La lutte à la résistance aux antibiotiques se porte bien au Canada

Le carnet de santé national des Canadiens révèle que la lutte à la résistance aux antibiotiques progresse au pays. Des données récentes rendues publiques hier par le Programme national d'information sur les antibiotiques (PNIA) montrent que, même si les taux de forte résistance sont demeurés stables au Canada, le taux d'infections causées par des souches de Streptococcus pneumoniae résistante à la pénicilline (SPRP) est pour sa part passé de 15 % en 2002 à 13,3 % en 2003.

Avec un taux inférieur à 15 %, le Canada se compare avantageusement à plusieurs régions du monde. En effet, des données compilées par le Réseau canadien de surveillance des bactéries (RCSB) indiquent que les taux d'infections imputables à SPRP vont de plus de 30 % dans certaines parties de l'Amérique du Sud à 80 % à Hong Kong et en Afrique du Sud. Aux États-Unis, les derniers chiffres indiquent que les taux de résistance oscillent entre 30 et 35 %.

Dans le monde, Streptococcus pneumoniae est la principale cause infectieuse de morbidité et de mortalité et la cause bactérienne la plus fréquente d'infections comme la bronchite, la sinusite ou la pneumonie. Lorsqu'une bactérie développe la capacité de se défendre contre l'effet d'un antibiotique, elle acquiert une résistance. La surutilisation et l'utilisation inadéquate des antibiotiques au fil des ans a favorisé la résistance de certaines bactéries à nombre d'antibiotiques.

«La résistance aux antibiotiques continue de représenter une grave menace pour la santé publique mondiale», rappelle le Dr François Boucher, pédiatre infectiologue au Centre hospitalier universitaire de Québec et président du PNIA. En effet, quand la résistance entre en jeu, les médecins doivent se tourner vers d'autres antibiotiques pour venir à bout de l'infection. Parfois, ils doivent même se résigner à recourir à des associations d'antibiotiques peu courantes ou à des agents antimicrobiens expérimentaux.

«Les consommateurs doivent savoir que la résistance aux antibiotiques interpelle tous les Canadiens, et non seulement ceux qui prennent beaucoup d'antibiotiques. Même les personnes qui n'ont pas pris d'antibiotiques depuis des années peuvent être infectées par des bactéries résistantes, difficiles à traiter», observe le Dr Boucher.

Réunissant huit organismes reconnus composés de médecins, de pharmaciens et de patients, le PNIA a été créé en 1996 afin d'informer les Canadiens sur le bon usage des antibiotiques. Profitant de la semaine annuelle de sensibilisation aux antibiotiques qui se tient jusqu'au 20 février, le PNIA rappelle aux Canadiens que la seule façon de préserver l'efficacité des antibiotiques est de ne jamais les tenir pour acquis et de les utiliser à bon escient.