La FADOQ craint une privatisation des soins

Accusé de vouloir offrir des services de santé aux personnes âgées dans les résidences privées sans l’encadrement légal nécessaire pour protéger la population, le cabinet du ministre de la Santé se défend de vouloir étendre le modèle CHSLD aux résidences privées qui accueillent des personnes âgées autonomes ou semi-autonomes.

« Ben non, personne n’est en train de transformer les résidences privées pour aînés (RPA) en CHSLD ! », répond l’attachée de presse du ministre de la Santé, Joanne Beauvais.

Plus tôt dans la journée lundi, plusieurs intervenants, regroupés autour de la FADOQ dénonçaient ce projet de règlement sur la certification des résidences pour aînés, qui est en consultation jusqu’à la fin du mois. Ces derniers s’inquiétaient de l’article 3, qui permet aux établissements privés de « mettre à la disposition des résidents un service de santé ambulatoire, lequel consiste à maintenir un local dans lequel un ou plusieurs professionnels autorisés sont disponibles pour recevoir un résident qui désire consulter de façon ponctuelle pour un problème de santé particulier ou pour en assurer le suivi ».

Le directeur général de la FADOQ, Danis Prud’homme, s’inquiète de la « médicalisation des résidences privées pour aînés », car ces dernières ne sont pas assujetties aux mêmes normes que les CHSLD. « On ouvre la porte à ce que les résidences privées puissent devenir des CHSLD sans avoir un permis, sans protéger les citoyens, sans avoir des normes au niveau de ce qui doit être là en termes de ressources et de soins. »

En raison du manque de place en CHSLD, il craint que cette nouvelle ouverture ne pousse un plus grand nombre de personnes en perte d’autonomie vers les résidences privées plutôt que vers les CHSLD, qui sont régis par l’État et donc plus aptes à octroyer des soins. Il parle d’une « privatisation à grande échelle » des soins aux aînés en perte d’autonomie.

« Le gouvernement se dégage de sa responsabilité envers les aînés en lourde perte d’autonomie en la transférant aux RPA alors que ces dernières sont des établissements locatifs destinés aux aînés autonomes et semi-autonomes, dont le cadre légal ne correspond pas à une clientèle d’aînés non autonomes. »

La FADOQ, de concert avec la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), le Conseil pour la protection des malades et l’avocat Jean-Pierre Ménard, demande au ministre de préciser le type de soins qui pourront être offerts, craignant que cette ouverture n’entraîne une dérive.

Questionné à ce sujet, l’attachée de presse du ministre se fait rassurante : « Ce que le règlement propose de permettre, c’est que l’établissement mette à la disposition d’une infirmière un petit local où elle offrirait des services de santé mineurs : suivi de pression artérielle, suivi diabétique, conseils santé, vêtements de resserrement, injections de vitamines, etc., pour environ une demi-journée par semaine. Le niveau de soins n’est donc pas comparable à celui d’un CHSLD. »

Quant à savoir qui s’assurera de la qualité des services offerts, elle répond que « nous pouvons croire que leur ordre professionnel s’assurera d’une prestation exemplaire ».

1 commentaire
  • Nicole Delisle - Abonné 24 novembre 2015 07 h 40

    Conjuguer selon les libéraux!

    Je privatise tout au Québec.
    Tu subis les effets des compressions.
    Il-Elle se moque des québécois.
    Nous nous disons que vous pouvez toujours en donner plus...
    Vous vous dites que vous n'avez pas voté pour tout cela!
    Ils-Elles finiront leur vie en payant encore plus, car privatisation oblige.........