Les pratiques de l’Institut de l’œil des Laurentides sont de nouveau remises en question

L’Institut de l’œil des Laurentides
Photo: Facebook L’Institut de l’œil des Laurentides

Non seulement l’Institut de l’œil des Laurentides aurait facturé des examens médicalement non requis à des patients avant une chirurgie, comme le révélait l'émission Enquête jeudi, mais la clinique de Boisbriand a aussi sollicité d’anciens patients pour des examens de dépistage non couverts par le régime public d’assurance maladie.

Le registre des frais accessoires, mis en ligne par la clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles, a recueilli les témoignages de quelques patients qui se sont fait solliciter de cette manière. D’autres cliniques que l’Institut de l’œil des Laurentides sont aussi impliquées, indique Stéphane Defoy, qui est organisateur à la clinique communautaire.

Une patiente de l’Institut de l’œil des Laurentides a raconté au Devoir que la clinique l’a sollicitée, il y a quelques semaines, pour lui proposer deux examens « préventifs ». Cette patiente a été opérée pour ses cataractes à cette clinique il y a quelques années. Elle avait alors dû débourser des milliers de dollars en frais accessoires et en frais pour des gouttes ophtalmiques. Rappelons qu’une demande en autorisation d'action collective a été déposée par des patients dans ce dossier.

Les examens qu’on lui a proposés par téléphone dernièrement n’étaient pas couverts par la RAMQ et la facture s’élevait à 120 $.

« On ne m’a jamais proposé ces examens avant. On me dit que c’est pour la prévention », a expliqué la patiente. Inquiète, elle ne sait pas quelle décision prendre : « En raison de leurs actions passées, j’ai perdu confiance. En même temps, c’est la santé de mes yeux dont il est question ! »

Un mode de contournement ?

Depuis le 26 janvier dernier, il est formellement interdit aux médecins de facturer des frais accessoires pour des soins par ailleurs assurés. Mais déjà, des ophtalmologistes auraient trouvé un moyen de contourner le règlement.

L’émission Enquête a accompagné, avec une caméra cachée, un patient qui allait faire faire une évaluation pour une chirurgie de la cataracte à l’Institut de l’œil des Laurentides. Ce patient s’est fait dire qu’il devait se soumettre à cinq tests avant l’intervention. La facture s’élevait à 600 $. Selon le président de l’Association des ophtalmologistes consulté par Enquête, le Dr Côme Fortin, seul un des tests avait un lien avec la chirurgie de la cataracte.

L’Institut de l’œil des Laurentides ne souhaitait pas accorder d’entrevue sur le sujet vendredi.

Pour Stéphane Defoy, ce que révèle l’émission Enquête n’est pas un « acte isolé ». « Les médecins ont adopté un véritable mode de contournement du règlement », estime-t-il. Il déplore que les patients soient plongés dans le doute et l’anxiété, incapables de déterminer si les examens qu’on leur propose sont nécessaires pour leur santé. « C’est d’autant plus injuste que ce sont des personnes âgées, souvent vulnérables », dénonce-t-il.

3 commentaires
  • Raynald Richer - Abonné 17 mars 2017 13 h 13

    Des poursuites au criminel s.v.p.

    Il faudrait commencer à appeler un chat un chat. Il ne s’agit pas de facturation créative ou de petite délinquance, il s’agit de fraude. Une fraude perpétrée par des gens instruits et parfaitement conscients de leurs actes. Des gens qui n’hésitent pas à abuser des personnes vulnérables pour s’enrichir encore plus.

    La liste des fraudes ou autre geste douteux s’allonge constamment (KPMG, MTQ…) et avec elle l’impression que les riches ou les influents ont toujours droit à un traitement particulier. On aimerait bien que la loi soit appliquée un peu plus également entre les riches et les pauvres. Les gens deviendraient peut-être un peu moins cyniques.

    Il ne faut pas que le gouvernement paie pour couvrir ses fraudeurs, il faut qu’ils soient poursuivis au criminel.
    Bien sûr, ils ne finiront pas en prison, car ils ont les moyens de se payer d’excellents avocats.
    Mais quelques centaines d’heures de travaux communautaires contribueraient peut-être à soigner leurs ego.

  • Yvon Bureau - Abonné 17 mars 2017 13 h 29

    Dans l'univers du Honteux et du Petit,

    même si légal.

  • Colette Pagé - Inscrite 17 mars 2017 20 h 00

    La cupidité n'a jamais de repos !

    Non contents d'être parmi les spécialistres les mieux rémunérés ils pressent le citron du cochon de contribuable.

    À quand des sanctions et des suspensions de pratique ?