Le périple d’un tuberculeux inquiète la santé publique

Si plusieurs passagers ont pu être retrouvés par courriel, l’avis de recherche vise plus précisément les personnes qui ont acheté leurs billets directement au comptoir de la compagnie de transport sans laisser leurs coordonnées. 
Photo: iStock Si plusieurs passagers ont pu être retrouvés par courriel, l’avis de recherche vise plus précisément les personnes qui ont acheté leurs billets directement au comptoir de la compagnie de transport sans laisser leurs coordonnées. 

Les autorités de santé publique du Québec sont toujours à la recherche de dizaines de passagers qui auraient pu être infectés au contact d’une personne atteinte de tuberculose lors d’un trajet en bus entre Montréal et Toronto.

Vendredi, le ministère de la Santé n’avait toujours pas reçu d’appel des quelque 125 voyageurs considérés comme à risque d’avoir contracté le bacille de la tuberculose. Mercredi, un avis de recherche a été lancé dans les médias et une ligne téléphonique sans frais a été mise en place dans l’espoir de retrouver ces personnes.

La Direction de la santé publique du Québec, ainsi que celles de l’Ontario et d’autres provinces, a déjà obtenu les adresses courriel d’environ 100 des quelque 125 clients de la compagnie MegaBus ayant acheté un billet pour les deux trajets du jeudi 20 août et du dimanche 23 août, à bord duquel a transité le patient malade.

Selon toute vraisemblance, la personne infectée ignorait sa condition lors du voyage et n’a reçu un diagnostic de tuberculose « qu’à la fin de l’année 2015 », a fait savoir la Dre Danielle Auger, coordonnatrice médicale en maladies infectieuses à la DSP.

Cercle rapproché

S’il a fallu autant de mois pour remonter au fameux trajet de bus de l’été dernier, c’est que des tests ont d’abord été effectués dans le cercle rapproché du malade, explique cette dernière.

« On a identifié plusieurs personnes infectées “ autour ” du malade, puis on a élargi notre cercle au lieu de travail de la personne. Il y avait eu là aussi des personnes infectées. Alors, on a décidé de pousser plus loin pour rejoindre les personnes qui auraient pu être en contact dans un troisième cercle, notamment dans les transports et les endroits fermés comme un autobus », affirme la Dre Auger.

Selon cette dernière, on ne peut quantifier le risque de transmission du bacille de Koch dans un environnement fermé comme un autobus, mais il est réel compte tenu de la durée de sept heures des deux trajets en question. « Le risque potentiel est petit, mais il est là. On recommande à tous les gens qui étaient à bord de subir un test de dépistage de la tuberculose », ajoute la Dre Auger.

Traitement

À ce jour, les personnes infectées dans l’entourage du patient ont déjà fait l’objet d’un traitement prolongé aux antibiotiques. La DSP refuse de dire combien de personnes ont été infectées et comment le premier patient a contracté la maladie. « Tout ce qu’on peut dire, c’est que les cas observés au Canada découlent souvent d’une infection contractée dans des pays où la tuberculose est répandue. »

Le bacille de Koch, à l’origine de la tuberculose, se propage dans l’air ambiant quand une personne infectée présente des symptômes de la maladie, notamment la toux. Après l’infection, la maladie peut prendre plusieurs mois, voire des années avant de se déclarer. Des passagers pourraient avoir été infectés et n’afficher aucun symptôme.

Si plusieurs passagers ont pu être retrouvés par courriel, l’avis de recherche vise plus précisément les personnes qui ont acheté leurs billets directement au comptoir de la compagnie de transport sans laisser leurs coordonnées. Ces dernières sont invitées à composer le 8-1-1, afin qu’un professionnel de la santé puisse les diriger vers un endroit où passer gratuitement un test de dépistage et obtenir un suivi médical.