Disparités importantes de l’accès à un médecin de famille

Le ministre de la Santé promet que, désormais, les nouveaux médecins de famille devront aller s’installer dans les territoires les plus dépourvus du Québec.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre de la Santé promet que, désormais, les nouveaux médecins de famille devront aller s’installer dans les territoires les plus dépourvus du Québec.

Alors que 92 % des citoyens du territoire du CLSC Maria-Chapdelaine, au Saguenay, ont un médecin de famille, c’est le cas de seulement 44 % des citoyens du quartier Saint-Michel, à Montréal. L’accès à un médecin de famille est pour le moins inégal au Québec, a dénoncé la Coalition avenir Québec lors de l’étude des crédits du ministère de la Santé et des Services sociaux, mardi.

Le ministre de la Santé Gaétan Barrette promet que, désormais, les nouveaux médecins de famille devront aller s’installer dans les territoires les plus dépourvus.

Un document du ministère de la Santé et des Services sociaux daté de janvier 2016 et obtenu par la Coalition avenir Québec (CAQ) révèle le détail de l’accès à un médecin de famille par territoire avec un niveau de précision élevé.



Vous ne voyez pas notre carte de l’accès à un médecin de famille par territoire? Cliquez ici.
 

On constate que la situation montréalaise est particulièrement problématique. Quatre quartiers (territoires de CLSC) sont sous la barre des 50 % de patients inscrits : Saint-Michel (44 %), Parc-Extension (48 %), Métro et Côte-des-Neiges (49 %).

La moyenne pour Montréal : 56 % de la population est inscrite.

Contraste, 92 % de la population du Saguenay a un médecin de famille.

À Québec, le quartier où se trouve la coopérative infirmière SABSA, menacée de fermeture faute de financement, est le plus mal pourvu. En effet, en basse-ville, 69 % des citoyens ont un médecin de famille, pour une moyenne de 76 % pour la région de la Capitale-Nationale.

Un plan pour pallier les disparités

Lors de l’étude des crédits de son ministère, Gaétan Barrette a affirmé que son nouveau plan de distribution des effectifs médicaux devrait améliorer la situation.

« En dehors de devoir rester dans la région administrative de leur poste, les médecins n’avaient pas d’autres contraintes. Nous, on va mettre des limitations à l’intérieur de la région administrative », a indiqué le ministre.

Il reconnaît les disparités qui ont pu se créer au fil du temps. « On dit aux finissants, vous ne pouvez plus aller n’importe où dans une région faire du cabinet, selon votre bon vouloir, a détaillé le ministre. On a assez de médecins près des centres d’achats à Sainte-Foy, ça en prend en basse-ville, dans Chauveau, dans Beauport. On amène les médecins près de la population. »

« Les médecins ne seront pas contents, mais c’est ce que la population veut », a ajouté le ministre.

Le député de la CAQ François Paradis a déploré avoir obtenu ces données du MSSSalors que, dans le cadre de l’étude des crédits elle-même, on a refusé de les lui fournir. « C’est un peu décevant de ne pas avoir eu de réponse alors que ces données existent », a dénoncé M. Paradis. Il souhaite que ces statistiques soient publiées sur le site Web du ministère, et mises à jour régulièrement.

« Nous avons développé un nouvel outil [informatique] qui permet de suivre l’évolution de cette donnée », a répondu Gaétan Barrette, promettant de les dévoiler officiellement prochainement.

5 commentaires
  • Hélène Gervais - Abonnée 27 avril 2016 07 h 05

    Je pense qu'il ....

    leur a donné suffisamment d'augmentation de salaire pour qu'ils s'installent là où les besoins sont criants. Dans les Laurentides peut-être? Dans la région de Mt-Tremblant, j'aurais aimé connaître le pourcentage de personnes ayant un médecin de famille. Les rendez-vous ici sont difficiles à obtenir pour la pluplart des gens.

    • Margot Savoie - Abonnée 27 avril 2016 10 h 09

      Si vous cliquez sur le lien juste en dessous de la carte vous pouvez voir en cliquant dans des secteurs sur la carte les pourcentages par endroit.

  • René Bezeau - Abonné 27 avril 2016 07 h 48

    Centres d'achat et autres lieux...

    Il apparait clair que dans certaines zones le nombre de médecins accessibles est inversement proportionnel avec le taux de pauvreté. La courbe ascendante de leurs émoluments donne a penser qu'ils se tiennent loin du pauvre. Et ce lien avec les centres d'achat est assez stupéfiant merci !

  • Danièle Dubé - Abonné 27 avril 2016 12 h 49

    Danièle Dubé, Abonnée et résidente de MHM

    J'aimerais savoir pourquoi votre article ne fait état d'aucune donnée relative à MHM alors que la carte du Devoir indique que cet arrondissement est également au nombre des «heureux élus».

  • Michel Chamoun - Inscrit 27 avril 2016 17 h 36

    Toujours faire porter le blâme aux autres pour ses déboires.

    En regardant celle carte, on réalise que toute la région de l'île de Montréal est défavorisée, même si certains cartiers en patissent plus.

    Or, justement dans sont dernier plan d'action, notre ministère de la santé et des services sociaux à déterminé que nous avions trop de médecins à Montréal, et leur interdit donc de s'y installer.

    http://www.msss.gouv.qc.ca/sujets/organisation/med

    On constate que les seuls endroit ou un médecin terminant sa pratique ce jour peut trouver un emploi, à moins d'un départ à la retraite, sont la Gaspésie, Côte Nord, Outaouais et Lanaudière. Dans ce contexte, la solution évidente serait de permettre à plus de médecins de s'installer à Montréal, et non pas de les déplacer du Plateau à St-Michel ou vice-versa.

    Gaétan Barette semble avoir pris l'habitude de fair porter aux autres des problèmes dont il a l'entière responsabilité. Un autre exemple récent est la manière dont il se plaint maintenant des salaires des médecins spécialistes, devenu exhorbitants depuis qu'il s'est battu pour leur obtenir des augmentations lorsqu'il était président de la fédération des médecins spécialistes. Et qui le demeurent car il n'a pas su renégocier cette entente à l'avantage du gouvernement lorsqu'il s'est retrouvé ministre plutôt que délégué syndical (le PQ, lors de leur brève arrivée au pouvoir, avaient gelé pour quelques temps leurs augmentation. N'aurait-il pas pu continuer sur cette voie? ou encore refuser de légitimer les frais afférents exhorbitants?)