L’organisation du travail en cause

Treize recommandations sont formulées dans le rapport.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Treize recommandations sont formulées dans le rapport.

Des portes fermées et des employés en pause : voilà les principaux éléments mis en cause par une enquête interne au centre d’hébergement Cooke à Trois-Rivières à la suite d’une vidéo montrant deux personnes âgées qui avaient fait une chute et qui sont restées au sol pendant plusieurs minutes.

Le 14 juillet dernier, une dame s’est rendue au centre d’hébergement Cooke pour visiter sa mère. À son arrivée, elle a aperçu deux résidents couchés au sol à des endroits différents. Ne voyant pas d’intervenants pour les aider, elle a filmé la scène et l’a diffusée dans les médias pour dénoncer la situation.

L’histoire a fait grand bruit. Le ministre de la Santé, Gaétan Barrette, a demandé une enquête indépendante et, en parallèle, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec a procédé à sa propre analyse de la situation.

« Au moment de l’événement, quatre intervenants de l’unité étaient absents pour leur temps de repas, écrit dans son rapport le directeur adjoint Martin D’Amour. La modulation du nombre d’intervenants ayant quitté l’unité pour leur temps de repas aurait pu contribuer à un temps de réponse plus rapide. »

L’autre problème, constate-t-il, c’est que les deux autres intervenants qui travaillaient dans l’unité avaient fermé la porte de la chambre où ils prodiguaient des soins à d’autres résidents. « Les témoignages obtenus indiquent que les moniteurs de mobilité sonnaient à la chambre du résident 2 et que la visiteuse réclamait de l’aide sans que les intervenants entendent cet appel. »

La règle prévoit pourtant que les portes doivent rester ouvertes, mais il y avait un problème avec le rideau de cette chambre pour deux personnes et les intervenants ont fermé la porte pour préserver l’intimité des patients. « Bien que cela n’aurait pas eu pour effet d’éviter les présumées chutes, les intervenants auraient pu entendre le déclenchement du signal sonore du moniteur de mouvement de la chambre du résident 2 ainsi que l’appel à l’aide de la visiteuse. »

Au total, Martin D’Amour formule 13 recommandations en lien avec cet événement, notamment sur la modulation des temps de repas, que l’établissement s’engage à mettre en place. Le Regroupement provincial des comités des usagers (RPCU) s’est dit « satisfait de la diligence avec laquelle l’enquête a été menée » et demande à ce que ces recommandations « soient étendues et applicables […] dans tous les centres d’hébergement ».

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