Une nouvelle politique de prévention en santé

Sept ministres ont pris part à l’annonce dimanche, dont Lucie Charlebois, qui a présenté la politique.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Sept ministres ont pris part à l’annonce dimanche, dont Lucie Charlebois, qui a présenté la politique.

Pas moins de sept ministres s’étaient donné rendez-vous en plein air, dimanche au parc La Fontaine à Montréal, pour lancer une politique gouvernementale de prévention en santé qui vise à améliorer la qualité de vie des Québécois en travaillant en amont des problèmes de santé, que ce soit par l’éducation ou l’aménagement des villes, par exemple.

Québec se donne de grands objectifs, et le plan d’action concret qui doit accompagner la politique sera présenté d’ici un an, a promis la ministre déléguée à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, Lucie Charlebois, qui a piloté ce dossier.

Québec se donne neuf cibles d’ici 2025. Par exemple, on souhaite diminuer de 21 à 10 % la proportion de fumeurs, accroître l’offre de logements abordables sociaux et communautaires de 49 % ou augmenter de 20 % la proportion de jeunes de 12 à 17 ans actifs.

L’enveloppe de 76,1 millions sur 10 ans assortie à la politique n’est qu’un début des investissements qui pourront y être consacrés, a-t-elle affirmé. « Il y a déjà 400 millions d’investis en prévention en ce moment, a-t-elle rappelé. Les 76 millions, c’est pour de nouvelles initiatives, mais chaque ministère impliqué a son budget. Par exemple, les maternelles 4 ans, ça participe à la prévention, mais c’est dans le budget du ministère de l’Éducation que c’est assumé. »

Québec exclut la possibilité de taxer les boissons sucrées pour financer cette politique pour l’instant. « Il y a beaucoup de choses à faire avant de taxer davantage, ce n’est pas la priorité », a indiqué Mme Charlebois.

« La politique, c’est la vision, mais d’ici un an nous allons présenter un plan d’action qui sera plus concret », a promis Mme Charlebois. Santé, municipalité, éducation, environnement, les initiatives seront, on l’assure, transversales.

Le bref gouvernement du Parti Québécois avait laissé une ébauche avancée d’une politique nationale de prévention au moment des élections, en 2014. L’ancien ministre de la Santé Réjean Hébert l’avait présentée au Conseil des ministres.

À son arrivée, la ministre Lucie Charlebois avait confirmé au Devoir que cette politique ne serait pas mise de côté. Il aura fallu plus de deux ans pour en arriver à une annonce. « La politique du Parti Québécois ne s’accompagnait pas de crédits budgétaires ni de consultation. Là, nous avons approfondi et nous avons les moyens d’agir », a précisé Mme Charlebois.

En attente des actions

Présente lors de l’annonce, Sylvie Bernier salue l’intersectionnalité de l’initiative. « Ce sont des cibles ambitieuses ; maintenant, ça prendra des investissements ambitieux ! », a déclaré la porte-parole du tout nouveau Regroupement pour un Québec en santé, qui réunit une centaine d’organisations et de décideurs.

L’investissement initial de 76 millions peut paraître modeste à cet égard. « Seulement avec une taxe sur les boissons sucrées, on pourrait dégager 2,6 milliards de dollars pour financer cette politique », explique Mme Bernier. Malgré tout, elle a affirmé avoir « beaucoup d’espoir », car la politique « envoie un message clair [disant] qu’on a une responsabilité individuelle, mais que la responsabilité collective est plus importante quand il est question de prévention. »

Son de cloche semblable du côté du directeur de la Santé publique de Montréal, le Dr Richard Massé. « L’important, ce sera de voir la mise en oeuvre. Ce qu’il y a dans la politique, c’est excellent, ça fait très longtemps qu’on le réclamait », a-t-il indiqué.

Les cibles pour 2025

Augmenter à 80 % la proportion d’enfants qui commencent leur scolarité sans présenter de facteur de vulnérabilité.

Atteindre 90 % des municipalités qui adoptent des mesures de prévention diverses.

Accroître l’offre de logements abordables, sociaux et communautaires de 49 %.

Faire baisser à 10 % la proportion de fumeurs.

Atteindre un niveau élevé de bien-être émotionnel et psychosocial chez au moins 80 % de la population.

