Des experts analyseront l’aide médicale à mourir aux personnes inaptes

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Québec mandate des experts pour se pencher sur l’élargissement de l’aide médicale à mourir aux personnes inaptes ou aux personnes qui font une demande anticipée.

Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, en a fait l’annonce vendredi matin à l’Assemblée nationale.

Selon le ministre, c’est une question complexe qui mérite une réflexion, à savoir s’il est pertinent d’ouvrir cet enjeu, ou encore à quel moment une personne est considérée comme inapte.

M. Barrette a aussi annoncé que la commission existante sur les soins de fin de vie analysera aussi tous les cas où la demande d’aide médicale à mourir a été formulée, sans qu’on y donne suite, ou encore les cas où elle a été refusée.

Enfin, la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, saisira les tribunaux pour clarifier une notion qui apparaît dans la loi fédérale sur l’aide médicale à mourir, soit celle de la mort raisonnablement prévisible, une notion qui pose problème pour les ordres professionnels.

6 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 24 mars 2017 12 h 30

    De quoi nous réjouir

    Gratitude au Dr Barrette et à notre Gouvernement. Et à nos six Ordres professionnels concernés par les soins de fin de vie appropriés et personnalisés.

    Compassion++ sera et pour les mourants et pour les souffrants et pour les soignants.

    Il y aura plus de sécurité et de sérénité cliniques et juridiques. Un gros PLUS.

    Le Comité d'experts devra travailler intensément, car le temps est long pour les souffrants. Compassion et solidarité obligent. Lentement, précautionnement, Oui; intensément, OUI+++

    Plus vite la demande d'AMM sera possible dans les Directives médicales anticipées, moins auront lieu des suicides, d'aides au suicide, de «meurtres par compassion».

    Je remercie la ministre de la Justice d’agir avec célérité.

    Espoir et Utopie. Et si le Gouvernement Trudeau demandait dès maintenant l'avis de la CSC sur C-14/AMM ?

    C'est un grand jour pour plus de qualité de vie à la fin de nos jours.

  • Bernard Terreault - Abonné 24 mars 2017 12 h 59

    Deuxième étape

    La première étape ayant été menée à bien de manière exemplaire, sans démagogie ni partisannerie, avec tact et respect, par Madame Hivon, ne pourrait-elle pas avoir un rôle dans cette deuxième étape, quitte à lui adjoindre un ou des représentants bien choisis d'autres partis?

  • Jacques de Guise - Abonné 24 mars 2017 13 h 02

    Redonner du sens à la loi

    Si l'on veut redonner du sens à la loi sur l'aide médicale à mourir, il est crucial, essentiel, fondamental, de reconnaître la validité des demandes ou directives anticipées, car pour un grand nombre de personnes, c'était, à l'époque où la loi a été discutée, ce qu'elles croyaient être le but principal de la loi.

    Vu l'essor des nombreuses maladies dégénératives et l'accroissement de la longévité de la vie, ce sont ces circonstances débilitantes, souffrantes et anxiogènes, vu la perte de contrôle sur soi, que ces personnes veulent prévoir et éviter clairement par l'établissement des directives anticipées.

    La loi actuelle passe complètement à côté de qu'elle était supposée viser et régler, notamment à cause du délai pour présenter la demande d'aide à mourir.

    Il faut redonner le pouvoir décisionnel aux futurs mourants!

  • Robert Beauchamp - Abonné 24 mars 2017 14 h 56

    Personne inapte

    J'avoue que je commence à être effrayé concernant principalement l'inaptitude.
    Et si on devient inapte en vieillissant, tenons compte des degrés évidemment, est-ce à dire que les autres vont décider à notre place? ouf!

  • Michel Lebel - Abonné 24 mars 2017 17 h 22

    Un droit absolu?

    Sujet pour le moins délicat. Je me demande sérieusement si notre société ne s'en va pas, avec le temps, vers un droit à la mort pour toute personne, quelle que soit sa condition physique ou mentale. Autrement, on va arriver à faire de la discrimination. Grand questionnement en perspective.

    M.L.

    • Marc Therrien - Abonné 24 mars 2017 21 h 27

      Vous voulez sûrement dire plutôt "vers un droit au suicide assisté pour toute personne"...Le droit d'être assuré de ne pas rater sa tentative de se donner la mort, lequel échec ne pourrait qu'empirer la souffrance et l'angoisse qui ont conduit au geste suicidaire.

      La mort n'est pas un droit, ni un privilège, mais plutôt une obligation incontournable pour tous, ce qui fait d'elle "l'égalisatrice" suprême des injustices. Et comme pour bon nombre d'obligations, plusieurs préfèrent la fuir.

      Marc Therrien