Seules une quinzaine de supercliniques sont admissibles

Sur les 20 cliniques qui ont manifesté un intérêt pour devenir des supercliniques, seulement 15 sont admissibles, ce qui éloigne encore davantage le ministre Gaétan Barrette de son objectif d’en ouvrir 50 d’ici 2018.

En entrevue au Devoir lundi, le ministre a précisé que sur la vingtaine de cliniques qui ont approché le ministère, seulement 15 respectaient les critères du programme pour l’instant.

Rappelons que les supercliniques sont des groupes de médecine familiale qui offriraient davantage de services, notamment un horaire élargi de 12 heures par jour, sept jours sur sept, et un minimum de 20 000 consultations par an. Le ministre Barrette plaide que leur entrée en scène permettra de désengorger les urgences.

Or, le manque d’enthousiasme des médecins pour la formule dont faisait état La Presse mercredi a profondément « déçu » le ministre. En mêlée de presse, il a haussé le ton. « Le retour d’ascenseur sociétal, c’est de donner des heures étendues, a-t-il dit. Les médecins, à l’heure où on se parle, doivent prendre leurs responsabilités. »

Se faisant le porte-parole de la population, il a réclamé « un changement de culture » dans la profession. « C’est la population qui doit gagner. […] Ce n’est pas la fin du monde ce qu’on vous demande. »

   

Optimisme

Lors de la présentation du programme des supercliniques en avril, le ministre s’était donné pour objectif d’en ouvrir 50 d’ici 2018 dans les secteurs les plus densément peuplés. Dans le dernier budget, 17 millions ont été réservés au financement de 32 d’entre elles cette année. En se fiant à la localisation des cliniques réseau sur le territoire, le plan voyait un potentiel de 29 supercliniques à Montréal, 11 à Québec, 6 à Laval et 5 en Montérégie. Les autres régions n’étaient pas touchées par le programme malgré la présence d’une poignée de cliniques réseau à Alma (1), Sherbrooke (1), Lévis (1), Joliette (1), Terrebonne (1) et Laval (2).

M. Barrette pourra-t-il réaliser sa promesse d’ici à 2018 ? Il refuse de jeter l’éponge. Les médecins « vont se réveiller », a-t-il dit lundi en entrevue. « Je pense qu’il y en a plus qu’on pense qui sont intéressés », a-t-il dit.

Avec Marco Bélair-Cirino


CHSLD : le ministre talonné à propos des bains

Mercredi, le ministre de la Santé a dû de nouveau répondre à de nombreuses questions sur les soins d’hygiène en CHSLD à la suite d’un sondage de Léger-TVA selon lequel 92 % des Québécois jugent qu’un bain ou une douche par semaine est insuffisant. Lors d’un point de presse, le chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, a affirmé qu’il y avait « un problème de priorité quelque part » en rappelant qu’il en coûterait 30 millions pour offrir un bain de plus par semaine, alors que « le gouvernement libéral a augmenté le salaire des médecins depuis huit ans de 3 milliards ». Le député solidaire Amir Khadir a quant à lui suggéré au ministre de réinvestir dans les CLSC au lieu de miser sur une nouvelle structure. Le ministre de la Santé, a-t-il dit, « est en train de démontrer les limites de sa compétence ». En mêlée de presse, le principal intéressé a réitéré que les soins quotidiens à la débarbouillette en CHSLD étaient « complets » et plaidé qu’il y avait un problème de « perception » dans ce débat. « Vous ne voulez pas accepter le fait que des gens qui ont une expertise dans le milieu aient une position défendable qui fait en sorte que les soins d’hygiène personnelle ne passent pas nécessairement par trois bains par semaine. »
1 commentaire
  • Jean-François Trottier - Abonné 2 juin 2016 08 h 26

    Enfin, il le reconnaît!

    "Le retour d’ascenseur sociétal, c’est..." Il, Malotru, reconnaît enfin que les médecins ont trop reçu par rapport à ce qu'ils font!

    C'est peu, en effet. Lui reste à reconnaître la folie de remettre l'administration de la Santé aux médecins, clinique après clinique, hôpital après hôpital, structure après ministère. Mais, bon , il en est incapable...

    Aucun responsable ne remettrait la gestion de son organisme à un consultant, ni à un contractuel que l'on paie à l'acte!

    Personne non plus ne penserait à utiliser comme gestionnaire une personne formée pour prendre toutes ses décisions en 10 minutes! Faut dire que, déjà, la formation de Barette paraît beaucoup: ses analyses sont d'un simplisme qui me rappelle n'importe quel médecin spécialiste, sauf extrêmement rares exceptions de spécialistes incarnés.

    D'alleurs Couillard n'est pas mieux, avec la différence que lui sait faire ronfler le verbe et le locuteur.

    Qu'on laisse le ministère à un gestionnaire un tant soit peu apte à l'analyse, et que Barette retourne avec ses confrères dans un petit local où on lui fournira des cas à la pelle. Ces super-techniciens devraient se limiter à leur compétence restreinte, pas aux remèdes de cheval pour un système déjà bien affaibli par leur faute.