La clinique SABSA «sauvée»

Isabelle Têtu, l’infirmière praticienne qui pilote la clinique (à droite) lors d'une consultation.
Photo: Renaud Philippe Archives Le Devoir Isabelle Têtu, l’infirmière praticienne qui pilote la clinique (à droite) lors d'une consultation.
La clinique SABSA pourra finalement survivre. À quelques heures de la fin de sa campagne de sociofinancement, un donateur anonyme a allongé les 130 000 $ manquants pour lui permettre d’atteindre son objectif de 250 000 $.

«SABSA est sauvée !» a fait savoir l’équipe dans un communiqué émis tôt en matinée jeudi. Près de 900 citoyens ont fait des dons pour permettre à la clinique de soins de proximité de rester ouverte. Avec la somme recueillie, elle pourra rouvrir son service de sans rendez-vous dans le quartier Saint-Roch.

Plus tard, il a été impossible d’en savoir plus sur l’identité du généreux donateur. «Je comprends que les gens sont curieux de le savoir sauf que la seule condition qu’on a eue de sa part c’était de ne pas le dire donc on va la respecter», a expliqué la coordonnatrice de SABSA, Emmanuelle Lapointe.

«Je tiens à remercier tous les gens qui ont donné, tous ceux qui ont aidé», a-t-elle dit. Des patients à revenus modestes ont tenu à donner un petit montant. Beaucoup d’infirmières de tout le Québec ont aussi soutenu le projet. Les dons sont venus de partout même de l’extérieur de Québec, a-t-elle ajouté.

Rappelons qu’à la fin avril, SABSA avait dû cesser en partie ses activités après que le gouvernement du Québec ait refusé de lui offrir un soutien financier si elle n’intégrait pas un Groupe de médecine familiale (GMF). Seuls les soins aux personnes souffrant de l’hépatite C et les rendez-vous des patients déjà membres avaient été maintenus.

Ouverte en 2014, la clinique SABSA est une coopérative de solidarité qui repose en grande partie sur le travail des infirmières. Dans 95 % des cas, l’infirmière praticienne spécialisée Isabelle Têtu et son équipe parviennent à traiter les patients sans avoir à les référer à un médecin.

Malgré les réticences du ministre de la Santé Gaétan Barrette, la clinique et le ministère de la Santé seraient sur le point de s’entendre sur une solution à long terme. Mme Lapointe s’attend à recevoir dans les prochains jours une entente de service finale de la part du ministère.

Selon ce qu’on a pu apprendre, le ministère serait prêt à financer une partie des activités de SABSA (autour de 50 %) et la clinique devra boucler son budget en recourant au financement privé.

La clinique compte actuellement 1600 patients inscrits, mais Mme Lapointe s’attend à pouvoir en accueillir d’autres. «Les besoins sont toujours aussi importants», dit-elle. 
5 commentaires
  • Gilles Théberge - Abonné 30 juin 2016 10 h 12

    SABSA 1

    BARRETTE 0

    Bravo Sabsa!

  • Raymond Chalifoux - Abonné 30 juin 2016 10 h 28

    Yeah!

    (...!)

    Un rumeur prétend que le donateur serait le ministre Barrette lui-même...

  • Richard Lupien - Abonné 30 juin 2016 13 h 12

    Et le PLQ.....

    ....crie victoire....les individus vont financer le système de santé. Comme ils financent le docteur Julien. C'est de la privatisation par la bande, mais c'en est une tout de même.

    Alors que tout financement devrait être exclusivement de la prérogative du gouvernement.

    Par ailleurs, si le le ministre Barette entrevoit une solution à long terme, c'est que cette clinique fonctionne.

    C'est parce que l'idée ne vient pas de cet homme omnipotent qu'elle ne lui plaisait point.

    Richard Lupien
    Ormstown

  • Nicole Delisle - Abonné 30 juin 2016 13 h 30

    C'est ce que le ministre attendait!.....

    M.Barrette attendait qu'un généreux donateur supplée au refus du gouvernement
    d'aider ce centre. Ceux qui n'étaient pas convaincus que le gouvernement vise la privatisation dans les services de santé, voilà votre réponse! Se désengager de plus en plus de sa mission sociale première, voilà le vrai objectif.

  • Hélène Gervais - Abonnée 1 juillet 2016 07 h 04

    Vous ne saviez pas ....

    que c'était l'objectif du parti libéral de se désengager de plus en plus de sa mission sociale? les libéraux n'ont jamais été dans une mission sociale depuis charest, alors ne soyez donc pas si surpris des coupures qu'ils préconisent. Il n'y avait qu'un parti qui s'intéressait au social et maintenant il devient un parti quasiment comme les autres. C'est vrai il y a aussi Kébec solidaire.