Le CHUM revoit à la baisse le nombre d’employés

Le déménagement des trois composantes du CHUM s’échelonne sur plusieurs mois au printemps 2017.
Photo: Jacque Nadeau Le Devoir Le déménagement des trois composantes du CHUM s’échelonne sur plusieurs mois au printemps 2017.

Le Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) réduit son effectif parce que le gouvernement du Québec lui refuse un financement supplémentaire pour son déménagement dans ses nouveaux locaux, selon l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS).

Le syndicat précise que, dans la seule catégorie d’emplois qu’il représente, l’équivalent de 18 postes à temps plein seront ainsi abolis. Le nombre de ces postes de travail avait pourtant fait l’objet d’une entente avec les syndicats en octobre 2015.

Le président de l’APTS, David Lemaire, espérait plutôt qu’on grossisse les rangs du personnel afin de faciliter la transition vers le nouveau CHUM. « La situation est déjà difficile au quotidien pour tous les employés qui sont surchargés et épuisés, a-t-il dit en entrevue, lundi. On voit difficilement comment ça va améliorer le service, surtout dans un nouvel environnement de travail où il va falloir s’adapter. »

Le syndicat met en cause le refus du gouvernement du Québec d’octroyer les sommes nécessaires au déménagement des hôpitaux Hôtel-Dieu, Notre-Dame et Saint-Luc vers le nouveau site.

L’APTS affirme que le CHUM modifie sa structure de postes en raison d’une dépense de 15,4 millions de dollars attribuable au réaménagement d’un pavillon et à la location de bureaux avoisinants pour 1200 professionnels et médecins.

« Avec la récente annonce des surplus budgétaires faits par le gouvernement, on voit difficilement comment le ministère n’a pas les sommes pour financer ce déménagement-là », a déclaré David Lemaire.

« Le nouveau CHUM, c’est quand même un projet d’envergure, ça devrait être un établissement dont tous les Québécois sont fiers », a-t-il ajouté.

Fermeture de salles neuves

Du côté du CHUM, on nie tout lien entre les coûts supplémentaires du déménagement et ces abolitions de postes. « Le calcul des effectifs est fait en fonction du portrait qu’on a aujourd’hui des activités prévues au nouveau CHUM », a dit la porte-parole Joëlle Lachapelle, ajoutant qu’il s’agit de « prévisions conservatrices » qui pourraient être révisées à la hausse.

Nathalie Chalifoux, responsable politique de l’APTS au CHUM, se demande comment un travail qui était qualifié de requis au plan clinique en 2015 peut être devenu superflu quelques mois plus tard.

Le syndicat soutient qu’en médecine nucléaire, par exemple, l’abolition de deux postes de technologues provoquera la fermeture d’une des salles d’examen neuves.

L’APTS a déposé un grief pour contester l’annulation unilatérale de l’entente sur la structure de postes signée à l’automne dernier.

Par ailleurs, David Lemaire estime que les autres catégories d’employés n’échapperont pas aux coupes budgétaires et anticipe même une vague de mises à pied du côté du personnel administratif, affilié à la CSN.

Joëlle Lachappelle n’a pas été en mesure de confirmer ni le manque à gagner de 15,4 millions ni l’éventualité que d’autres postes soient abolis.

Cependant, elle indique que le processus de dotation reprendra à l’automne prochain et que son interruption était due à un « changement des paramètres » de l’échéancier de livraison du nouveau CHUM.

Le déménagement des trois composantes du CHUM s’échelonnera sur plusieurs mois au printemps 2017 : en avril pour l’hôpital Saint-Luc, en mai pour l’hôpital Notre-Dame et en juin pour l’Hôtel-Dieu.

3 commentaires
  • Robert Beauchamp - Abonné 1 août 2016 10 h 13

    Il faut que ça saigne

    Coupures sournoises, hypocrites. le surplus de 1.8 milliards est réservé aux promesses électorales. Baisse d'impôts en faveur des mieux nantis etc... comme au temps de Charest et en pire. C'est peu dire.

  • Gilles Théberge - Abonné 2 août 2016 08 h 45

    Plus ça change....

    Plus c'est la même chose.

    Quand est-ce qu'on va élire un gouvernement qui est proche des besoins du monde?

  • Jean-François Trottier - Abonné 2 août 2016 09 h 21

    L'expérience du CUSM

    Suite aux déménagements successifs des hôpitaux du CUSM vers le centre GLEN, pourtant parfaitement organisé, un vent de panique sest installé dans la gestion des dossiers et le suivi auprès de patients.

    On le sait, le ministre actuel le sait, le premier ministre et anciennement ministre de la Santé itou.
    Puisqu'un déménagement n'arrive pas 2 fois dans une période de 40 ans, on devrait donc non seulement le planifier avec sérieux, comme l'ont fait les responsable des CHUs McGill, mais y adjoindre du personnel d'appoint pour pallier aux oublis, les pires comme les moins pires. Il s'agit de santé et de gens souvent démunis, pas d'un jeu de petits camions vroum vroum.

    Nous avons donc affaire à une volonté ferme de déresponsabilisation de la part de Couillard, Barette et toute l'équipe des ministres de Québec.
    Comment demander comme il se doit leur démission à des gens qui démissionnent eux-mêmes de leur fonction tout en restant en poste ?

    J'ai été en colère. J'ai rèvé de "sortir sur les coudes" ces personnes qui ne respectent que leurs propres règles du jeu et sont extrêmement violents envers les plus faibles. Rêvé, hé! Rien de plus. Je ne rêve même plus.

    Ces gens qui détruisent eux-mêmes le siège qu'ils occupent ne méritent rien, ni vote, ni la moindre considération, ni colère ni commisération.

    Ils sont de trop, c'est tout.

    Me revient cette question : comment ces gens, qui osent se dire une minorité tout en faisant partie du 85% des Canadians, peuvent-ils en rajouter en votant soviétiquement pour cette clique qui se dévalue elle-même continuellement et dans tous les dossiers ?