Augmenter de 18 % le nombre d’aînés recevant des services de soutien à domicile.

Atteindre une consommation minimale de cinq fruits et légumes chaque jour chez plus de la moitié de la population.

Augmenter de 20 % la proportion de jeunes âgés de 12 à 17 ans actifs durant leurs loisirs et leurs déplacements.

Réduire de 10 % l’écart de mortalité prématurée entre les personnes les plus défavorisées et les plus favorisées.
7 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 23 octobre 2016 18 h 41

    DÉGRADATION AUSTÈRE D'UN BORD, PROMOTION DE L'AUTRE

    « Québec lance une politique de prévention en santé » : l'actuel gouvernement souffle le froid et le chaud...

    D'un côté, il dégrade les conditions de vie et massacre le filet social.

    De l'autre, il fait la promotion « en amont » des saines habitudes de vie.

    Il est vrai qu'il n'est pas à une contradiction près!

    PAS CRÉDIBLE!

  • Yvon Bureau - Abonné 23 octobre 2016 19 h 34

    Ministère de la prévention et de la promotion de la Santé?

    Urgence d'un sommet sur Moins de sucre Moins de sucre Moins de sucre. Chocolateries, bonboneies, sodatries devront s'impliquer, non attirées en et par le bas mais aspirées dans et par la hauteur.

    Invitez toute personne adulte à faire son testament.
    Promouvoir les directives anticipées de fin de vie, le mandat en prévision de l'inaptitude, la désignation d'un mandataire pour faire respecter ses volontés, remplir les directives médicales anticipées Bref, promouvoir une fin de vie responsable et ouverte à la communication avec ses proches et ses soignants; Responsable jusqu'à sa fin. Que de tensions, de malaises, de chicanes, de poursuites, de procès seront évités! Que de maladies seront évitées à cause de tout ce qui précède ! Que de processus de deuil seront facilités !
    Promouvoir une fin de vie digne, libre, responsable, centrée sur le seul intérêt de la personne en fin de vie.
    Ça, c'est de la prévention qui coûte si peu et qui rapportera Tellement, sur tous les plans!

    Audacieuse, fructueuse, simple, efficace et surtout efficiente Politique de prévention en Santé !

    Au fait, c'est pour bientôt le Ministère de la promotion et de la prévention de la Santé ?!

  • Colette Pagé - Inscrite 23 octobre 2016 19 h 55

    Taxer les boissons sucrées !

    Mais pourquoi pas ! Les études sur la santé ont démontré que financer les campagnes de pratiques saines en santé par la taxation des boissons sucrées donnent d'excellents résultats.

    Se pourrait-il que les lobby de compagnies de mal bouffe empêchent le Gouvernement d'aller de l'avant ?

  • Yvon Bureau - Abonné 24 octobre 2016 10 h 02

    Simple et non dispendieuse

    Abaisser sur les routes la vitesse tolérée à 15 Km MAXIMUM pour les autos et motos, et à 110 pour les 10 roues et plus.
    Moins d'accidents, moins de morts, moins de blessés, moins de personnes avec des déficits physiques et cognitifs. J'ai oeuvré 30 années comme travailleur social dans un Centre de réadaptation physique ...

    Aussi sur les autoroutes, que la différence entre le maximun et le minimum ne soit que de 10km. 100/90, et non 100/60
    Humour : si l'on tolère 15 km au dessus de 100, devrait-on tolérer 15km au dessous de 60 km ?!!!

    Aussi, pourquoi pas un mini-sommet sur la prévention, pour des propositions simples et peu couteuses, qui rapporteront GROS sur bien des plans?

  • Loyola Leroux - Abonné 24 octobre 2016 10 h 25

    Jeunes actifs : marcher vers l’école

    Ce proejt de différents ministres nous présente un énorme projet de société. Puis je rappeler a la ministre Charlebois qu’un bon moyen pour avoir des ‘’jeunes actifs’’ c’est de les faire marcher pour aller a l’école. A condition que cette derniere n’a pas été construite au fond du nouveau développement, comme a Prévost, ce qui exige l’utilisation du ‘’Péril Jaune’’ beau terme inventé par le poete Georges Langford.