L’épidémie de Zika pourrait s’étendre

Depuis que l’étude a été écrite, Singapour a rapporté au moins une centaine de cas où le virus a été transmis localement.
Photo: Roslan Rahman Agence France-Presse Depuis que l’étude a été écrite, Singapour a rapporté au moins une centaine de cas où le virus a été transmis localement.

La menace du virus Zika plane sur 2,6 milliards d’humains en Afrique et en Asie, en plus des régions déjà touchées. Des chercheurs, dont plusieurs Canadiens, mettent en garde contre une propagation à grande échelle dans un article publié dans la revue The Lancet.

Les conditions propices à la propagation de l’épidémie du virus Zika sont en effet réunies dans de nombreux pays à faible revenu de ces zones, dont l’Inde et la Chine figurent en tête de liste.

Les chercheurs ont analysé les pays où les moustiques Aedes, vecteurs potentiels du Zika, sont déjà présents, en plus d’offrir des conditions climatiques favorables à sa transmission. Ils ont en outre croisé ces données avec les arrivées par avion de voyageurs susceptibles « d’importer » la maladie depuis des zones touchées des Amériques.

« Ces trois facteurs sont une combinaison parfaite pour que le virus soit introduit »,résume le Dr Isaac Bogoch. Il est l’auteur principal de l’article scientifique publié dans la revue The Lancet, spécialiste des infections à l’Hôpital général de Toronto et à l’Université de Toronto.

« Cela ne signifie pas nécessairement qu’il y aura une flambée de l’épidémie majeure, mais les probabilités sont plus hautes dans les pays cernés. » Depuis que l’étude a été écrite, Singapour a rapporté au moins une centaine de cas où le virus a été transmis localement, remarque Dr Bogoch.

Il prévient du reste que ces pays ont des ressources limitées pour détecter le virus Zika et donner les soins appropriés, surtout aux femmes enceintes, pour qui « l’enjeu est majeur ». « C’est inacceptable de penser qu’une génération d’enfants souffrira de malformations cérébrales graves », affirme l’infectiologue.

Encore des inconnues

C’est la souche asiatique qui est en cause dans l’épidémie actuelle. L’autre souche du virus Zika, l’africaine, a été détectée pour la première fois en Ouganda en 1947, avant de s’étendre à plusieurs pays africains et asiatiques dans les années 1960 à 1980.

Il est cependant impossible de savoir si ces populations pourraient avoir développé des défenses immunitaires contre la souche asiatique qui fait des ravages. Les multiples souches d’autres maladies, comme la dengue, peuvent se contracter et rendre malade l’une après l’autre.

Les mesures de contrôle de ce type d’insecte ne peuvent à elles seules enrayer la propagation. L’épandage aérien en Caroline du Sud d’un pesticide pour éliminer les moustiques porteurs a tué des millions d’abeilles, apprenait-on par ailleurs vendredi.

« La vaccination reste le but à long terme le plus important à atteindre », insiste Isaac Bogoch, appelant à une réponse internationale coordonnée. Les premiers tests sur des humains d’un des vaccins actuellement développés sont en cours.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a réitéré vendredi que cette épidémie est une « urgence de santé publique de portée internationale ». Un total de 72 pays ou territoires rapportent des cas du virus Zika transmis par des moustiques.

En date du 1er septembre, le Canada a recensé 247 cas de virus Zika, dont deux transmissions de la mère au foetus. Toutes ces personnes ont été infectées lors de voyages. Les moustiques de genre Aedes, vecteurs potentiels du virus, ne sont pas encore présents au Québec.


Des Jeux sans Zika

Aucun cas de virus Zika n’a encore été détecté parmi les athlètes et les participants aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, a assuré vendredi l’Organisation mondiale de la santé, alors que le Brésil reste le plus touché par cette épidémie.

« Il peut y avoir quelques cas qui se présentent maintenant ou après les Paralympiques », a toutefois souligné pour sa part le directeur du Programme de gestion des situations d’urgence sanitaire de l’OMS, Peter Salama.

Il a cependant expliqué que, même si quelques cas surgissent, les experts ne pensent pas que les Olympiques vont accélérer la transmission du virus.
Agence France-Presse
2 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 3 septembre 2016 09 h 56

    Oui bien sûr

    Et l'on va continuer de répandre des pesticides.

    Et l'on va continuer de ramasser les abeilles à la pelle.

    Bien sûr!

  • Maryse Veilleux - Abonnée 3 septembre 2016 22 h 50

    Le message de zika

    Intéressant de voir la manifestation de ce virus, qui fait que notre race produit des enfants à petites têtes alors que la petitesse de l'esprit humain se précipite depuis plusieurs années, et le propulsera à sa perte ...