L’Institut de l’œil des Laurentides dans la mire du Collège des médecins

L’Institut de l’œil des Laurentides
Photo: Facebook L’Institut de l’œil des Laurentides

Interpellé par les allégations concernant « des procédures et médicaments inutiles ainsi que les gestes réservés aux professionnels de la santé posés par des personnes non formées », le Collège des médecins du Québec (CMQ) pourrait enquêter sur les pratiques de l’Institut de l’œil des Laurentides.

« La situation sera signifiée au syndic du Collège pour enquête », a indiqué au Devoir la responsable des communications de l’ordre professionnel, Caroline Langis.

Ce sont les révélations de l’émission Enquête, à ICI Radio-Canada, qui suscitent cette réaction.

 

Selon une ex-employée de l’Institut qui a témoigné anonymement, des gouttes non requises médicalement étaient administrées et facturées aux patients. De plus, toujours selon ce témoignage, des tests non effectués étaient parfois facturés aux patients. Enfin, des réceptionnistes auraient effectué certains tests alors qu’elles n’y sont pas légalement autorisées.

Selon le reportage, dont la version complète sera diffusée jeudi soir, le contrat qui liait cette clinique au réseau de la santé entre 2010 et 2014 a été très lucratif pour ses actionnaires. Une déclaration de revenus de 2011 obtenue par les journalistes indiquerait que la clinique a engrangé 4,9 millions de dollars nets pour cette seule année.

Pendant ce temps, en plus de la rémunération versée par la RAMQ (325 $) et des débours du réseau public dans le cadre de l’entente (850 $), les patients se voyaient facturer des frais accessoires de 200 $ pour une chirurgie de la cataracte.

L’Institut de l’œil des Laurentides figure d’ailleurs à la liste des cliniques mises en cause dans une demande d’autorisation de recours collectif de patients contre les frais accessoires payés pendant de nombreuses années.

Le ministre réagit

« J’ai mis fin [à l’entente avec l’Institut de l’œil des Laurentides] dans la première semaine suivant mon assermentation comme ministre, parce que c’était abusif », a déclaré le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, lors d’une mêlée de presse jeudi matin.

Il a ajouté que les situations comme celle décrite dans ce reportage l’ont motivé à abolir les frais accessoires. « C’est une manne, une machine à imprimer les dollars qui vont directement dans les poches des médecins », a-t-il ajouté.

L’Institut de l’œil des Laurentides a réagi dans un communiqué publié en après-midi, jeudi. « Prétendre que les ophtalmologistes se sont enrichis indûment relève de la mauvaise foi », écrit la clinique, qui affirme que les ententes ont permis de « réduire de façon drastique les listes d’attente ». L’Institut réfute également d’avoir délégué des actes médicaux à du personnel qui n’avait pas les compétences pour les poser.

Le p.d.-g. du CISSS des Laurentides, qui n’était pas en poste au moment des faits rapportés par l’émission Enquête, croit que l’entente était nécessaire à l’époque pour éviter les bris de service pendant que l’hôpital de Saint-Jérôme était en rénovation. « C’est l’encadrement de l’entente qui, pour moi, a été déficient », note Jean-François Foisy en entrevue. La note a été de 34,2 millions de dollars au total.

Aujourd’hui, se réjouit-il, les patients ont accès aux services à l’hôpital en moins de trois mois. « Il y a 16 patients en attente présentement seulement », précise M. Foisy.

13 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 2 février 2017 12 h 57

    Bande de voleurs !

    Il n'y a pas d'autre mot.

  • Olivier Courtois - Abonné 2 février 2017 17 h 27

    Jamais de comptes à rendre

    « J’ai mis fin [à l’entente avec l’Institut de l’œil des Laurentides] dans la première semaine suivant mon assermentation comme ministre, parce que c’était abusif », a déclaré le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette

    Pourquoi n'y a-t-il pas eu de poursuite intentée par le ministère dès lors que le ministre savait qu'il y avait eu abus?

  • Nicole Delisle - Abonné 2 février 2017 17 h 29

    Certains médecins sont de réels abuseurs du système!

    Comment se fait-il qu'ils ont pu agir ainsi et abuser des gens sur une longue période?
    Et combien d'autres en font autant, encore maintenant, sans qu'ils soient importunés? Il y a un sérieux ménage à faire car il semble que ce soit de plus en plus fréquent ou que cela commence à être plus médiatisé! Que fait le Collège des médecins au juste? Empêcher des médecins étrangers d'entrer dans le système en
    étant pointilleux sur leurs qualifications, laisser des médecins s'enrichir de façon frauduleuse ou encore protéger ses membres au détriment de la population? Bref, leur crédibilité en prend un bon coup! Tant qu'à notre gouvernement de médecins,
    on voit bien que la population n'était pas visée par les réformes. Ils étaient au service
    de leurs confrères qui ont profité de cela pour magouiller allègrement. Bien sûr, on ne peut mettre tout le monde dans ce lot, mais avouez que depuis quelque temps, on entend des nouvelles assez surprenantes sur certains qui en profitent et sont devenus des millionnaires. Cette classe de riches n'améliore pas le système mais elle est en train de le mettre en faillite. Les citoyens n'en n'ont pas pour leur argent, c'est bien certain! Et dire que l'on nous demandait de contribuer à une cotisation santé à payer en surplus dans nos impôts! On sait maintenant qu'elle a enrichi des médecins alors que nous on nous demandait de faire notre part en acceptant de maigres augmentations de salaire. Comme nous avons été bernés encore une fois par ce gouvernement! C'est assez odieux de leur part et très décevant!

    • Robert Bernier - Abonné 3 février 2017 11 h 27

      Vous écrivez: "On sait maintenant qu'elle a enrichi des médecins alors que nous on nous demandait de faire notre part en acceptant de maigres augmentations de salaire. "

      Savez-vous que, quand la fonction publique était en négociation pour le renouvellement des conventions collectives, les médecins avaient obtenu, sous la manche, une "clause remorque" qui allait faire en sorte qu'eux, par-dessus leurs augmentations déjà faramineuses, obtiendraient une autre augmentation égale à celle qu'obtiendrait la fonction publique?

      Le beurre et l'argent du beurre comme on dit. Eux, qui tiennent tant à leur statut d'entrepreneur, qui leur permet de se payer en dividendes et d'ainsi payer moins d'impôts, sont heureux de se présenter comme des salariés de l'État si c'est pour obtenir une augmentation supplémentaire. Des entrepreneurs qui, de surcroît, n'assument aucun risque puisque tous leurs investissements leur sont grassement financés et que leur clientèle leur est garantie, sans même avoir à faire de publicité, et sans même être obligés d'être même simplement polis envers leurs clients.

      Robert Bernier
      Mirabel

  • Colette Pagé - Abonnée 2 février 2017 17 h 43

    Cupidité ! À quand une intervention musclée du Ministre de la santé .

    À quand une intervention significative de la Régie d'assurance-maladie assortie de remboursements et de sanctions pour contrer cette rampante cupidité de médecins qui sont un déshonneur pour leur profession.

    Des gouttes d'une valeur de moins de 10 $ en pharmacie vendues 500 $ qui devraient être remboursés rétroactivement aux patients.

    Des médecins qui n'en ont jamais assez et qui pressent le citron du cochon de contribuable jusqu'à la lie.

  • Daniel Bonin - Abonné 2 février 2017 19 h 13

    Allons voir

    chez les gens ordinaire, qui ne sont pas médecin, pour un vol de cette ampleur c'est la prison et pour quelles années.
    Attendons la suite.

    Daniel Bonin abonné.