Les cas de cancer seront en forte hausse

Le taux de survie après cinq ans chez les personnes ayant reçu un diagnostic de cancer est d’environ 60 %, mais il varie énormément selon le type de cancer.
Photo: Mark Kostich Getty Images Le taux de survie après cinq ans chez les personnes ayant reçu un diagnostic de cancer est d’environ 60 %, mais il varie énormément selon le type de cancer.

La Société canadienne du cancer invite les gouvernements fédéral et provinciaux à se pencher rapidement et sérieusement sur l’augmentation prévue des cas de cancer, puisque le nombre croîtra « au minimum » de 35 % d’ici 2030, entraînant une pression énorme sur le coût des soins de santé.

La Société vient de publier ses statistiques annuelles sur le cancer au pays. D’ici 14 ans, soit d’ici 2030, elle s’attend à ce que le nombre de cas de cancer au Québec passe de 50 000 à 70 000. Au Canada, elle prévoit que le nombre de cas passera de quelque 200 000 à 280 000.

Ces hausses sont dues essentiellement au vieillissement global de la population ainsi qu’à la croissance démographique, a expliqué au cours d’une entrevue André Beaulieu, porte-parole de la Société canadienne du cancer.

Source: Statistique Canada


Adopter des politiques

Il pose lui-même la question : sommes-nous prêts à affronter l’augmentation des coûts de santé qui en résultera ? La réponse est non. À l’heure où les ministres de la Santé discutent du financement des soins de santé, M. Beaulieu presse les gouvernements de prendre au sérieux la situation dès maintenant et de planifier en conséquence.

Il faudra faire des choix, établir des partenariats, adopter des politiques de santé publique plus élaborées et négocier de meilleurs prix pour les médicaments, plaide le porte-parole de la Société canadienne du cancer.

Plus précisément, 202 400 Canadiens devraient recevoir un diagnostic de cancer en 2016 et 78 800 en mourront.

Le cancer du poumon reste la principale cause de décès parmi tous les cancers. Il cause même plus de décès que les trois autres principaux cancers combinés, à savoir le cancer colorectal, celui du sein et celui de la prostate.

Des 202 400 nouveaux cas de cancer diagnostiqués au pays en 2016, plus de la moitié, soit 102 100, seront des cancers du poumon, du sein, de la prostate et des cancers colorectaux, indique la SCC.

Elle observe toutefois « une baisse appréciable » du taux de décès reliés au cancer du poumon depuis 30 ans, et ce, particulièrement chez les hommes. M. Beaulieu explique cela par le fait que les hommes ont cessé de fumer avant les femmes.

Mortalité liée au cancer

En 2016, quelque 96 % des décès par cancer au Canada seront enregistrés chez des personnes de plus de 50 ans.

Le taux de survie après cinq ans chez les personnes ayant reçu un diagnostic de cancer est d’environ 60 %, mais il varie énormément selon le type de cancer. « Il y a quand même beaucoup d’espoir. Nous, on sait que si on met de l’avant des politiques de santé publique et de la prévention, on peut faire passer le taux de survie globale de 60 à 80 % », a opiné M. Beaulieu.

Il songe ici à des moyens comme les tests de dépistage, la vaccination dans le cas des cancers liés au virus du papillome humain (VPH), par exemple, et à la lutte contre le tabagisme. D’ailleurs, cette année, les statistiques de la Société incluent un volet spécial sur les cancers associés au VPH. En 2012, 3760 Canadiens se sont vu diagnostiquer un cancer associé au VPH, comme ceux de l’oropharynx, du col de l’utérus, de l’anus, du vagin, de la vulve ou du pénis.

L’impact de l’alcool et du tabac

Onze des quinze cancers entraînant la plus grande perte d’années de vie en bonne santé sont étroitement associés à deux facteurs de risque évitables, le tabagisme et l’alcool, selon une nouvelle étude. Les chercheurs ont calculé le nombre d’années de vie ajustées en fonction de l’incapacité (AVAI) perdues à cause du cancer. Cette mesure est souvent utilisée pour évaluer le fardeau global de la maladie. Ils ont mesuré qu’en 2011, le cancer avait entraîné la perte de 9,8 millions d’AVAI aux États-Unis, fort majoritairement en raison des décès prématurés. Le cancer du poumon est responsable à lui seul de 24 % des années de vie en bonne santé perdues. Les conclusions de cette étude sont publiées en ligne par le Journal of Preventive Medicine.
1 commentaire
  • Nicole D. Sévigny - Abonnée 19 octobre 2016 09 h 53

    Mais où est la "nécessité" de dire que...

    d'ici 2030?...Faut pas être devin pour faire une telle affirmation...Car la population aura augmenté exponentiellement....les aînés d'aujourd'hui auront 14 ans de plus!...etc. etc.

    Mais la recherche aura trouvé de nouvelles solutions...Et la médecine aura fait des progrès ...Pourquoi être si alarmiste?

    Et vous appelez ça une nouvelle...franchement !