Seul médecin dans son domaine et privé de pratique

Amer Omar est suspendu de sa pratique, le Collège des médecins lui ayant signifié qu’il avait épuisé ses trois années de permis temporaire, octroyé pour qu’il puisse réussir le test de français.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Amer Omar est suspendu de sa pratique, le Collège des médecins lui ayant signifié qu’il avait épuisé ses trois années de permis temporaire, octroyé pour qu’il puisse réussir le test de français.

Le Québec est privé de son seul spécialiste des maladies génétiques de la rétine parce qu’il a échoué à une partie de l’examen obligatoire de l’Office québécois de la langue française (OQLF), a appris Le Devoir. Depuis le 1er juillet dernier, Amer Omar est suspendu de sa pratique, le Collège des médecins lui ayant signifié qu’il avait épuisé ses trois années de permis temporaire, octroyé pour qu’il puisse réussir le test de français.

« Je veux pratiquer ici. J’aime ce pays, je suis attaché à Montréal. Ma femme est une Québécoise francophone… Mais je ne suis pas assez bon, selon l’OQLF », a dit en entrevue au Devoir le médecin spécialiste à l’Institut de la rétine de Montréal. « Tous les jours, je côtoie des médecins qui sont incapables d’interagir en français et qui même ont besoin de traducteurs quand ils s’adressent au Collège des médecins. Et il y a des gars comme moi, qu’on suspend de pratique simplement parce qu’ils ne réussissent pas une partie de l’examen », a dit Amer Omar, à qui il ne manque plus que la portion « expression écrite » du test à réussir.

L’homme de 37 ans, qui est citoyen canadien depuis au moins 15 ans, répond aux questions en anglais, la langue dans laquelle, en plus de l’arabe, il s’exprime le plus rapidement et le plus clairement. Mais, vérification faite en entrevue, il converse aisément en français. Il dit n’avoir aucun problème à discuter dans la langue de Molière avec ses patients francophones. Il s’inquiète d’ailleurs pour eux. « Mes patients sont orphelins depuis deux mois ! » Un collègue doit prendre en charge son lot de patients.

D’origine égyptienne mais né au Koweït, Amer Omar est arrivé au Québec à l’âge de 18 ans, après quelques années d’études de médecine en Égypte. Il a recommencé ses études à zéro à l’Université McGill mais c’est à l’Université de Queen’s, en Ontario, qu’il a fait sa médecine. En 2004, il obtient son diplôme et revient s’installer au Québec pour faire sa résidence en médecine familiale, à l’Hôpital général de Montréal, et travaille dans la réserve de Kahnawake.

M. Omar est ensuite l’un des rares médecins déjà formés à qui on a donné le privilège de faire une spécialité. Il fait donc des études en ophtalmologie de 2007 à 2011, avec un fellowship à Londres, dans le meilleur hôpital au monde pour les maladies de la rétine. Malgré qu’il y gagne bien sa vie comme consultant et chercheur, il décide de revenir à Montréal, son port d’attache, en janvier 2014.

36 % à l’examen

Mais ayant déjà « gaspillé » jadis une année de permis temporaire, il ne lui reste plus que deux ans pour réussir le test de français de l’OQLF. Sur les quatre sections de l’examen de français (compréhension de l’oral et de l’écrit et expression orale et écrite), il ne lui manque d’ailleurs plus qu’à réussir la portion « expression écrite », qu’il échoue systématiquement. Peu de temps après avoir été suspendu de pratique le 1er juillet dernier, il a reçu le résultat de sa 12e et dernière tentative : 36 %.

L’OQLF interdit à l’étudiant de voir sa copie, un manque de transparence qui n’a pas lieu d’être, selon M. Omar. Il a toutefois pu parler au correcteur de son examen qui a relevé des erreurs de syntaxes, un argumentaire un peu en surface et un texte de 190 mots au lieu des 200 minimum. « J’ai échoué parce qu’il m’a manqué 10 mots ! » a-t-il dit, dépité.

