Moins de dentistes, mais plus d’hygiénistes, prétend Québec

Si Québec veut couper un dentiste sur trois en santé publique, c’est pour ajouter des hygiénistes dentaires sur le terrain, se défend la ministre déléguée à la Santé publique, Lucie Charlebois.

« Il faut arrêter de parler du mot coupes. Ce qu’on vise, c’est une augmentation des services […]. Ce n’est pas une mesure d’optimisation pour retourner les fonds au Trésor, c’est pour voir si on peut engager plus d’hygiénistes dentaires qui vont donner plus de services à la population. » Cela ne peut se faire qu’en éliminant des postes de dentiste, confirme Mme Charlebois. « Il n’y a pas de formule magique, il faut faire des choix. »

Elle soutient toutefois qu’elle est toujours en réflexion. « Au Québec, je pense qu’on peut se donner ce moyen-là de réfléchir sur ce qui est mieux comme service à la population et comment on peut en donner plus. On va prendre le temps de s’asseoir et de réfléchir comme il faut. »

Pourtant, comme le révélait Le Devoir jeudi, une note de service a été envoyée le mois dernier par le sous-ministre adjoint pour demander à la direction générale de santé publique de « proposer, pour le 11 décembre prochain, un plan de réduction d’au moins 35 % des effectifs des dentistes oeuvrant en santé publique ».

« Il n’y a pas eu d’instructions de données, se défend la ministre Charlebois. C’est une note [de service] où on demande aux gens de réfléchir. »

Cette « réflexion » ministérielle ramène de vieilles querelles entre les dentistes et les hygiénistes dentaires.

L’Ordre se réjouit

L’Ordre des hygiénistes dentaires, qui réclame depuis des années plus d’autonomie, se réjouit de cette annonce. « La prévention, c’est le champ d’expertise de l’hygiéniste dentaire. Si la nouvelle est d’ajouter le nombre d’hygiénistes, bien sûr, l’Ordre applaudit », répond la présidente, Diane Duval.

Du côté de l’Ordre des dentistes, on rappelle que les dentistes ont des compétences spécifiques que l’on souhaite préserver. « Nous allons certainement faire des représentations auprès de la ministre Charlebois », affirme le président, Barry Dolman.

À l’Association des dentistes de santé publique, on se désole de voir qu’il faut déshabiller Paul pour habiller Jacques. « Qu’on augmente le nombre d’hygiénistes sur le terrain, c’est sûr qu’on est en faveur de ça, affirme la présidente, Élise Bertrand. Mais de remplacer de la prévention par de la prévention, ça ne fait avancer personne. »

2 commentaires
  • Patrick Daganaud - Abonné 4 décembre 2015 03 h 52

    On ne coupe pas!

    On ne coupe pas, Madame Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Santé publique, l'a dit.

    Je confirme :

    On ne coupe pas!

    On arrache, on égorge, on torpille, on massacre, on taillade et on taille (en lambeaux), on pille...

    Mais on ne coupe pas : la madame l'a dit.

  • Yves Corbeil - Inscrit 4 décembre 2015 10 h 52

    C'est bon ça, Mme Charlebois

    Ça vous tente pas de mettre plus d'hygiénistes de la moppe dans vos hopitaux aussi, les gens tomberaient moins malade quand ils ont la chance d'entrer pour se faire soigné. Eux autres aussi y gagnent moins cher qu'un docteurs ou un dentistes. De cette façon on pourrait mourrir propre avec une hygiène sans reproche. Et votre collègue Coiteux, ça y tente pas d'acheter une compagnie de brosse à dents, de cette façon vous pourriez congédié tous le monde.