La Côte-Nord réclame un service d’hémodialyse

Jusqu’à tout récemment, la Gaspésie vivait le même problème que la Côte-Nord, mais le ministre de la Santé a annoncé en mars dernier la création de trois nouveaux centres satellites pour répondre aux besoins.
Photo: iStock Jusqu’à tout récemment, la Gaspésie vivait le même problème que la Côte-Nord, mais le ministre de la Santé a annoncé en mars dernier la création de trois nouveaux centres satellites pour répondre aux besoins.

Alors que le gouvernement vient de régler les problèmes d’accessibilité à l’hémodialyse en Gaspésie et au Bas-Saint-Laurent, le problème reste entier sur la Côte-Nord. Le Parti québécois et le milieu communautaire s’impatientent.

« Il existe encore deux MRC [municipalités régionales de comté] au Québec qui n’ont pas de services d’hémodialyse en région et ce sont les miennes », a déclaré mardi le député péquiste de René-Lévesque, Martin Ouellet, en parlant de la Manicouagan et de la Haute-Côte-Nord. « On a assez vécu de drames humains sur notre territoire. »

M. Ouellet réclame la création d’un centre satellite de traitement des malades à Baie-Comeau en plus du service de Sept-Îles.

À l’heure actuelle, les personnes souffrant d’insuffisance rénale aiguë qui n’ont pas de place à Sept-Îles doivent se rendre à Saguenay ou à Rimouski pour obtenir le service, déplore-t-il. C’est l’équivalent de 15 à 20 heures de route par semaine puisque trois traitements hebdomadaires sont requis.

En point de presse, M. Ouellet était accompagné de la directrice du Centre d’action bénévole Le Nordest de Forestville, Hélène Brochu. Cette dernière dit mener ce combat par respect pour une dame de la région, Lise Allicie, qui est décédée l’automne dernier après avoir fait le trajet Forestville-Saguenay trois fois par semaine pendant dix ans.

« On a calculé que Mme Allicie parcourait 76 000 km par an, a-t-elle dit. Elle n’avait plus aucune qualité de vie. »

Selon Mme Brochu, au moins cinq personnes du secteur de Forestville sont en hémodialyse à l’extérieur à l’heure actuelle, dont certains ont déménagé à Québec ou à Montréal.

76 000
Le kilométrage annuel effectué pendant 10 ans par une résidente de Forestville pour recevoir ses trois traitements par semaine à Saguenay.

Manque de ressources

Jusqu’à tout récemment, la Gaspésie vivait le même problème que la Côte-Nord, mais en mars, le ministre de la Santé a annoncé la création de trois nouveaux centres satellites pour répondre aux besoins à Gaspé, à Sainte-Anne-des-Monts et à Maria (un total de douze places). Il en a coûté 2,68 millions au gouvernement pour offrir ce service.

Le manque de ressources dans l’est a souvent fait les manchettes ces dernières années. En janvier, Le Devoir révélait qu’une dame de Gaspé allait devoir faire 30 heures de voiture par semaine pour recevoir ses traitements à Rimouski.

Le député Ouellet concède que les distances sont moins longues dans sa région que dans l’est, mais les besoins n’en sont pas moins dramatiques, dit-il. « Est-ce que 30 heures, c’est beaucoup trop ? La réponse est oui. Est-ce que 15 heures en Côte-Nord, c’est beaucoup trop ? La réponse est aussi oui », dit-il.

Selon les orientations du ministère de la Santé, les patients ne devraient pas avoir à parcourir plus de neuf heures par semaine pour recevoir le traitement, rappelle-t-il.

« Notre situation, elle est similaire à celle de la Gaspésie et du Bas-Saint-Laurent. En matière de durée, je suis convaincu que ce n’est pas la même chose, mais en matière d’intensité, je pense qu’on est à la même place. »

Au ministère de la Santé, on a indiqué mardi que le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Côte-Nord avait « déposé un projet » pour obtenir de meilleurs services et que ce dernier était à l’étape de l’analyse.