Une nouvelle piste pour éliminer le VIH

Les scientifiques cherchent depuis plusieurs années des moyens de repérer les cellules réservoirs, responsables de la persistance du virus même chez les patients sous traitement dont la charge virale est indétectable, pour ensuite les éliminer.
Photo: Edgard Garrido Associared Press Les scientifiques cherchent depuis plusieurs années des moyens de repérer les cellules réservoirs, responsables de la persistance du virus même chez les patients sous traitement dont la charge virale est indétectable, pour ensuite les éliminer.

Des chercheurs français ont découvert un marqueur qui permet de repérer les cellules sanguines qui servent de cachette au virus du sida. Ce marqueur pourrait devenir une cible de choix pour éliminer complètement le virus de l’organisme des personnes traitées, mais qui demeurent toujours séropositives.

La combinaison de thérapies rétrovirales permet actuellement de supprimer la réplication du VIH dans les cellules du système immunitaire appelées lymphocytes T CD4. Toutefois, une petite proportion de ces cellules continue néanmoins d’héberger silencieusement le virus.

Ces cellules dites réservoirs sont responsables de la persistance du virus même chez les patients sous traitement dont la charge virale est indétectable. Ces virus peuvent demeurer ainsi en latence pendant plusieurs dizaines d’années en échappant à la réponse immunitaire et aux antirétroviraux et sans que toute protéine virale soit détectable.

Si les patients cessent leur traitement, ces virus secrets commencent à se répliquer et la maladie refait surface. C’est pour cette raison qu’il n’existe actuellement pas de traitement pour guérir définitivement les séropositifs, qui sont contraints de prendre des médicaments à vie pour juguler l’infection. Les scientifiques cherchaient donc depuis plusieurs années des moyens de repérer ces cellules réservoirs pour ensuite les éliminer.

Des chercheurs français du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) ont d’abord trouvé en laboratoire sur des préparations de cellules in vitro que seules les cellules T CD4 qui couvaient des virus portaient une protéine particulière à leur surface qui les différenciait des autres cellules T CD4 exemptes de virus.

Cible séduisante

Dans les tests réalisés à partir du sang des patients infectés par le VIH, les chercheurs ont ensuite réussi à repérer cette protéine, baptisée « CD32a », à la surface des cellules réservoirs pour le virus, et cette protéine était absente des cellules saines.

La découverte de cette protéine « CD32a », qui fait l’objet d’un article dans la revue Nature, pourrait devenir une cible séduisante pour mettre au point des médicaments qui pourraient empêcher le virus de se maintenir de façon furtive, font valoir les chercheurs.

« À plus long terme, elle devrait déboucher sur des stratégies thérapeutiques visant à éliminer de l’organisme le virus latent », ajoute le CNRS dans un communiqué.

Le marqueur n’a toutefois été trouvé que dans la moitié environ des cellules réservoirs T CD4, fait remarquer Douglas Richman de l’Université de Californie à San Diego, dans un commentaire dans Nature.

« Il reste également à déterminer si cette protéine est un bon marqueur pour les lymphocytes T CD4 qui se trouvent ailleurs que dans le sang, dans les ganglions lymphatiques, la moelle osseuse, l’intestin et d’autres tissus qui pourraient contenir également des réservoirs », a-t-il ajouté.