L’entente fait naître un différend au sein de la FMOQ

Le Regroupement des omnipraticiens pour une médecine engagée compte quelque 500 membres.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le Regroupement des omnipraticiens pour une médecine engagée compte quelque 500 membres.

Le Regroupement des omnipraticiens pour une médecine engagée (ROME) dénonce le « déficit démocratique » au sein de leur fédération professionnelle. Le groupe, créé dans la foulée du projet de loi 20, déplore que l’entente survenue au printemps dernier entre le ministre de la Santé et la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) n’ait pas été portée au suffrage universel.

« Les détails [de l’entente] sont décidés derrière des portes closes, et les omnipraticiens ne tiendront aucun vote général », déplore le Dr Simon-Pierre Landry dans un article publié dans la revue Santé inc. Celui-ci remet en cause « les qualités du processus électoral » de sa fédération, appelant à une « mobilisation massive » des membres et réclamant une « nouvelle direction médiatique et politique de la FMOQ ».

« Tous les omnipraticiens doivent prendre conscience du processus électoral dans leur région pour que puissent s’opérer démocratiquement les changements nécessaires », écrit-il dans le pamphlet.

Le Regroupement des omnipraticiens pour une médecine engagée, qui compte quelque 500 membres — dont le Dr Landry —, a repris le message. « Beaucoup de médecins ont réagi en se disant : est-ce que c’est vraiment ça qu’on voulait ? On aurait aimé connaître un peu mieux les détails, soutient la Dre Dominique Hotte, membre de l’exécutif du ROME. Les médecins auraient aimé pouvoir faire part de leur opinion plutôt que de se voir imposer [cette entente] sans discussion. Ils auraient aimé s’exprimer par suffrage universel pour savoir à quel pourcentage les gens sont favorables ou non à cette entente-là. »

La fédération a pourtant respecté les règles. Ce sont donc les délégués, élus par leurs associations régionales, qui se sont prononcés sur la proposition de l’entente. Un total de 142 sur 143 était pour, rappelle le porte-parole de la FMOQ, Jean-Pierre Dion. Il ajoute que le président, le Dr Godin, a fait une tournée du Québec pour prendre le pouls de ses membres. « La contestation du mode démocratique, on ne la sent ici d’aucune façon dans la vraie vie. Il y a toujours des gens dont l’opinion ne rallie pas la majorité, mais il n’y a pas plus démocratique que la Fédération. »