Barrette «étonné» des allégations d’ingérence

«Ce n’est pas la prérogative du ministère de déterminer la formation de qui que ce soit», a affirmé le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne «Ce n’est pas la prérogative du ministère de déterminer la formation de qui que ce soit», a affirmé le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Gaétan Barrette a soutenu mercredi que la formation médicale était une prérogative du Collège des médecins du Québec.

Le ministre de la Santé et des Services sociaux s’est dit « étonné » par les propos de médecins selon lesquels son ministère se serait ingéré dans la formation médicale, comme l’a rapporté Le Devoir mercredi.

Des courriels obtenus mercredi par Le Devoir indiquent que des étudiants en médecine ont bel et bien reçu comme information de la part de leur faculté que leur formation serait modifiée sous ordre du MSSS, notamment en restreignant l’accès à la sixième année de résidence qui mène au double statut de médecin clinicien et spécialiste de laboratoire dans ces deux spécialités. Des médecins microbiologistes-infectiologues et hémato-oncologues craignent que la double formation qui est la leur ne soit actuellement en danger.

« Ce n’est pas la prérogative du ministère de déterminer la formation de qui que ce soit, c’est celle du ministère de l’Éducation supérieure suite à des consultations qui sont faites avec le Collège des médecins, qui reconnaît les spécialités », a indiqué le ministre Barrette lors d’un impromptu de presse mercredi. Il estime qu’il y a un « problème d’interprétation » dans ce dossier.

Le ministre affirme toutefois que, dans le secteur de la microbiologie et de l’hématologie, « il y a une évolution technologique qui fait qu’il y a peut-être lieu d’avoir des ajustements de formation ». Des « discussions » se font avec « tous les partenaires », a soutenu M. Barrette.

Informations contradictoires

Des courriels obtenus par Le Devoir montrent que des résidents en oncologie ont bel et bien reçu l’information selon laquelle la possibilité de faire leur sixième année en hématologie était en péril en raison de directives du MSSS.

Le 13 octobre dernier, par exemple, les étudiants en médecine de l’Université de Montréal ont reçu un message du vice-décanat aux études médicales postdoctorales affirmant qu’« en raison d’une nouvelle contrainte du décret gouvernemental concernant les formations complémentaires », il n’est pas possible de « garantir la rémunération d’une sixième année de formation » qui mène au titre d’hémato-oncologue.

« Notre directeur de programme en oncologie nous a informés en juin 2016 qu’il avait reçu un courriel provenant du ministère comme quoi ils allaient cesser la possibilité pour les résidents d’oncologie médicale de faire la certification d’hématologie », mentionne un autre courriel, rédigé par un résident en médecine. « J’ai déjà signé une lettre d’intention pour travailler dans un hôpital pour qui la double certification est nécessaire », déplore ce futur médecin, qui indique que ses choix professionnels s’en trouvent complètement bouleversés.

Un étudiant d’une autre université, toujours par courriel, déplore que la même situation lui soit arrivée.

Une source bien au fait du dossier a indiqué au Devoir que le MSSS aurait très récemment reconnu qu’il ne pouvait pas agir unilatéralement dans ce dossier.

Le Collège des médecins n’a pas souhaité accorder d’entrevue sur le sujet. Des discussions sont en cours avec Québec autant sur Optilab, la formation des médecins que les postes disponibles, a indiqué la coordonnatrice aux communications Caroline Langis.

3 commentaires
  • Yves Côté - Abonné 27 octobre 2016 04 h 48

    "N'est-ce pas ?…"

    "Mon médicament ?
    Vous avoir rendu malades ?!
    Mais voyons donc, il vous a soigné.
    La preuve, où donc en seriez-vous en pire sans lui aujourd'hui ?
    Vous ne le savez pas ?
    Mais moi, mes bon Messieurs-Dames, moi je le sais. Vous seriez dans votre tombe depuis longtemps si vous ne m'aviez pas écouté. Et obéis.
    Alors, continuez donc à avaler les médocs que je vous prescris et commande de faire : voter libéral.
    Croyez-moi sur parole et en dépit des faits démontrés, c'est pour le mieux-être de tout le monde. Et ce, même si tout le monde n'est pas assez intelligent pour le comprendre...
    Après tout, vous, vous l'êtes suffisament pour le faire et c'est la seule chose qui compte pour vous.
    N'est-ce pas ?"

    Tourlou !

  • Claire Coderre - Abonné 27 octobre 2016 05 h 57

    barrette étonné des allégations d'ingérence

    Même si c'est la prérogative du collège des médecins de déterminer la formation,il n'en demeure pas moins que c'est le Ministère de la santé qui débourse le prix de la rémunération de ces résidents de 6e année en super spécialisation. Il est un dicton qui avait cours dans le réseau de la santé au cours de mes 30 ans d'emploi voulant
    que "c'est celui qui paie le violonneux qui choisit le thème musical à venir"

    claire coderre, abonnée

  • Jean-François Trottier - Abonné 27 octobre 2016 09 h 18

    Se prendre pour un médecin

    On peut sortir un Dieu de la médecine, on ne peut sortir la médecine d'un Dieu, si petit soit-il.

    Se croyant omniscient parce qu'il connaît par coeur les noms des maladies, se croyant omnipotent parce qu'il a appris à poser un diagnostic "définitif" en 5 minutes, le ministre croit, en habit de médecin, pouvoir se mêler de formation. Mais voilà, il devrait regarder le miroir, il porte des vêtements de ministre.

    Que voulez-vous, il ne sait pas faire la différence. Un médecin...

    Dans les faits, et nous en avons l'illustration depuis deux ans, donner la gestion de quoi que cessoit à un doqueteur est une erreur grave.

    Leur grande capacité à synthétiser les informations, si utile devant un cas, devient une tare grave dans la gestion des dossiers.
    Leur assurance, comme un bel habit, devient une chape de plomb qui recouvre leurs yeux et leurs oreilles.
    Leur sens de la persuasion, de la monomanie.
    Mais le pire est, comme il ont appris à ne faire confiance qu'en leur jugement, qu'ils sont par formation sociopathes... ou bien qu'ils n'aurait pu suivre leur formation sans avoir cette "belle" qualité, au choix.

    Barrette ne sait pas comment il peut être dans le champs et enlisé jusqu'au cou dans ses propres gesticulations, Il ne le saura jamais.

    Son patron est empêtré dans bien pire, et tout autant il ne voit rien de rien. Un béat néant.

    Comment Barette pourrait-il reconnaître des compétences au Collège, lui qui s'en croit doté de toutes ?