Les produits naturels dans la mire d’Ottawa

Ce serait huit Canadiens sur dix qui consommeraient des produits de santé naturels, dont 38 % chaque jour.
Photo: iStock Ce serait huit Canadiens sur dix qui consommeraient des produits de santé naturels, dont 38 % chaque jour.

Ottawa songe à resserrer considérablement les lois encadrant les produits de santé naturels, notamment pour combattre des allégations santé parfois « trompeuses », qui ne sont pas appuyées par des études scientifiques valides.

Santé Canada a lancé la semaine dernière une consultation en ligne dans le but de revoir les lois qui concernent les produits cosmétiques, les médicaments en vente libre et les produits de santé naturels. Cela concerne autant les vitamines et minéraux, les probiotiques, l’homéopathie, les médicaments à base d’herbes et de plantes, les crèmes hydratantes, des médicaments en vente libre comme des antiallergiques, des produits issus de la médecine traditionnelle chinoise et bien d’autres encore.

Santé Canada souhaite par exemple que les étiquettes de ces produits ne trompent pas les consommateurs « en leur donnant à penser qu’une allégation non prouvée est exacte », indique-t-on dans les documents de consultation.

« Pour le consommateur […] un médicament sans ordonnance et un produit homéopathique peuvent présenter une allégation similaire (par exemple, calme la toux), [alors que] seule l’allégation du médicament sans ordonnance est étayée par des preuves scientifiques », explique Santé Canada. Moins de deux Canadiens sur cinq se disent « bien informés » sur l’efficacité de ces différents produits, selon un sondage mené par Santé Canada en avril dernier.

Allégations santé non prouvées

 

Il suffit d’aller en pharmacie pour constater que les sirops pour la toux dont l’efficacité est prouvée côtoient l’homéopathie et les produits naturels sans qu’il soit aisé pour le consommateur de faire la différence. C’est le cas pour toute une panoplie de produits, du dentifrice aux vitamines. Tous sont actuellement autorisés à prétendre avoir un effet sur la santé, peu importent les preuves qu’ils avancent.

Santé Canada propose de revoir le classement de ces produits selon leur niveau de risque. Les produits jugés à « moindre risque », comme des vitamines, des rince-bouche ou des produits homéopathiques n’auront pas besoin de licence. Mais ils ne pourront plus faire d’allégations santé sur leurs étiquettes. Une crème de zinc pourrait par exemple indiquer « contient du zinc », mais pas « prévient l’érythème fessier chez le nourrisson ».

Les produits jugés « à risque modéré » nécessiteraient une licence. Ils pourraient faire de telles allégations santé, à condition qu’elles soient étayées par des preuves scientifiques jugées concluantes par Santé Canada. Les médicaments sans ordonnances tombent pour la plupart dans cette catégorie : analgésiques comme l’ibuprofène, les sirops pour la toux, etc.

Finalement, les produits « à risque élevé » feraient l’objet d’un examen approfondi par Santé Canada en ce qui concerne leur innocuité, leur qualité et leur efficacité. Toutes les allégations devraient reposer sur des preuves scientifiques. Les produits nouveaux seraient classés dans cette catégorie, tout comme ceux qui concernent la santé cardiovasculaire ou tout nouveau produit s’adressant aux enfants, aux femmes enceintes ou aux femmes qui allaitent.

Ce serait huit Canadiens sur dix qui consommeraient des produits de santé naturels, dont 38 % chaque jour. La vente de 100 000 produits de santé naturels est permise au Canada.

Les revenus de l’industrie des aliments fonctionnels et des produits naturels se sont élevés à 11,3 milliards de dollars en 2011, selon Statistique Canada, dont c’est l’enquête la plus récente à ce sujet.

Exemples d’allégations qui seraient prohibées sans données scientifiques valides
Traite les symptômes de la toux, du rhume et de la grippe
Soulage les douleurs articulaires
Prévient la carie Améliore la mémoire

Exemples d’allégations non soumises à une évaluation
Améliore l’aspect des cicatrices dues à l’acné
Hydrate et nourrit la peau
Nettoie les dents
Source d’oméga-3


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