Changements climatiques - Le Pentagone aurait censuré un rapport jugé trop alarmiste

Selon un rapport commandé par le Pentagone, des changements climatiques brutaux risquent d’entraîner, au cours des prochaines décennies, sécheresses, inondations, famines, émeutes voire conflit nucléaire dans plusieurs parties du globe, comme ici
Photo: Agence Reuters Selon un rapport commandé par le Pentagone, des changements climatiques brutaux risquent d’entraîner, au cours des prochaines décennies, sécheresses, inondations, famines, émeutes voire conflit nucléaire dans plusieurs parties du globe, comme ici

Londres — Des «responsables militaires américains» ont censuré un rapport commandé par le Pentagone, selon lequel les changements climatiques risquent d'entraîner une catastrophe planétaire et représentent une menace bien plus grave que le terrorisme, a rapporté hier l'Observer.

Commandé par un influent conseiller du Pentagone, Andrew Marshall, le document prédit que des changements climatiques brutaux pourraient mettre la planète au bord de l'anarchie et de la guerre nucléaire en raison d'une raréfaction de la nourriture, de l'eau et des sources d'énergie, selon l'hebdomadaire britannique.

«Les perturbations et les conflits vont devenir des données endémiques de l'existence», conclut ce rapport, cité par le journal.

Selon l'Observer, ce document secret avertit notamment que des grandes villes européennes pourraient être submergées par les eaux d'ici à 20 ans.

Dès 2007, de violentes tempêtes pourraient détruire les digues aux Pays-Bas, rendant inhabitable une grande partie du pays ainsi que des villes comme La Haye.

Ces changements climatiques risquent par ailleurs d'entraîner sécheresses, famines, émeutes voire conflit nucléaire dans d'autres parties du globe, estime les auteurs du rapport, Peter Schwartz, consultant à la CIA (centrale américaine du renseignement) et Doug Randall, du centre de recherches californien Global Business Network.

«C'est une menace contre la sécurité nationale unique en son genre parce qu'il n'y a pas d'ennemi désigné et nous n'avons aucun moyen de contrôler cette menace», a souligné à l'Observer Doug Randall.

Selon l'hebdomadaire, le rapport est tellement alarmiste que la question des changements climatiques et du réchauffement de la planète pourrait se retrouver propulsée au coeur du débat entre les principaux candidats à l'élection présidentielle américaine, le président George W. Bush et le candidat à l'investiture démocrate John Kerry.

M. Bush a jusqu'à présent minimisé les effets des changements climatiques, notamment du réchauffement de la planète, rappelle l'Observer.