pour les laboratoires pharmaceutiques », déplore l’OMS.

Un partenariat a été mis sur pied par l’OMS et l’initiative Médicaments contre les maladies négligées (DNDi), une organisation indépendante, pour tenter de mettre au point de nouveaux antibiotiques.