Des médecins spécialistes veulent abolir les frais accessoires

Des médecins spécialistes jugent préoccupant le refus de débattre sur la place publique des frais accessoires.
Photo: Brand X Pictures Des médecins spécialistes jugent préoccupant le refus de débattre sur la place publique des frais accessoires.

Des médecins spécialistes dénoncent la position « antidémocratique » de la présidente de leur fédération qui refuse de débattre des frais accessoires sur la place publique.

« Nous jugeons préoccupant votre refus de débattre de cet important enjeu sur la place publique, comme nous y invite l’Association médicale du Québec, écrit un groupe de 14 médecins spécialistes, membres du regroupement Médecins québécois pour le régime public, dans une lettre envoyée jeudi à leur présidente, Dre Diane Francoeur. Cette manière de faire, antidémocratique s’il en est, ressemble étrangement à la méthode employée par notre ministre de la Santé il n’y a pas si longtemps et contre laquelle, pourtant, vous vous indigniez avec force. »

Les signataires réitèrent leur volonté de régler le problème des frais accessoires, mais s’opposent à ce que les patients payent cette surcharge. Ils rappellent leur présidente à l’ordre, lui intimant de faire le travail pour lequel elle a été élue. « Puisqu’il est illégitime — et illégal — de facturer aux patients des services assurés à la grandeur du pays, comment résoudre la question du financement des cabinets médicaux ? C’est alors, Madame la Présidente, que vos membres vous enjoignent de réaliser une des tâches pour lesquelles vous êtes nommée, soit voir à la juste répartition de la rémunération des spécialistes selon leur pratique, à partir de l’enveloppe budgétaire qui vous est octroyée par le ministère de la Santé. »

Pour remédier au manque de financement de certaines cliniques qui doivent se procurer à leurs frais de l’équipement dispendieux — frais refilés aux patients sous l’appellation « frais accessoires » —, le groupe de médecins spécialistes suggère de majorer la composante technique dans l’enveloppe déjà existante ou de demander au ministre d’injecter plus d’argent dans le système.

D’autres options

En juin dernier, le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, écartait cette option, affirmant qu’il n’avait pas les moyens d’absorber ces frais, évalués à plus de 50 millions de dollars. Il proposait plutôt de « normaliser » les frais accessoires pour « enlever toute possibilité d’abus ». Il annonçait donc qu’il déposerait des amendements à cet effet dans le projet de loi 20, toujours à l’étude à l’Assemblée nationale.

Les partis d’opposition s’attendaient à ce que le ministre dépose ses amendements jeudi. Ce dernier a bel et bien déposé des amendements, mais rien sur les frais accessoires. Questionnée à cet effet, l’attachée de presse du ministre Barrette répond que le ministre « n’a pas changé d’avis ». Des amendements pourraient être déposés à un autre moment, mais d’autres « scénarios » sont envisageables. « Ça pourrait — je parle au conditionnel — faire l’objet d’un projet de loi séparé, affirme Joanne Beauvais. Ça pourrait aussi faire partie de négociations toutes simples parce que dans l’enveloppe de la FMSQ, il y a des sommes qui sont allouées, on pourrait renégocier avec les fédérations pour mettre l’argent autrement. Il y a plein de façons. »

2 commentaires
  • Patrick Boulanger - Abonné 25 septembre 2015 12 h 32

    Bizarre le manque de réaction sur ce site par rapport à cette belle (!) initiative de médecins québécois progressistes. Bordel! Il est question ici de possiblement privatiser encore un peu plus notre système de santé... public.

    • Francois Cossette - Inscrit 25 septembre 2015 14 h 00

      Les quebecois dorment au gaz. Tout ce qu'ils savent faire c'est chialler quand quelque chose les touches mais ils sont totalement indifférents pour ce qui est des grandes questions. Ils ont le nez collé sur leur quotidien et ils se font bourrer le crane par les inepties des politiciens et ils se font donné du déja tout maché par les journalistes.

      Pas surprenant qu'on en soit rendu ou l'on est, notre systeme d'education en déroute, notre systeme de santé en déroute et pour ce qui est de la démocratie .... ca vaut meme plus la peine d'en parler tellement elle a pris le bord depuis longtemps.