Santé - La fusion n'est pas une solution à Montréal, selon les CLSC

Même si le plan de l'Agence de développement de Montréal prévoit le contraire, les CLSC et les centres d'hébergement de la région de Montréal persistent à s'opposer à la fusion forcée avec les hôpitaux que veut leur imposer la loi 25. Ils jugent cette solution inappropriée compte tenu de la réalité de Montréal, où 80 % des patients ne fréquentent pas l'hôpital le plus près de chez eux.

À l'approche des consultations montréalaises sur les projets de fusion des établissements de santé, le Regroupement des CLSC et des centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) de Montréal a présenté hier la dernière mouture de son propre modèle de fusion, entérinée le 17 février par son conseil d'administration.

Comme en décembre 2003, lors des consultations tenues sur le projet de loi 25, ce regroupement accepte de faire passer de 54 à 12 le nombre de conseils d'administration des CLSC et CHSLD de l'île de Montréal mais ne démord pas de son opposition formelle à toute fusion avec les hôpitaux de soins généraux. Et ce, même si David Levine, p.-d.g. de l'Agence de développement des réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal, a récemment indiqué qu'il refusait d'exempter les CLSC du processus complet de fusion imposé par le gouvernement libéral.

Malgré tout, la porte-parole du regroupement, Cécile Légaré, a affirmé ne pas avoir l'intention de baisser les bras, rappelant hier qu'un amendement de la loi 25 prévoyait des exceptions à la fusion des CLSC et des hôpitaux, là où l'intérêt de la population «le justifie».

«C'est vrai qu'il y a deux visions qui s'affrontent. Peut-être que l'Agence de Montréal pourrait modifier son plan ou tout simplement soumettre deux scénarios à la population durant les consultations», a renchéri Mme Légaré.

Selon ce regroupement, la fusion des hôpitaux avec les CLSC et les CHSLD les plus rapprochés n'a pas de sens à Montréal, où l'habitude de 80 % des patients est d'être hospitalisés dans l'hôpital où exerce leur médecin plutôt que dans l'hôpital le plus près de chez eux.

«Nous nous préoccupons des 80 % de la population qui vont dans un hôpital autre que celui de leur quartier. Auront-ils droit à de moins bons soins? Nous proposons plutôt de donner des soins améliorés à tout le monde en faisant des ententes de services avec tous les hôpitaux du territoire», défend Mme Légaré.

En sus, les CLSC craignent toujours de voir leur mission disparaître si la fusion projetée avec les hôpitaux suit son cour. «Avec notre proposition, notre mission sera préservée, affirme Mme Légaré. Mais si on est intégrés à un conseil d'administration qui doit décider si la priorité sera mise sur le désengorgement de l'urgence ou bien sur des soins à domicile à donner à un bébé, il y a de forts risques que les services en CLSC en souffrent.»
1 commentaire
  • Marie-Lourde Telfort - Inscrite 20 février 2004 12 h 58

    Où est l'intérêt de la population

    Même si l'habitude des patients est d'être hospitalisé, on pourra leur donner d'autres options comme : les soins de première ligne ou le CLSC si celui-ci a les moyens pour répondre aux besoins.

    Le développement de l'aide à domicile est aussi une priorité pour le patient qui désire se faire soigner dans son milieu de vie naturel. Il reste évident si le nombre d'établissement mis ensemble est trop élevé ceci ne facilitera pas la coopération