Une campagne lancée afin de financer la clinique sans médecin

Selon un sondage Léger rendu public mardi, environ le tiers des résidants de Québec ont entendu parler de la clinique SABSA (37 %).
Photo: Renaud Philippe Le Devoir Selon un sondage Léger rendu public mardi, environ le tiers des résidants de Québec ont entendu parler de la clinique SABSA (37 %).

Une campagne de sociofinancement sur la plateforme La Ruche doit être lancée cette semaine pour permettre la survie de la clinique infirmière SABSA. Elle vise à récolter 250 000 $ en 50 jours.

« C’est un essai qu’on fait, a expliqué la coordonnatrice de la clinique, Emmanuelle Lapointe. Il y a des gens qui veulent aider et ça va leur permettre de le faire concrètement. »

La campagne doit être lancée sur le Web mercredi ou jeudi. L’idée est venue d’un des fondateurs de Cossette, Pierre Delagrave, qui a décidé d’agir après avoir reçu un appel de la dirigeante d’une clinique privée de soins infirmiers de Québec, Isabelle Lechasseur, qui s’inquiétait pour le sort de SABSA.

Advenant un échec de cette campagne ou un revirement dans le dossier, la clinique doit fermer ses portes le 1er mai, faute de financement et de soutien gouvernemental. Fondée en 2014, SABSA est la première clinique sans médecin à avoir ouvert ses portes au Québec et la seule à ce jour qui dispense des soins gratuits. L’aide de 250 000 $ lui permettrait de survivre une année de plus.

Comme le veut la formule de La Ruche, les donateurs se feront offrir des forfaits ou cadeaux en échange de leurs dons. Or ceux-là ne prendront pas la forme de soins de santé. « Ils vont pouvoir devenir membres de soutien, avoir une affiche de la coopérative, des choses comme ça. […] Pour tel montant, ils vont savoir qu’ils aident une personne à sortir de la toxicomanie ou de l’itinérance. On ne marchande pas des soins médicaux avec ça », précise Mme Lapointe.

La coopérative a par ailleurs reçu des dons ces dernières semaines après qu’on eut annoncé sa fermeture prochaine mais on est loin de la cible de 250 000 $. Selon Mme Lapointe, le total oscille entre 2000 $ et 3000 $.

Selon un sondage Léger rendu public mardi, environ le tiers des résidants de Québec ont entendu parler de la clinique SABSA (37 %). Il révèle aussi que 64 % des gens sont en désaccord avec la décision du ministre de la Santé Gaétan Barrette de ne pas la financer (64 %).

L’enquête a été commandée par la Fédération interprofessionnelle de la Santé (FIQ) qui parraine le projet SABSA depuis le début. Elle a été réalisée sur Internet auprès d’un échantillon de 503 personnes entre les 22 et 24 mars.

1 commentaire
  • Gilbert Bournival - Abonné 6 avril 2016 09 h 11

    La pensée Barrette ?

    Le Roi de la santé c'est le médecin. Tous doivent se soumettre à leurs diagnostics et à leus prescriptions. Tous sont au service du médecin. C'est la seule façon dans le régime Barrette de conserver et soigner la santé au Québec. Tous les autres qui se disent professionnels de la santé ne sont que des subalternes des Docteurs, ils ne sont que des servants et servantes. Ils ne doivent penser, agir, intervenir en santé que sous les ordres de celui qui connait ça, Le Docteur, et le grand Chef ' Docteur Barrette.
    Bravo à tous ceux qui résistent à la pensée Barrette.