Sandra Matos, l’une des enseignantes de Le Français en partage, une entreprise qui enseigne le français à des professionnels régis par des ordres pour qu’ils puissent réussir l’examen de l’OQLF, s’est dite étonnée du résultat de son élève. « Il captait très vite et avait un esprit scientifique. Il avait bien compris les connecteurs et maîtrisait le passé composé », commente-t-elle.

Un débat à faire

L’OQLF n’autorise la reprise que trois mois après l’examen. M. Omar doit donc attendre jusqu’en octobre. « Comme tout le monde, je veux mettre du pain sur la table pour ma famille », dit-il, en précisant que les coûts de sa cotisation au Collège des médecins, ses assurances et tout le tralala lui permettant de pratiquer lui ont déjà coûté cher : ce sont des milliers de dollars annuellement.

« C’est le Québec qui a pourtant payé toute ma formation et ma spécialité en ophtalmologie. C’est vous qui avez payé ça et je ne peux pas vous soigner alors que c’est tout ce que je demande », déplore M. Omar.

Amer Omar dit ne pas parler pour son bénéfice personnel mais espère plutôt que sa situation fera réfléchir et relancera le débat. « Voulez-vous les meilleurs soins ou pas ? » lance-t-il. « Pourquoi, comme société, nous ne pourrions pas nous demander où sont nos valeurs ? Si le besoin de la qualité de la langue prime celui des soins, alors assoyons-nous et voyons comment vous pouvez nous aider à réussir. » Le spécialiste dit souhaiter que le mandat de l’OQLF soit plus « éducatif que punitif ». « On a tous le même objectif. Vous voulez être servis en français et moi, mon but c’est de pouvoir le faire. »

Pris entre ses patients, la recherche, la formation continue, l’enseignement et ses obligations familiales, M. Omar admet avoir peu de temps à consacrer à l’étude du français. Il aurait aimé avoir pu le faire avant. Le manque d’information est un réel problème, constate Marion Weinspach, cofondatrice de Le Français en partage. « Les universités n’informent absolument pas leurs diplômés qu’ils doivent passer un examen de français pour travailler au Québec », avance-t-elle. Ce serait la même chose pour les cégeps et les commissions scolaires anglophones qui forment des infirmières auxiliaires, des courtiers et autres travailleurs qui auront à passer l’examen de l’OQLF pour pouvoir pratiquer. « Nous recevons chaque semaine de leurs étudiants qui n’ont peu ou pas du tout été informés [de l’examen de français]. Mais les immigrants qui assistent à ces cours et qui y mettent leurs économies n’ont-ils pas le droit de savoir qu’ils ne pourront pas travailler en anglais seulement ? »

L’influence de l’OQLF

Amer Omar se dit « pétrifié » par la peur devant l’OQLF. Il trouve aberrant que son pouvoir soit au-dessus de celui du Collège des médecins. « Le mandat du Collège des médecins, c’est de maintenir des standards de qualité dans les soins prodigués par ses médecins et de faire en sorte qu’on n’abandonne pas nos patients. Mais l’OQLF est le juge au-dessus des docteurs », s’indigne-t-il.

Le Collège des médecins a répondu aux questions du Devoir mais son président-directeur général, Charles Bernard, a décliné une entrevue sur cet aspect plus politique. « Ce n’est pas au Collège de débattre de la pertinence d’une telle Charte », dit la relationniste de presse. Quant à l’OQLF, il a fourni des informations mais ne commente pas les cas précis. À l’instar du Collège des médecins, il dit ne pas non plus tenir de statistiques en ce qui concerne les taux de réussite et d’échecs pour les examens.

