La réforme Barrette perturbe les pratiques

La présidente du conseil d’administration de Suicide Action Montréal, Suzanne Carrière
Photo: Annick MH de Carufel Le Devoir La présidente du conseil d’administration de Suicide Action Montréal, Suzanne Carrière

La prévention du suicide dans la métropole fait les frais de la réforme du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a dénoncé dimanche l’organisme Suicide Action Montréal.

Depuis la réorganisation du réseau de la santé, en avril 2015, Suicide Action Montréal a perdu ses « clients » principaux : les Agences de la santé et les Centres de santé et de services sociaux. Ceux-ci ont été abolis par laLoi modifiant l’organisation et la gouvernance du réseau de la santé, connue comme la « réforme Barrette ».

En clair, l’organisme s’est vu privé des 115 000 $ à 185 000 $ qu’il recevait annuellement pour former environ 350 employés du réseau de la santé afin qu’ils puissent détecter les tendances suicidaires et prévenir le suicide.

« C’est l’Agence de santé qui faisait la coordination pour l’île [de Montréal] au complet », a expliqué la directrice générale de Suicide Action Montréal, Fabienne Audette, dans un point de presse organisé par le Parti québécois. « On a travaillé avec les cinq CIUSSS [Centres intégrés universitaires de santé et de services sociaux] de Montréal pour voir avec qui parler pour remettre ça en place […], mais il va falloir travailler plusieurs mois pour refaire un plan d’action et prouver la pertinence [de la formation]. »

Suicide Action Montréal s’inquiète des délais occasionnés par la réorganisation du réseau de la santé. L’organisme n’a pas reçu de subvention pour la formation pour l’année financière qui commençait le 1er avril 2015, et il craint que le scénario se répète cette année.

« Les CIUSSS font leur possible. […] Mais ce n’est pas suffisant pour rétablir les activités », s’est désolée la présidente du conseil d’administration de Suicide Action Montréal, Suzanne Carrière.