Deux semaines pour changer les vaccins partout dans le monde

Genève — Les pays disposent de deux semaines pour changer les vaccins utilisés contre la poliomyélite, a annoncé vendredi l’Organisation mondiale de la santé (OMS), pour qui le monde est «plus proche que jamais» de mettre fin à la maladie.

Le compte à rebours démarre dimanche, a annoncé le porte-parole du programme d’éradication de la maladie à l’OMS, lors d’une conférence de presse à Genève.

Cela fait 18 mois que l’OMS et 155 pays et territoires concernés se préparent à ce grand changement, a-t-il précisé.

Pour veiller à ce que la transition ait lieu comme prévu, des milliers d’observateurs indépendants confirmeront l’absence du vaccin actuel dans les installations publiques et privées et les lieux de stockage réfrigérés.

La poliomyélite, maladie très contagieuse provoquée par un virus qui envahit le système nerveux et qui peut entraîner une paralysie totale en quelques heures, touche principalement les enfants de moins de cinq ans.

Le poliovirus sauvage, dont il n’y a pas eu de cas en Afrique depuis août 2014, persiste aujourd’hui en Afghanistan et au Pakistan, alors que la maladie était endémique dans plus de 125 pays en 1988.

Sur les 3 souches de poliovirus sauvage (type 1, type 2 et type 3), celle de type 2 a été éradiquée en 1999.

Les infections par le vaccin sont dans de rares cas causées par un type de vaccin – le vaccin antipoliomyélitique oral trivalent également appelé vaccin antipoliomyélitique oral de type 2 – qui contient de petites quantités de virus atténué mais vivant. Ce vaccin réagit dans le système digestif et peut être transmis par l’eau contaminée par des matières fécales.

Pour diminuer le risque d’infection par ce vaccin de type 2, les experts de l’OMS recommandent aux pays d’utiliser désormais une version dite «bivalente» du vaccin, qui ne contient plus que des souches de types 1 et 3.

«Environ 300 millions de doses de vaccins bivalents seront utilisées dans les programmes d’immunisation de routine dans le monde», a expliqué M. Rosenbauer.

«Nous sommes plus proches que jamais de mettre fin à la polio dans le monde entier, ce qui est la raison pour laquelle nous sommes en mesure de procéder à ce remplacement synchronisé», a affirmé pour sa part le directeur de l’éradication de la poliomyélite à l’OMS, Michel Zaffran.