Le sexe oral peut entraîner un cancer de la bouche

Selon une étude publiée dans le plus récent numéro du New Scientist, le sexe oral peut conduire au cancer de la bouche chez l'homme comme chez la femme. Le risque est toutefois si minime que les chercheurs ne recommandent nullement l'abandon de cette pratique.

Attaché à l'OMS, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), à Lyon, a découvert que le virus du papillome humain (HPV), l'agent responsable des condylomes, peut provoquer l'apparition d'une tumeur de la bouche. Les données recueillies par les chercheurs sont basées sur un large échantillon qui leur a permis de comparer 1670 personnes souffrant d'un cancer de la bouche à 1732 autres personnes, en bonne santé celles-là.

Le HPV de type 16, fréquent dans les cancers du col de l'utérus, a été trouvé chez la plupart des patients souffrant d'un cancer de la bouche. Les patients chez qui on a détecté le HPV de type 16 étaient trois fois plus nombreux à pratiquer le sexe oral. Chez les patients souffrant d'un cancer de la bouche, les chances de retrouver des anticorps contre le HPV de type 16 étaient trois fois plus importantes elles aussi.

Publiée une première fois dans le Journal of the National Cancer Institute en décembre dernier, cette étude entend prouver l'existence d'un lien entre le HPV et le cancer de la bouche. «C'est une étude très importante pour ce qui est de son étendue», croit le virologue Raphael Viscidi, membre de l'équipe du CIRV.

Le risque de développer une telle tumeur reste toutefois minime. Il est évalué à une personne sur 10 000 par année, et la plupart de ces tumeurs sont généralement causées par l'usage abusif de la cigarette ou de l'alcool. Le virus du papillome humain est au contraire très commun et comprend un ensemble de plus de 70 types de virus qui causent des condylomes ou des papillomes.