52 commentaires
  • Jean-Pierre Grisé - Abonné 1 septembre 2016 00 h 58

    Peut-on dire que c'est le "boute du boute"pour rester poli

    Vraiment ca dépasse l'entendement.Une enquete sérieuse s'impose pour extirper le petit caillou du soulier de l'OQLF et du Québec en entier .Les serveuses chez McDonald ou ailleur sont plus importantes et peuvent parler la langue de leur choix mais pas les autres.Qui dirige cet office?.Que ce médecin soit invité aux radios et aux postes de télévision.Je veux l'entendre lui,les dirigeants de l'office et des médecins.Je tiens qu'on parle francais au Québec ,je tiens aussi que la lumiere soit faite dans ce cas-la,meme si c'est moins important que les mensonges de l,ONE et de plusieurs ministres a Québec.

    • Carmen Labelle - Abonnée 1 septembre 2016 08 h 39

      Vraiment ça dépasse l'entendement en effet. Ça dépasse l'entendement que cette personne si instruite, donc intelligente, ne sache pas après 15 ans ici et marié à une francophone, manier mieux le français (36% aux tests).C'est de toute évidence de l'entêtement à ne pas respecter les engagements qu'il a pris en signant la déclaration de l'immigrant qui stipule :
      «Déclaration
      Comprenant la portée et la signification de ce qui précède et acceptant de respecter les valeurs communes de la société québécoise, je déclare vouloir vivre au Québec dans le cadre et le respect de ses valeurs communes et vouloir apprendre le français, si je ne le parle pas déjà.» http://www.immigration-quebec.gouv.qc.ca/publicati Il avoue d'ailleurs « M. Omar admet avoir peu de temps à consacrer à l’étude du français.» Cela ressemble fortement à un coup d'éclat destiné à faire encore mauvaise presse au Québec francophone. Y en a marre. Quant au Devoir, ça dépasse l'entendement qu'il jette de l'huile sur le feu en médiatisant une anecdote qui a tous les airs d'une charge contre la langue officielle du Québec.

    • Christian Méthot - Inscrit 1 septembre 2016 09 h 49

      Mme Labelle, on peut raisonnablement poser l'hypothèse que ce n'est pas par mauvais volonté ou par entêtement que M. Omar n'avait pas de temps à consacrer à apprendre un français impeccable (d'ailleurs, ce n'est pas donné à tout le monde, même s'ils sont de brillants médecins, d'être doué avec les langues). On peut aisément imaginer qu'il avait d'autres chats à fouetter, avec les études et la carrière qu'il a entreprises. Parce que oui, malgré les sanctions de l’OQLF, il s’exprime assez bien en français pour communiquer avec ses patients francophones.

      Il est même revenu au Québec par amour (pour une femme et pour le pays). C'est exactement le genre de personne que l'on veut retenir, et non repousser hors du Québec par des politiques stériles et ridicules.

      Je proposerais une solution assez simple à ce problème: que les francophones anglophobes, les purs et durs, qui ne veulent pas se faire traiter par des médecins ne maîtrisant pas à la perfection la langue française refusent les traitements. Mais de grâce, que ces fanatiques laissent les autres êtres traités par le médecin de leur choix. Personnellement, je préfère de loin être traité par un médecin qui a consacré son temps à comprendre le problème de santé spécifique dont je souffre, que d'un médecin qui conjugue à merveille ses verbes à l'imparfait du subjonctif et qui accorde sans faute ses participes passés avec l’auxiliaire avoir.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 1 septembre 2016 10 h 29

      J'imagine que ce critère est également exigé par tous les médecins? Pourquoi un traitement de faveur à un médecin? Qu'il soit un grand spécialiste ou non. Et pourquoi attribuer un traitement de faveur, mais ne pas aussi l'offrir à un ouvrier, par exemple?

      Un seul professionnel ne remet peut-être pas en question l'équilibre linguistique d'une province, sauf que si on fait une exception pour lui, il faudra faire une exception pour d'autres.

      À tout le moins, on pourrait les engager en leur donnant la chance de reprendre les examens.

