Imperial Tobacco met en doute les données de Québec

Photo: Jonathan Hayward La Presse canadienne

Bien que Québec estime avoir fait ses devoirs, la compagnie Imperial Tobacco Canada remet en question la valeur probante des données sur lesquelles sont basées les mesures proposées dans le cadre du projet de loi 44 déposé en avril dernier, qui vise à renforcer la lutte contre le tabagisme.

Venus présenter leur mémoire en commission parlementaire lundi, les représentants du cigarettier, Éric Gagnon et le Dr Richard Voisine, ont affirmé que certains éléments du projet de loi « ne prennent pas appui sur des données probantes » et que, par conséquent, « elles ne contribueront pas à atteindre les objectifs visés en matière de santé publique », à savoir, entre autres, de limiter davantage l’accès des jeunes aux produits du tabac.

Pour atteindre ce but, le gouvernement veut interdire la vente de cigarettes aromatisées, estimant que l’ajout de saveur rend plus attrayants les produits du tabac. Or, si Imperial Tobacco Canada admet que les « saveurs bonbons » doivent disparaître, l’entreprise souhaite que le gouvernement laisse toutefois tomber la mesure qui prohibera la vente de cigarette mentholée.

« En dépit des affirmations de certains groupes, aucune étude ne démontre que les jeunes commencent à fumer à cause [de ces] cigarettes, avance Éric Gagnon. Il serait erroné de prétendre qu’en [les] bannissant, le Québec contribuera à la prévention du tabagisme chez les jeunes. »

Affirmation que réfute la ministre déléguée à la Santé publique et instigatrice du projet de loi 44, Lucie Charlebois. « Des études existent, affirme la ministre. Quand vous nous dites que les données probantes ne sont pas là, j’ai envie de vous demander ce que vous pensez de celles recueilliespar l’Institut national de la santé publique du Québec, l’Organisation mondiale de la santé, le Surgeon General des États-Unis, l’Institut de la statistique du Québec, Santé Canada et Statistique Canada… »

Le Dr Voisine reconnaît qu’il existe une grande quantité de données, mais, selon lui, le problème est dans leur interprétation. « On parle beaucoup de prévalence et d’association, mais pas de cause à effet, insiste le chimiste de formation. C’est un peu comme si demain matin, on interrogeait tous les gens qui ont fait des excès de vitesse et que 30 % d’entre eux déclaraient avoir, dans les 30 jours précédents avoir conduit une voiture rouge. Est-ce qu’on conclurait que la couleur rouge est la cause des excès de vitesse ? C’est un peu la même chose. »

 

Cigarettes électroniques

Imperial Tobacco espère également que Québec réglementera différemment les cigarettes électroniques, alors que, à l’heure actuelle, le projet de loi soumet ce produit aux mêmes restrictions que celles imposées aux produits du tabac, c’est-à-dire qu’il sera interdit de vapoter dans les établissements et les endroits publics de même que sur les terrasses des restaurants et des bars.

« La cigarette électronique doit être considérée à part, estime Éric Gagnon. Elle a un potentiel de santé publique qu’il faudra d’abord considérer. »

Un dernier jour d’audiences est prévu le 3 septembre.

1 commentaire
  • Richard Bérubé - Inscrit 1 septembre 2015 06 h 04

    Ce que l'argent peut corrompe!

    Je me demande encore comment ce fait-il que des scientifiques qui se considèrent sérieux et professionels peuvent encore protèger des produits connus et considèrer néfastes et mortels pour l'être humain. Tant qu'à moi si les gouvernements étaient sérieux ils interdiraient la vente des produits du tabac et ses succédanés à travers la planète...mais ça c'est rêver en couleur...peut-être qu'un jour cela se produira...