Le Conseil pour la protection des malades croit pouvoir faire mieux

Photo: Franziska Werner/Getty Images

Pour assurer une plus grande indépendance du traitement des plaintes dans les établissements de santé, le Conseil pour la protection des malades propose de prendre la relève des commissaires aux plaintes.

« On veut un système de plaintes qui va pousser sur la machine, explique Paul Brunet, p.-d.g. du Conseil pour la protection des malades. On pourrait le faire, on a des antennes partout au Québec et on pense qu’on pourrait faire mieux que le système actuel. »

L’automne dernier, il en a fait la proposition à la Commission de révision permanente des programmes. « Selon une analyse sommaire que nous avons effectuée, ça coûte entre 30 et 40 millions [par année pour gérer] le réseau de plaintes au Québec. On a dit à la Commission qu’on pourrait le faire pour 20 millions. Non seulement vous allez économiser de l’argent, mais vous allez avoir un système de plaintes beaucoup plus indépendant et probablement plus efficace. »

En juin dernier, Me Brunet a profité d’une rencontre avec le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, pour lui faire part de sa proposition. « Le ministre n’a pas fermé la porte, il nous a dit : “ Faites-moi des propositions. ” Alors nous sommes en train de préparer, avec nos consultants, des propositions pour instaurer un vrai système de plaintes. »

Au bureau du ministre, son attachée de presse, Joanne Beauvais, répond qu’il s’agissait d’une « discussion informelle ». Elle ajoute que le ministre n’a pas reçu de demande formelle à cet effet et qu’il ne commentera pas d’ici là.

Délégués et commissaires

Plus tôt mercredi, le ministre a tenté de minimiser les problèmes soulevés par l’avocat spécialisé en santé Me Jean-Pierre Ménard, le comité des usagers de l’ancien CSSS des Sommets dans les Laurentides et l’Association des cadres supérieurs de la santé, qui représente les commissaires aux plaintes.

Ces derniers dénonçaient que, dans la foulée de la restructuration du réseau de la santé, des établissements se retrouvaient désormais avec des délégués plutôt que des commissaires aux plaintes, ce qui était « illégal » et compromettait l’indépendance et la crédibilité du système.

La commissaire aux plaintes du CISSS des Laurentides confirmait qu’elle aurait désormais des « conseillers » pour l’aider à recueillir et compiler les plaintes. Mais selon le ministre, « il n’y a rien qui a changé ». Il a réitéré, comme le soutenait le ministère la veille, qu’il n’y a eu aucune directive ministérielle à cet effet.

Oppositions

« C’est une autre illustration de la précipitation avec laquelle le projet de loi 10 a été fait […] et le bâillon nous a empêchés de nous rendre jusqu’à l’article où il était question du commissaire aux plaintes », déplore Diane Lamarre, du Parti québécois.

« Ça vient rejoindre ce qu’on a toujours dit en lien avec le PL10 : la centralisation du pouvoir l’éloigne de l’usager, et là, ça s’exprime dans ce qu’il y a de plus fondamental dans un système de santé, c’est-à-dire de permettre à l’usager de remettre en question ce qui s’y passe », ajoute François Paradis, de la Coalition avenir Québec.

« Le gouvernement libéral n’a qu’une chose en tête : économiser coûte que coûte, plutôt que de servir l’intérêt des citoyens », conclut Amir Khadir, de Québec solidaire.

On veut un système de plaintes qui va pousser sur la machine. On pourrait le faire, on a des antennes partout au Québec.

1 commentaire
  • Marcel (Fafouin) Blais - Abonné 17 septembre 2015 05 h 42

    Bref !

    « Pour assurer une plus grande indépendance du traitement des plaintes (…), le Conseil pour la protection des malades propose de prendre la relève » (Jessica Nadeau, Le Devoir)

    De cette proposition, habile ou ingénieuse ?, il convient, avant tout et sachant ce qui se passe dans le RSSS, d’exiger, aussi, une Commission parlementaire sur le monde des droits-devoirs, un monde qui, en relation avec le Système actuel, demeure incompris ou mal compris du public, notamment lorsqu’il s’agit de mentalité-culture l’y associant d’office ou pas !

    Bref ! - 17 sept 2015 -