    • Johanne St-Amour - Inscrite 1 septembre 2016 10 h 41

      Peut-être que Le Devoir veut justement montrer l'incongruence des arguments de M. Omar qui voudrait exiger que sa spécialité le mette au-dessus de toutes autres exigences. D'autant plus qu'il affirme lui-même ne pas avoir consacré assez de temps à l'étude du français! Il joue à la victime finalement, se croit au-dessus des lois et règles et me semble extêmement condescendant!

    • David Cormier - Abonné 1 septembre 2016 12 h 11

      Selon ce que je comprends de l'article, M. Omar ne peux plus pratiquer depuis juillet et aura l'occasion de passer un nouvel examen en octobre. Réjouissons-nous pour lui : il aura eu amplement le temps de se préparer à ce nouvel examen, d'autant plus qu'il semble bien le connaître et avoir compris quelles sont ses lacunes.

    • Viviane Caron - Abonnée 2 septembre 2016 11 h 50

      J'ajouterais ici que le 36% n'est pas la note globale aux examens mais sa note pour la partie "français écrit" seulement. Il est bien précisé qu'il a réussi les autres examens.

      De ce qu'explique l'article, Monsieur Omar s'exprime très bien en français oral. Il n'a aucune difficulté. Une langue est beaucoup plus difficile à écrire qu'à parler. C'est peut-être ça le point à vérifier pour aider les nouveaux arrivants. Échouer constamment un test s'il est trop difficile ou trop exigeant, ou trop tôt dans le processus d'intégration peut mener au découragement également.

      On a ici une personne qui arrive à passer dans le journal dû à son statut de médecin et à sa situation très particulière dans notre société, mais pensons à tous les autres qui possiblement l'ont échoué avant lui et dont nous n'avons pas entendu parler... C'est surtout ça qui est à questionner selon moi.

  • Eric Lessard - Abonné 1 septembre 2016 06 h 20

    Une loi doit comprendre des exceptions et du bon sens

    C'est clair qu'en empêchant ce médecin, qui est le seul dans sa spécialité au Québec, et qui en plus parle trois langues, est empêché de travailler parce que son français écrit ne serait pas aux normes, on ne rend service à personne.

    Quand on a chance d'avoir un tel spécialiste sur son territoire, on le garde et on lui donne le droit de pratiquer!

    Il y a moyen de faire aimer le français au Québec sans mettre ce genre de tests que même ma soeur n'a pas réussie, et elle travaille présentement en anglais à Québec, alors que sans cet examen pointilleux, elle travaillerais en français dans un dommaine dans lequel elle a fait des années de formation universitaire.

    Ne mettez plus ce genre de bâtons dans les roues des Québécois, le Québec s'en portera mieux.

    • Carmen Labelle - Abonnée 1 septembre 2016 08 h 49

      Il avoue lui-même qu'il n'a pas mis les efforts requis. «M. Omar admet avoir peu de temps à consacrer à l’étude du français.» en 15 ans? Il n'a tout simplement pas pris le temps. On pourrait sans doute améliorer les cours de français puisque qu'il y a même des francophones qui échouent le test, mais force est de constater , en écoutant les jeunes, et les moins jeunes parler, que c'est l'importance de la langue elle-même, l'importance de bien parler et de bien écrire qui se perd, tsé genre; en tk...

    • Hélène Paulette - Abonnée 1 septembre 2016 10 h 14

      Ce n'est pas la loi 101 qui est en cause içi mais le Collèges des Médecins...

    • Roxane Bertrand - Abonnée 1 septembre 2016 12 h 13

      Parions que si tous les québécois de souche devaient faire un test écrit de 200 mots pour obtenir un emploi...

    • Sylvain Auclair - Abonné 1 septembre 2016 12 h 36

      Madame Bertrand, on ne parle pas de tous les employés, mais uniquement de professionnels ayant un diplôme universitaire...

