L'hôpital de LaSalle ouvre ses portes aux sages-femmes

Pour la première fois au Québec, en raison d'un déblocage survenu à l'hôpital de LaSalle, les femmes pourront accoucher à cet hôpital sous la responsabilité d'une sage-femme.

Une entente à cette fin a été conclue entre le CLSC Lac-Saint-Louis, le centre hospitalier de LaSalle, le Conseil des médecins dentistes et pharmaciens de ce centre et l'Association des obstétriciens et gynécologues du Québec.

Et selon le président du Collège des médecins du Québec, Yves Lamontagne, les obstacles ont aussi été levés tout récemment à l'hôpital St. Mary's, dans le quartier Côte-des-Neiges, de sorte qu'une entente identique à celle intervenue à LaSalle y sera bientôt en place. À chacun de ces endroits se trouvent une dizaine de sages-femmes.

Hier, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, a tenu à marquer l'événement. «Les femmes suivies par une sage-femme auront le choix d'accoucher à la maison de naissance ou à l'hôpital et celles qui préfèrent accoucher à l'hôpital pourront le faire soit sous la responsabilité d'un médecin, soit sous celle d'une sage-femme», a-t-il déclaré.

Ce n'est pas tout. «Le réseau de maisons de naissance va continuer à se développer et même l'option de l'accouchement à domicile pourrait connaître également un développement intéressant», a-t-il ajouté.

Le ministre estime que les accouchements réalisés par les sages-femmes viendront alléger le problème de pénurie de main-d'oeuvre dans le secteur hospitalier.

Le ministre a signalé que les 70 sages-femmes en poste ont, en 2002, réalisé seulement 1000 accouchements sur les 70 000 qui ont eu lieu (soit 1,4 %) tandis qu'en Ontario, 20 % des accouchements ont été assurés par les sages-femmes.

Raymonde Gagnon, présidente de l'Ordre des sages-femmes du Québec, estime que la proportion des accouchements réalisés par des sages-femmes au Québec pourrait théoriquement augmenter considérablement si les femmes le veulent en raison du fait que «80 % des 70 000 grossesses annuelles au Québec pourraient se dérouler tout à fait normalement», a-t-elle dit.

Collaboration

Pour sa part, le président du Collège des médecins du Québec, Yves Lamontagne, s'est dit rassuré par le fait que le projet de LaSalle prévoit une collaboration entre les sages-femmes, les médecins et les équipes de soins. Par exemple, il est prévu que les dossiers des patientes seront accessibles à l'un ou à l'autre, que les sages-femmes participeront aux réunions cliniques du département d'obstétrique et à l'enseignement aux résidents, qu'il y aura évaluation commune des dossiers. Un comité multidisciplinaire nouvellement créé verra à gérer les conflits.

«À partir de maintenant, les sages-femmes et les médecins vont travailler davantage ensemble», a conclu M. Lamontagne.

Pour sa part, Claude Fortin, président de l'Association des obstétriciens et gynécologues du Québec, est conforté par la nécessité pour chaque hôpital de convenir d'une entente avec les médecins qui y travaillent.

«Pour mes 350 membres, je veux éviter qu'il y ait une directive unilatérale gouvernementale ou de la part du directeur général d'un établissement hospitalier disant: vous n'avez pas le choix et les sages-femmes viennent faire les accouchements.»

«Il faut que mes membres soient d'accord. Sinon, je m'y opposerai fortement», a-t-il averti.

Les coûts des soins fournis par les sages-femmes sont couverts par l'assurance-maladie du Québec tandis que les sages-femmes reçoivent un salaire se situant aux environs de 50 000 $ annuellement. À ce sujet, des négociations entre le Regroupement des sages-femmes et le ministère de la Santé sont en cours.