Appel à une meilleure rémunération des médecins

Québec annonçait mardi la distribution d’une partie de l’enveloppe de 60 millions de dollars destinée aux soins à domicile, laquelle avait été prévue lors du plus récent budget du gouvernement.
Photo: iStock Québec annonçait mardi la distribution d’une partie de l’enveloppe de 60 millions de dollars destinée aux soins à domicile, laquelle avait été prévue lors du plus récent budget du gouvernement.

Après avoir augmenté la rémunération des médecins qui font des visites à domicile, la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) se fait dire par les principaux intéressés, appuyés par le ministre Gaétan Barrette, qu’il faudra faire mieux.

En marge d’une conférence de presse sur les soins à domicile, le ministre de la Santé et des Services sociaux a affirmé que les augmentations n’étaient pas à la « satisfaction des gens du milieu ». « La FMOQ a répondu à mon appel [de revoir les tarifs], mais ils ont répondu de façon potentiellement insatisfaisante. Le dossier n’est pas clos », a fait valoir le ministre, qui dit être toujours en « négociation ».

Selon la nouvelle grille tarifaire applicable depuis juin, les médecins ayant plus de 500 patients inscrits qui visitent des patients vulnérables à domicile bénéficient d’une augmentation de 2 à 6 %. De plus, pour les patients en perte d’autonomie sévère, le tarif est passé de 85 à 127 $ la visite. Mais les médecins qui ont moins de 500 patients et qui visitent des patients jeunes ou classés non vulnérables essuient un recul.

La Dre Geneviève Dechêne, qui suit des patients à domicile à Verdun, estime que les dernières annonces de la FMOQ ne changent pas la donne. « Il y a toujours une importante pénalité financière à faire des visites à domicile », dénonce-t-elle.

La pratique en cabinet ou à l’hôpital demeure plus avantageuse. « Ça devrait être le contraire, car nous nous déplaçons, nous voyons des patients plus vulnérables », affirme-t-elle. Selon la Dre Dechêne, Québec devrait se mêler davantage de la façon dont la FMOQ distribue l’enveloppe de rémunération à ses membres. Sa « liberté » ne sert pas le public, dénonce-t-elle.

Investissement dans les services

Les soins à domicile ne reposent pas que sur les médecins, loin de là. C’est pour cette raison que Gaétan Barrette s’était rendu mardi au CLSC du Sud-Ouest–Verdun pour annoncer la distribution des plus récents investissements en soins à domicile.

« Ici, c’est un modèle que nous visons à reproduire, a averti M. Barrette. Le niveau n’est pas le même partout au Québec, a-t-il convenu. J’ai bien l’intention de faire en sorte que ce niveau-là soit comparable d’une région à l’autre. »

Québec annonçait mardi la distribution d’une partie de l’enveloppe de 60 millions de dollars destinée aux soins à domicile, laquelle avait été prévue lors du plus récent budget du gouvernement.

Les établissements de santé se partageront 51,9 millions de dollars pour mettre en place de nouveaux services dans les prochains mois. De ce montant, 7 % devront être consacrés aux personnes handicapées. Des annonces subséquentes dévoileront comment seront dépensés les 8,1 millions promis qui n’ont pas encore été distribués.

Le cabinet du ministre a refusé de dévoiler la ventilation de ces investissements par région, mais on affirme que les régions moins favorisées recevront davantage.

Les établissements de santé auront le loisir de définir leurs priorités. L’argent pourra être consacré à des ressources en dehors du réseau public, a confirmé le ministre, puisque les entreprises d’économie sociale et les organismes communautaires pourront être impliqués.

Investissement insuffisant

La situation n’est pas « idéale », mais Gaétan Barrette s’est montré fier de l’investissement de 138 millions de dollars par an fait par son gouvernement en soins à domicile depuis son élection. Toutefois, le Parti libéral avait promis d’investir 150 millions de dollars de plus par année.

« Quand les besoins augmentent, il faut augmenter les budgets », a dénoncé le Parti québécois dans un communiqué, reprochant au gouvernement de ne pas injecter les 150 millions par an promis.

Pour être en mesure d’investir davantage, Gaétan Barrette a appelé le fédéral à founir sa part dans ce dossier, alors que les libéraux de Justin Trudeau avaient promis un investissement de 3 milliards sur trois ans. « La part du Québec est de 232 millions par an », a rappelé M. Barrette.


Nommée… à un poste aboli

Même si le poste est aboli, Québec a nommé un nouveau commissaire à la santé et au bien-être (CSBE). La directrice générale actuelle du CSBE, Anne Robitaille, succédera à Robert Salois en tant que commissaire par intérim dès le 15 août. Robert Salois prend sa retraite. Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, a indiqué au Devoir que Mme Robitaille devra tenir les rênes de l’organisme le temps que ce dernier termine ses mandats en cours. Le CSBE doit ensuite être avalé par l’Institut d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS).
3 commentaires
  • Marc Tremblay - Abonné 13 juillet 2016 01 h 18

    Indécence

    Les omnipraticiens gagnent près de 275 000$/an et ils en veulent plus pour faire des visites à domicile. Ils sont insatiables.

    • Sylvain Auclair - Abonné 13 juillet 2016 12 h 36

      Ils sont payés à l'acte. S'ils font des visites à domicile, il gagneront moins. On ne peut pas visiter quatre patients à l'heure...

  • Jean-François Trottier - Abonné 13 juillet 2016 08 h 27

    Question de bien souligner la situation

    Ce gouvernement a promis 150 millions par année et a versé 138 millions en deux ans.
    69 millions par année.
    Combien de plus aux spécialistes pour exactement le même travail au cours de cette période ?

    D'autre part, où sont les super-infirmières pouvant faire une bonne partie de ce travail qui souvent ne nécessite pas de médecin ? Des années de promesses depuis 2003, rien de rien depuis. Y a de la mauvaise foi quelque part.

    Le travail de médecin à domicile est sujet à des retards dûs au trafic et aux aléas des transports. Pourquoi ne pas payer le médecin au même tarif que pour une intervention en clinique, et payer le transport selon un tarif horaire ?
    Les GPS sont justement faits pour ça.

    Quoi ? Tarif horaire ? Eh oui... Le bon sens, ce truc dont le ministère le la Santé est si démuni, là là.