Zika: Québec met un programme de surveillance en place

Les moustiques peuvent s’inviter clandestinement sur un vol ou sur un paquebot et être introduits de cette manière dans la province.
Photo: Michaël Monnier Archives Le Devoir Les moustiques peuvent s’inviter clandestinement sur un vol ou sur un paquebot et être introduits de cette manière dans la province.

Même si le risque que le virus du Zika s’installe au Québec est très faible, la santé publique prend la menace suffisamment au sérieux pour établir dès cet été un programme de surveillance entomologique. L’objectif est de déceler la présence des moustiques du genre aedes, qui peuvent transmettre la maladie.

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a confirmé au Devoir que neuf stations de surveillance entomologique seront en fonction dès cet été. Les pièges à moustiques seront installés aux postes frontaliers, en Estrie et en Montérégie. En effet, si on pense que les moustiques du genre aedes ne sont pas présents au Québec, des populations sont installées dans les États de New York, du Vermont et du New Hampshire.

Des stations de capture seront également installées à l’aéroport et au port de Montréal. Les moustiques peuvent s’inviter clandestinement sur un vol ou sur un paquebot et être introduits de cette manière dans la province.

Les pièges serviront aussi à surveiller la présence d’autres moustiques porteurs de virus en émergence comme le virus du Nil occidental, l’encéphalite équine de l’Est et le Chikungunya.

Afin de faciliter la surveillance d’une émergence possible du virus au Québec, le MSSS compte également faire ajouter le Zika à la liste des maladies à déclaration obligatoire.

Un certain risque à long terme

Comme le moustique vecteur de la maladie n’est pas établi au Québec, les experts de l’Institut national de la santé publique du Québec (INSPQ) estiment que le risque que la maladie se transmette dans la province à court et moyen terme est très faible.

Ils pensent toutefois que ces moustiques seront introduits tôt ou tard.

Il n’est toutefois pas certain qu’ils pourraient se reproduire au Québec ou survivre à l’hiver, même si des études ont montré une survie des oeufs à des températures sous zéro.

Mais encore, pour que le moustique transmette le virus du Zika, ce dernier doit pouvoir se multiplier au sein du moustique.

Pour cela, le virus du Zika nécessite des températures de plus de 22 degrés pendant plus de sept jours consécutifs, sans interruption. Même pendant les canicules, ces conditions ne sont pas réunies. Avec les changements climatiques, il n’est pas exclu que des conditions favorables soient réunies dans les prochaines décennies.

Dans un avis publié la semaine dernière, l’INSPQ recommandait par conséquent à Québec de mettre en place un programme de surveillance, demande à laquelle le MSSS a répondu rapidement.

Précautions pour les voyageurs

Si le virus du Zika ne se transmet pas ici, des voyageurs l’ont ramené comme souvenir d’un séjour plus au sud. En date du 4 juillet, 21 personnes infectées au virus Zika ont été signalées au Québec. Il y a eu 136 cas au Canada. Un seul cas de transmission sexuelle a été rapporté au pays.

Depuis qu’il a émergé en Amérique en 2015, le virus se transmet actuellement dans 35 pays des Caraïbes, de l’Amérique centrale et du Sud. Les femmes enceintes ou qui prévoient le devenir doivent éviter tout voyage dans les pays à risque, selon le comité d’experts du Centre hospitalier universitaire Sainte-Justine. Ils recommandent même à toutes les femmes en âge de procréer d’utiliser un moyen de contraception efficace au moins jusqu’à deux mois après leur retour d’un pays affecté.

Comme le virus semble survivre assez longtemps dans le sperme, on recommande aux hommes de porter le condom lors de relations sexuelles pendant six mois après leur retour d’un pays touché et en tout temps avec une partenaire enceinte.