Les gestionnaires craignent une décote salariale

Le plan du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, était de se défaire de plus de 1200 cadres du réseau par une réforme de structures, le projet de loi 10.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le plan du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, était de se défaire de plus de 1200 cadres du réseau par une réforme de structures, le projet de loi 10.

Des milliers de gestionnaires du réseau de la santé sont dans les limbes : ils occupent de nouvelles fonctions, souvent depuis plus d’un an, sans savoir quel sera leur salaire, et surtout, s’il sera revu à la baisse, une situation dénoncée par le syndicat.

Les membres de l’Association des gestionnaires des établissements de santé et de services sociaux (AGESSS) attendent toujours la décision du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Selon le syndicat, depuis la réforme du réseau mise en place par le projet de loi 10 en février 2015, pas moins de 4500 cadres ont changé de poste et leur tâche a été en général alourdie, mais ils ont conservé la même rémunération en attendant un reclassement officiel. « On est dans le néant, il n’y a pas de son, il n’y a de lumière, il n’y a pas d’image au ministère », a dit le président de l’AGESSS, Yves Bolduc. « Trouvez-moi un employeur dans le secteur privé qui affiche un poste sans afficher le salaire. Ça ne se tient pas, c’est incohérent. »

Revu à la baisse

Et pour ceux qui ont obtenu un classement provisoire, la rémunération baisse. Par exemple, un gestionnaire a hérité des tâches d’un poste en plus de deux tiers des tâches d’un autre poste, mais son salaire annuel est passé de 81 000 à 76 000 $. « Dans les classements provisoires qu’on a vus, les gens sont placés à la baisse [dans les échelons salariaux], c’est sûr qu’ils sont sous le choc », a constaté M. Bolduc.

Le plan du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, était de se défaire de plus de 1200 cadres du réseau par une réforme de structures, le projet de loi 10. Ainsi, 6000 postes de directeurs généraux, de cadres supérieurs et de cadres intermédiaires des secteurs cliniques ont été abolis et 4500 de ces gestionnaires se sont vu attribuer des postes refondus, jumelant souvent un poste et demi ou deux postes.

Or, après plus d’un an, le ministère n’a toujours pas de classification provisoire des postes comme il s’y était engagé, et encore moins de classification permanente, promise pour l’automne prochain, se plaint M. Bolduc. On ne sait pas encore sur quels critères seront évalués chaque poste, le nombre d’installations à gérer, le nombre d’employés, la formation nécessaire, etc.

Subalternes mieux payés

Pendant ce temps, la rémunération du personnel syndiqué continue de progresser et dépasse même celle de ses supérieurs hiérarchiques, grâce notamment à l’équité salariale ou encore aux primes de soins critiques. « On a des gestionnaires qui gagnent facilement entre 3000 $ et 10 000 $ de moins que leurs subalternes », a constaté le président de l’AGESSS.

Sans compter que les heures supplémentaires des gestionnaires ne sont pas payées, même si 93 % d’entre eux dépassent leurs 35 heures hebdomadaires, selon le syndicat. La semaine « compensatoire » de congé qui était accordée en échange a été abolie par le ministre, a décrié M. Bolduc.

L’AGESSS dit tenter depuis des mois d’obtenir une rencontre avec le ministre de la Santé, en vain. « Ces gens-là ne veulent plus nous parler », en conclut son dirigeant.

2 commentaires
  • Marc Davignon - Abonné 11 juillet 2016 09 h 43

    Peut-être!

    Est-ce qu'ils auront les même conditions pour le RREGOP?

  • Benoit Thibault - Abonné 11 juillet 2016 20 h 35

    Pourquoi ?

    Pourquoi tout ces délais du MSSS. D'abord un signe évident de non respect, ensuite parqu'il sont sans doute préoccupé par la colonne de chiffres, pour démontrer qu'il ont bien fait, plutôt que par une analyse rigoureuse des charges de travail.

    À la place des responsables de ce dossier au MSSS et bien sur le ministre, j'aurais bien de la misère à me regarder dans le miroir!