Des centaines d’étudiants en psychologie vont boycotter les stages

Après 700 heures de stage, les doctorants effectuent un internat non rémunéré de 1600 heures.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Après 700 heures de stage, les doctorants effectuent un internat non rémunéré de 1600 heures.

Les 700 doctorants en psychologie de cinq universités québécoises amorceront en septembre un boycott des stages dans l’espoir d’attirer l’attention sur la situation financière précaire dans laquelle ils disent se trouver à la fin de leurs études.

Selon eux, cette précarité contribue directement à la pénurie de psychologues dans le réseau public.

Par leur geste, les doctorants appuient les internes, qui ont annoncé un boycott semblable il y a deux mois, afin que l’on réponde à leur demande d’être rémunérés pendant l’internat, qui constitue la dernière année de leurs études.

Après 700 heures de stage, les doctorants effectuent un internat non rémunéré de 1600 heures. Pourtant, le doctorant a développé à ce stade une autonomie professionnelle qui lui permet de réaliser 80 % du travail d’un psychologue, avancent les étudiants.

Selon la Fédération interuniversitaire des doctorants en psychologie du Québec (FIDEP), le taux d’endettement des étudiants, doublé des « conditions non attrayantes » du secteur public, contribue à la pénurie de psychologues dans le réseau public de la santé. À ce sujet, la FIDEP s’appuie sur un sondage qu’elle a mené auprès des doctorants en psychologie du Québec, dans lequel 70 % des répondants ont affirmé qu’ils n’envisageaient « pas » ou « peu » de travailler dans le réseau public une fois leurs études complétées.

Le boycott des internes et doctorants des universités du Québec à Montréal, de Montréal, Laval, du Québec à Trois-Rivières et de Sherbrooke concernent 700 étudiants. Ces 450 stagiaires et 250 internes n’offriront pas de services psychologiques ou neuropsychologiques au Québec à compter de septembre 2016.

1 commentaire
  • Marie-Josée Blondin - Inscrite 24 février 2016 12 h 48

    Bonne chance aux étudiants en psychologie

    Auparavant, il suffisait de détenir une maîtrise pour pratiquer la psychologie. Depuis le début des années 2000, le programme de psycho a changé et le doctorat a été imposé comme formation terminale. C'est l'un des programmes universitaires les plus longs et qui malheureusement, en bout de piste, ne permet pas de bien gagner sa vie, particulièrement pour les psychologues qui désirent oeuvrer en pratique privée ou en milieu hospitalier (coupures budgétaires). Dur réveil pour ces étudiants qui ont entrepris de longues études sans débouchés autres que la recherche en milieu universitaire, lorsqu'ils réussissent à s'y intégrer.

    Il aurait mieux valu pour nombre d'entre eux de passer par la médecine et ensuite par une spécialité comme la psychiatrie ou la neurologie. Ainsi, ils auraient été beaucoup mieux rémunérés (médecins spécialistes!) pendant et après leur stage hospitalier. La psychologie a toujours été le parent pauvre de la santé car les gouvernements ont toujours privilégié la santé physique plutôt que la santé mentale.