Les services de santé en pharmacie ne seront pas menacés

Des mécanismes seront mis en place pour permettre aux pharmaciens de continuer à offrir la vaccination et le suivi d’anticoagulothérapie.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Des mécanismes seront mis en place pour permettre aux pharmaciens de continuer à offrir la vaccination et le suivi d’anticoagulothérapie.

Les patients pourront continuer à recevoir les mêmes services de santé en pharmacie malgré l’abolition des frais accessoires, a assuré le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, vendredi.

Des mécanismes seront mis en place d’ici le 26 janvier, date d’entrée en vigueur du règlement, pour permettre aux pharmaciens de continuer à offrir la vaccination et le suivi d’anticoagulothérapie. Selon l’Association québécoise des pharmaciens propriétaires (AQPP), 15 000 personnes bénéficient d’un suivi de leur anticoagulothérapie en pharmacie, où 135 000 tests sont réalisés chaque année.

Dans la foulée, le ministre promet également de s’entendre avec les chirurgiens dentistes, qui craignent que le règlement ne les empêche de traiter les enfants qui nécessitent l’administration d’une sédation pour certains soins couverts.

Nous aurons de la difficulté à croire en la parole du ministre

Barrette se veut rassurant

Dans des entrevues accordées à la radio vendredi, Gaétan Barrette a assuré que les patients allaient continuer à avoir accès à ces soins après le 26 janvier.

« La loi n’empêche pas le pharmacien de vendre un vaccin, a déclaré le ministre en entrevue avec Paul Arcand. Il peut inclure les frais encourus par l’embauche d’une infirmière. »

En ce qui concerne les bandelettes utilisées pour effectuer les tests dans le cadre d’un suivi d’anticoagulothérapie, plutôt que d’être facturées directement aux patients, elles seront couvertes par le régime public d’assurance médicament d’ici février, a expliqué le ministre. « Ce sera payé par le régime d’assurance, et les pharmaciens vont même peut-être faire un peu plus [de profit]. »

Tout bris de service devrait être évité, selon lui.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux a confirmé, par communiqué, que les services en pharmacie n’étaient pas menacés.

Concernant les chirurgiens dentistes, tout comme avec les radiologistes, un tarif doit être négocié avec Québec pour compenser la perte financière générée par l’interdiction de facturer directement au patient des frais pour toute intervention couverte.

« Nous aurons une solution pour le 26 janvier », a promis Gaétan Barrette, toujours sur les ondes FM.

Une entente écrite

« Si ça s’avère, nous ne sommes pas mécontents », a réagi le directeur général de l’AQPP, Jean Bourcier. Affirmant que c’était la première fois que ces propositions étaient énoncées, vendredi, il joue toutefois de prudence. « Si c’est écrit sur papier de cette façon-là, ça corrige le tir. Mais nous avons de la difficulté à croire en la parole du ministre, a-t-il indiqué au Devoir. Nous avons demandé un rendez-vous à Québec afin de coucher sur papier ces éléments-là. »

L’AQPP a déposé une demande d’arbitrage devant les tribunaux plus tôt cette année dans un autre dossier qui l’oppose au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Les pharmaciens propriétaires accusent le ministre Barrette d’avoir renié une entente concernant les allocations professionnelles, qui devaient être déplafonnées pour compenser une diminution de 133 millions des honoraires versés par Québec aux pharmaciens. La grève des juristes de l’État a provoqué des reports dans ce dossier, selon l’AQPP.