La clinique SABSA s’entend avec le ministère de la Santé

Ouverte en 2014, la clinique SABSA est une coopérative de solidarité qui repose en grande partie sur le travail des infirmières.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Ouverte en 2014, la clinique SABSA est une coopérative de solidarité qui repose en grande partie sur le travail des infirmières.

Le ministère de la Santé et la clinique sans médecin SABSA se sont finalement entendus, mardi soir, afin que cette dernière opère désormais en partenariat avec le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Capitale-Nationale.

La clinique, qui offre un « service à bas seuil d’accessibilité » dans le quartier Saint-Roch, à Québec, a bien failli fermer ses portes au printemps. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, estimait qu’elle proposait un système parallèle aux Groupes de médecine familiale (GMF) et lui ordonnait de se joindre à l’un d’eux, ce à quoi elle s’opposait.

Tandis qu’elle a été sauvée par une campagne de sociofinancement, la clinique SABSA a entamé des négociations avec le ministère dans l’espoir d’assurer sa survie à long terme. Mardi soir, les discussions se sont soldées par une entente.

Responsabilités partagées

Celle-ci prévoit que la clinique et le CIUSSS de la Capitale-Nationale se partagent des responsabilités sur les plans clinique et administratif. Le CIUSSS affectera des ressources et en assurera la gestion, le perfectionnement et le développement des compétences, tandis que la coopérative SABSA continuera à fournir les locaux d’intervention et à offrir l’accueil. « Il sera de la responsabilité conjointe du CIUSSS et de SABSA d’assurer une prestation de soins et de services de qualité, et le bon déroulement des activités cliniques », a fait savoir le ministère dans un communiqué.

« Ensemble, nous allons pouvoir assurer la poursuite des activités de l’organisation, tout en agissant à l’intérieur de notre réseau de santé et de services sociaux », a déclaré le ministre Barrette. « Cette entente nous permet de poursuivre nos activités dans les cadres tels que nous les connaissons et qui rejoignent notre clientèle particulière », a aussi réagi la cofondatrice de SABSA, Isabelle Têtu. « Notre statut de coopérative nous permettra de continuer notre mission et d’amasser les fonds supplémentaires nécessaires à la prestation de services complets à nos 1600 patients. Nous sommes satisfaites du dénouement. »

Ouverte en 2014, la clinique SABSA est une coopérative de solidarité qui repose en grande partie sur le travail des infirmières. Dans 95 % des cas, l’infirmière praticienne spécialisée Isabelle Têtu et son équipe parviennent à traiter les patients sans avoir à les diriger vers un médecin. En mars, près de 900 citoyens ont fait des dons sur une plateforme de sociofinancement pour permettre à la clinique de soins de proximité de rester ouverte.

1 commentaire
  • Simon Pelchat - Abonné 20 juillet 2016 17 h 36

    Une brèche positive

    C'est une bonne nouvelle pour notre futur. Je salue le courage et la détermination des infirmières qui ont réussi avec l'appui de la population de la ville de Québec à maintenir ouvert la clinique SABSA qui constitue une brèche dans le système dominateur et contre productif des corporations médicales. Il faudra encore beaucoup d'autres initiatives novatrices comme SABSA pour affaiblir un petit peu le mur du conservatisme médical qui fait loi depuis des décennies.