Les échos gratuites au privé inquiètent les radiologistes

Selon le docteur Vincent Oliva, les technologues manquent à l’appel et craint qu’ils ne désertent le réseau hospitalier.
Photo: iStock Selon le docteur Vincent Oliva, les technologues manquent à l’appel et craint qu’ils ne désertent le réseau hospitalier.

Québec — Les échographies pratiquées par des radiologistes dans des cliniques médicales privées seront désormais gratuites, puisqu’elles seront couvertes par la Régie de l’assurance maladie du Québec.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, en a fait l’annonce jeudi par voie de communiqué. Il soutient que cette mesure permettra d’augmenter l’accessibilité à ces examens médicaux et à accroître la rapidité de la prise en charge des patients.

Or, l’Association des radiologistes du Québec n’est toujours pas parvenue à une entente avec le gouvernement provincial en ce sens.

Son président, le docteur Vincent Oliva, juge cette transition trop brusque.

Soulignant que les hôpitaux sont dotés de cinq fois plus d’appareils échographiques que le réseau privé, il fait état d’une « capacité excédentaire » qui aurait pu être exploitée dans le cadre d’un réajustement ordonné.

« Je peux vous dire qu’il y a beaucoup de radiologistes qui sont réticents à embarquer dans ce service-là », a-t-il exposé en entrevue avec La Presse canadienne.

Il signale que les technologues manquent à l’appel et craint qu’ils ne désertent le réseau hospitalier.

« La gratuité, c’est certainement une bonne chose. Mais ce qu’on dit depuis le début, c’est qu’il faut que ça se fasse de façon progressive, a-t-il poursuivi. C’est un peu un choc au système et ce n’est pas évident du tout que les cliniques au privé vont pouvoir répondre à cette demande-là. »

« En gros, le ministre [de la Santé] veut de l’accessibilité, mais en regardant ça, on se dit qu’il veut de la médecine “fast-food” », a-t-il déploré.

4 commentaires
  • Benoît Landry - Inscrit 29 décembre 2016 10 h 06

    Et voilà...

    le concept de ce gouvernement, privatiser les services et conserver l'État pour servir d'agent percepteur afin que le privé n'ait pas à se soucier de se faire payer.

    Et après on va tenter de nous faire croire que le privé prend des risques ....

  • Claude Millaire - Abonné 29 décembre 2016 10 h 39

    Tout à fait d'accord avec vous! Misère!

  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 29 décembre 2016 11 h 55

    Et le coût en clinique privée

    sera-t-il le même pour l'État (l'état étant NOUS)!?...les PPP de retour dans l'actualité ?! Y'a sûrement une attrape quelque part ?! Je me suis toujours posé la question car les radiographies RX sont déjà en grande partie dévolues et ce, depuis un bon bout de temps, au privé!

    Verrons-nous un jour les hôpitaux (surtout les hôpitaux régionaux) tomber en désuétude? ou transformer en mouroirs... pour raisons d'âgisme, tel que défini par le gérontologue Robert Butler?

    Le dilemme d'une vie: "le début versus la fin" déjà enclenché par ces petits gestes qui semblent, a priori, anodins mais...qui font réfléchir.

  • Daniel Lemieux - Inscrit 30 décembre 2016 18 h 15

    Le ministre, radiologiste ?

    Si Gaétan Barrette était toujours président de l'Association des radiologistes du Québec (1998-2006) ou de la FMSQ (2006-2014), il serait monté aux barricades pour s'opposer à cette nouvelle pratique.