Comment brosser les dents de votre enfant?

La santé publique recommande l’utilisation de l’équivalent d’un grain de riz de dentifrice fluoré avant 3 ans, et l’équivalent d’un petit pois par la suite.
Photo: Ministère de la Santé et des Services sociaux La santé publique recommande l’utilisation de l’équivalent d’un grain de riz de dentifrice fluoré avant 3 ans, et l’équivalent d’un petit pois par la suite.

Avec ou sans fluor ? Quelle quantité utiliser ? À partir de quel âge ? Combien de fois par jour ? Brosser les dents de son enfant suscite plus de questions qu’il n’y paraît, d’autant plus que les recommandations varient d’un pays, d’un ordre professionnel ou d’un organisme à l’autre. C’est pourquoi Québec a publié, vendredi, de nouvelles recommandations pour les moins de 6 ans.

Les parents et les professionnels de la santé sont confus concernant le brossage des dents, constate le directeur national de la Santé publique, le Dr Horacio Arruda, dans la prise de position publiée sur le site Web du ministère de la Santé et des Services sociaux. Conséquence : « plusieurs parents prennent la décision de ne plus utiliser de dentifrice fluoré », constate-t-il, une décision « contraire aux preuves scientifiques ».

Même si elle félicite la santé publique d’adopter une « position claire », la présidente de l’Ordre des hygiénistes dentaires du Québec, Diane Duval, lui reproche son laxisme en prévention. « Il ne se fait aucune prévention en amont chez les 0-5 ans au Québec en santé dentaire. On ne réglera pas les problèmes tant qu’on n’agira pas », soutient-elle.

Que faut-il faire ?

Voici les recommandations que Québec a publiées afin de mettre fin à la confusion :

Le brossage des dents devrait se faire dès l’éruption de la première dent avec un dentifrice fluoré au moins deux fois par jour. C’est immédiatement après les repas que c’est le plus efficace.

Chez les moins de 3 ans, l’équivalent d’un grain de riz en dentifrice doit être utilisé, et l’équivalent d’un petit pois chez les 3 à 6 ans. Différentes études ont montré que les parents ont tendance à déposer trop de dentifrice sur la brosse à dents. Selon les calculs de la santé publique, le brossage avec une quantité supérieure à un grain de riz, chez les moins de deux ans, les expose à une trop grande quantité de fluor. Un excès de fluor peut entraîner la fluorose dentaire, qui sous sa forme légère cause de petites taches sur les dents d’adulte. Cette affection est très rare au Québec, selon la santé publique.

L’enfant devrait cracher l’excès de dentifrice et non pas se rincer la bouche avec de l’eau. Le rinçage réduit l’efficacité du fluor. Les plus jeunes enfants ont aussi tendance à avaler l’eau de rinçage, ce qui les expose à l’ingestion d’une trop grande quantité de fluor.

Le brossage doit être supervisé, réalisé ou complété par un adulte, qui doit aussi appliquer lui-même la quantité de dentifrice nécessaire.

Le dentifrice fluoré doit être conservé hors de portée des enfants.

Malgré que l’on conseille une certaine prudence dans l’utilisation du dentifrice fluoré, les risques qui y sont associés sont très faibles. « La fluorose dentaire n’existe pratiquement pas au Québec », remarque Diane Duval. « Si vous suivez les recommandations, votre enfant ne dépassera jamais la dose sécuritaire. »

Trop peu de prévention

Ces recommandations ne permettront pas d’infléchir la tendance en matière de piètre santé dentaire des enfants québécois, déplore la présidente de l’Ordre des hygiénistes, Diane Duval.

« Le problème, c’est qu’on a un beau plan de prévention sur papier, mais que rien ne se fait auprès des enfants avant l’âge scolaire », constate-t-elle. Les hygiénistes qui travaillent en prévention dans les CLSC sont débordées, alors que leur apport serait utile pendant les cours prénataux, lors des cliniques de vaccination ou dans les milieux de garde, juge Mme Duval. Selon elle, il y a 40 à 50 % des parents qu’il faut aller rejoindre dans leur milieu, parce qu’ils ne vont pas fréquenter le cabinet de dentiste. Conséquence, la carie est omniprésente. « La carie est la première cause d’hospitalisation chez l’enfant d’âge préscolaire, déplore Mme Duval, ce qui coûte au moins deux à trois fois plus cher que ce qu’on pourrait investir en prévention. »

Le Québec, terre fertile en… caries

Au Québec, la moitié des élèves de deuxième année du primaire présentent des caries irréversibles sur leurs dents de lait, une statistique qui ne s’est pas améliorée depuis les années quatre-vingt-dix. De plus, 85 % des enfants de cet âge présentent au moins une carie « réversible », c’est-à-dire à un stade où le processus peut encore être inversé grâce à une bonne hygiène dentaire incluant un dentifrice fluoré. Seule l’utilisation d’un dentifrice contenant du fluor dans une concentration entre 1000 et 1500 ppm a fait ses preuves dans la prévention de la carie dentaire. Selon les études, il permet de réduire d’environ 25 % la prévalence de la carie.