Une seule direction pour le CHUM et Sainte-Justine

Le ministre Gaétan Barrette a annoncé le regroupement des deux entités sous une direction unique, à la suite d’un décret adopté par le Conseil des ministres.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Le ministre Gaétan Barrette a annoncé le regroupement des deux entités sous une direction unique, à la suite d’un décret adopté par le Conseil des ministres.

Le Centre hospitalier universitaire de l’Université de Montréal (CHUM) et le CHU Sainte-Justine seront désormais sous l’égide d’une seule et même direction, a annoncé jeudi le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette. Cette décision surprise, qui n’a rien d’une fusion, insiste le ministre, n’en sème pas moins un vent d’inquiétude au sein du personnel de l’hôpital pédiatrique.

Le ministre Barrette a annoncé le regroupement des deux entités sous une direction unique à la suite d’un décret adopté par le Conseil des ministres. « Les deux établissements conserveront leur entité juridique propre ainsi que leur indépendance financière. Il n’est pas question ici d’une fusion », a-t-il insisté.

L’hôpital pédiatrique et le gigantesque CHUM, orphelin depuis le départ de son directeur général, Jacques Turgeon, au terme d’une crise interne, seront désormais sous la gouverne de Fabrice Brunet — actuel directeur du CHU Sainte-Justine —, nommé jeudi p.-d.g. des deux établissements.

« C’est d’abord et avant tout en pensant aux patients que nous avons décidé d’apporter ce changement organisationnel. C’est à eux que bénéficiera cette modification […] qui profitera aussi bien sûr à l’ensemble de la collectivité québécoise en raison du gain d’efficience anticipé », a ajouté le ministre.

Selon le ministère de la Santé, les deux hôpitaux universitaires conserveront leurs directeurs médicaux, administratifs et techniques respectifs. L’union vise d’abord à améliorer l’intégration des services aux patients, suivant ainsi les modèles adoptés au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) et aux CHU de Québec et de Sherbrooke, où les mêmes directions gèrent les soins pour adultes et les soins pédiatriques.

Inquiétudes

 

Le personnel et les médecins de deux établissements n’ont été informés que quelques heures après les médias de cette nouvelle organisation administrative. Dès midi, le téléphone du bureau d’un des syndicats du CHU Sainte-Justine, regroupant des employés de services, de bureau et paramédicaux, ne dérougissait pas. « C’est sûr que les gens sont inquiets. Certains se demandent s’ils devront un jour aller travailler dans un des hôpitaux du CHUM. Le directeur nous assure qu’il n’y aura pas de mobilité du personnel, mais qui sait ce que nous réserve l’avenir ? » a commenté Gilles Charrois, directeur du Syndicat des employés du CHU Sainte-Justine.

L’hôpital pédiatrique, qui a écopé de 15 millions de dollars de compressions dans le cadre des mesures d’austérité, doit déjà gérer l’augmentation de 65 % de sa superficie — dans la foulée de l’important agrandissement en cours de construction — avec le même budget de fonctionnement, rappelle le syndicat.

De son côté, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS) de la CSN s’offusque de voir le ministre de la Santé chambouler encore une fois des structures plutôt que de se concentrer sur l’amélioration des soins.

Mais selon le nouveau p.-d.g. des deux CHU, Fabrice Brunet (aux commandes du CHU Sainte-Justine depuis 2009), une direction unique facilitera la transition des soins entre l’enfance et l’âge adulte. « On peut aller encore plus dans l’intégration des soins, mieux définir les besoins et voir comment nos équipes peuvent améliorer la prise en charge des patients », a-t-il indiqué au Devoir.

Le modèle proposé par le ministre Barrette s’inspire de centres universitaires existant ailleurs dans le monde, notamment de celui de Boston où l’hôpital de soins pour femmes, l’hôpital pédiatrique et l’hôpital de soins généraux sont gérés par une même direction, mais conservent des identités et des services distincts.

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