  • Jean-Claude Blouin - Inscrit 1 septembre 2016 06 h 55

    Servir le bien commun ou s'enfermer dans sa tour d'ivoire?

    Des fautes de syntaxe et 10 mots manquant...
    Cela vaut plus qu'un spécialiste unique qui pourrait aider bien des gens?
    Vraiment?
    On dirait que l'OQLF trône comme un pape et distribue des excommunications!

    • Hélène Paulette - Abonnée 1 septembre 2016 10 h 15

      Adressez-vous au Collège des Médecins, monsieur...

  • Nicole Ste-Marie - Abonnée 1 septembre 2016 06 h 56

    Les lois sont pour les gens intelligents

    Aie ! radiologiste Barette inc. réveille ministre de la santé, demande à Mme Payette de t'aider a réfléchir et laisse le monde travailler. Une dérogation à la loi ça se peut, analysez les crocheries dans les autres programmes de votre gouvernement et sachez faire la part des choses.

  • Christian Lanctôt - Inscrit 1 septembre 2016 07 h 00

    Exercices matinaux

    1. Trouver la version française du site web du Montreal Retina Institute.
    2. Réfléchir à la phrase: "Tous les jours, je côtoie des médecins qui sont incapables d’interagir en français et qui même ont besoin de traducteurs quand ils s’adressent au Collège des médecins."
    3. Réfléchir à la phrase: "L’homme de 37 ans [...] répond aux questions en anglais[...] Mais, vérification faite en entrevue, il converse aisément en français." Pourquoi ne répond-il pas aux questions en français?
    4. Réfléchir à la phrase: "Mais les immigrants qui assistent à ces cours et qui y mettent leurs économies n’ont-ils pas le droit de savoir qu’ils ne pourront pas travailler en anglais seulement ?"
    4. Chercher les données sur lesquelles s'appuie la journaliste pour affirmer que ce médecin est le seul spécialiste de son domaine au Québec (opinion d'un confrère?, réalisations particulières?, etc.).
    5. Essayer de comprendre pourquoi Le Devoir tient à présenter comme une victime un professionnel qui a passé de nombreuses années au Québec et échoue malgré cela 12 fois à un examen de français.

    • Claire DuSablon - Abonné 1 septembre 2016 09 h 51

      Je suis outrée de l'intransigence des québécoisEs qui ne peuvent comprendre la situation des gens venus d'ailleurs. De plus plusieurs québécoisEs instruits échoueraient ce texte écrit. Je préfèrerais des québécoisEs moins attachéEs au dogme du Français à tout prix et cela m'éloigne des péquistes et de quelques solidaires.

    • Sylvain Auclair - Abonné 1 septembre 2016 12 h 23

      Madame* DuSablon,
      Le Dr Omar a eu amplement le temps d'apprendre le français, qui n'est certainement pas plus difficile que l'arabe ou le français.

      Le vrai problème, ce sont ces médecins unilingues anglais dont il fait mention; comment se fait-il qu'ils aient le permis d'exercer?


      *Selon votre prénom. Votre avatar, cependant, affirme que vous êtes de sexe masculin.

    • Carmen Labelle - Abonnée 1 septembre 2016 15 h 09

      Madame DuSablon, moi je suis ouotrée de l'entêtement de gens qui viennnet au Québec sachant très bien que le français est la langue officielle, qui signe une déclaration d'immigratio qui stipule:«
      Déclaration
      Comprenant la portée et la signification de ce qui précède et acceptant de respecter les valeurs communes de la société québécoise, je déclare vouloir vivre au Québec dans le cadre et le respect de ses valeurs communes et vouloir apprendre le français, si je ne le parle pas déjà.», qui sont au Qc depuis 15 ans etmariés à un conjoint francophone, mais refusent d'apprendre notre langue. C'est cela qui devrait nous inquiéter madame, si on a un peu de respect pour notre langue, notre culture et sa pérennité