La Colombie-Britannique déclare une urgence de santé publique

Victoria — La Colombie-Britannique est devenue la première province du Canada, jeudi, à déclarer une urgence de santé publique à la suite d’une augmentation marquée du nombre de décès par surdose de drogue.

Perry Kendall, directeur des soins de santé de la province, affirme qu’au cours des trois premiers mois de l’année, il y a eu plus de 200 surdoses mortelles de fentanyl et que si ce rythme se maintient, il y en aura de 700 à 800 en 2016.

C’est la première fois que le directeur des soins de santé de la province a recours à la Loi sur la santé publique afin d’exercer des pouvoirs d’urgence.

Le ministre de la Santé, Terry Lake, affirme que la hausse des surdoses est une préoccupation majeure et que la déclaration d’urgence va aider les directeurs de la santé de la province à établir un plan pour prévenir ces tragédies.

« Nous devons faire tout ce que nous pouvons pour freiner ce bilan. C’est une crise de santé publique et elle a des conséquences sur les familles et les communautés à travers la province », a souligné le ministre Lake.

L’information au sujet des circonstances entourant ces surdoses, lorsque des travailleurs de la santé ou du personnel d’urgence sont appelés à intervenir, sera rapportée et les directeurs de la santé pourront agir aussi rapidement que possible. Le lieu de la surdose, les drogues en cause et leur mode de consommation, ainsi que l’âge et le sexe de la victime seront notamment divulgués.

M. Kendall dit que cette information va aider à prévenir de futures surdoses et à éviter des décès grâce à des programmes de sensibilisation ciblés, en diffusant des avertissements sur la drogue de mauvaise qualité et en distribuant du naloxone, un médicament qui renverse les effets de la surdose.

Le fentanyl est un analgésique à base d’opiacés environ 100 fois plus puissant que la morphine. Les consommateurs récréatifs peuvent modifier ou diluer les timbres de fentanyl ou encore fumer le médicament sous forme de gel.


Terry Lake estime que la Colombie-Britannique a toujours été un chef de file au pays quant aux stratégies sur la réduction des risques liés aux drogues. « Nous avons toujours opté pour une approche fondée sur les faits, sans point de vue idéologique, lorsqu’il est question de réduction des risques », a-t-il soutenu.

La province de l’Ouest abrite le seul site d’injection supervisée en Amérique du Nord, qui est situé à Vancouver.