Obésité: l’abolition de la malbouffe dans les écoles semble fonctionner

Au cours des 12 dernières années, six provinces canadiennes — dont le Québec — ont banni la malbouffe de leurs écoles.
Photo: Manic Dusan Getty Images Au cours des 12 dernières années, six provinces canadiennes — dont le Québec — ont banni la malbouffe de leurs écoles.

L’élimination de la malbouffe dans les écoles semble porter ses fruits dans la lutte contre l’obésité.

C’est du moins ce que porte à croire une nouvelle étude dont les résultats suggèrent qu’une telle mesure a un effet positif sur la santé des élèves canadiens.

Au cours des 12 dernières années, six provinces canadiennes — dont le Québec — ont banni la malbouffe de leurs écoles.

Le chercheur Philip Leonard, un économiste spécialisé en santé à l’Université du Nouveau-Brunswick, estime qu’il est possible d’« espérer voir une réelle différence au fil du temps » avec les interdictions de malbouffe « combinées à d’autres politiques ».

M. Leonard a analysé l’Indice de masse corporelle (IMC) de 153 000 Canadiens âgés de 12 à 25 ans sur une période de huit ans.

Selon l’échantillonnage, compilé à partir de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes, plus de 22 000 jeunes n’ont pu acheter de la malbouffe à l’école durant au moins un an.

Pour chaque année durant laquelle un élève a fait face à une telle interdiction, une baisse de 0,05 de son IMC a été constatée.

Ceux qui ont vécu avec un tel règlement à leur école pour une période de cinq ans ou plus pesaient en moyenne deux livres de moins que leurs comparses qui n’avaient pas eu à se conformer à la même mesure.

Si cette différence peut sembler minime, les résultats de la nouvelle étude envoient un message fort, soutient M. Leonard.

« On ne s’attend pas à ce qu’une interdiction de ce genre transforme soudainement une foule d’enfants souffrant d’embonpoint en des enfants en pleine santé… mais le principal message est que ce type de politique va dans la bonne direction. »

Toujours selon la même étude, l’effet semble se faire ressentir davantage chez les filles que les garçons, mais les raisons de cette constante sont nébuleuses.

Par ailleurs, les élèves les plus jeunes semblent avoir vécu plus de conséquences positives.

En octobre 2005, le Nouveau-Brunswick est devenu la première province à instaurer une interdiction de distribution de malbouffe dans ses établissements scolaires. L’Île-du-Prince-Édouard a emboîté le pas, plus tard cette année-là, alors que la Nouvelle-Écosse et le Québec ont suivi en 2007. La Colombie-Britannique et l’Ontario se sont ajoutés respectivement en 2008 et en 2011.

1 commentaire
  • Claude Gélinas - Abonné 26 juin 2017 09 h 22

    Taxer la malbouffe !

    Dans cette foulée pourquoi ne pas taxer la malbouffe et utiliser cet argent afin d'améliorer l'offre de services des catines scolaires, des hôpitaux et des CHLSD ainsi que la promotion des bonnes habitudes alimentaires.

    Pourquoi ne pas encourager le végétalisme qui faisait dire à Marguerite Yourcernar qu'elle ne voulait pas digérer les agonies des animaux.