L’ombudsman de l’UdeM attire l’attention sur la santé mentale des étudiants

L’ombudsman de l’Université de Montréal voudrait que les membres du personnel soient en mesure de repérer les signes d’une santé mentale défaillante chez les étudiants.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir L’ombudsman de l’Université de Montréal voudrait que les membres du personnel soient en mesure de repérer les signes d’une santé mentale défaillante chez les étudiants.

De plus en plus d’étudiants souffrent de problème de santé mentale. L’ombudsman de l’Université de Montréal, Pascale Descary, demande ainsi d’accroître le soutien en la matière.

Dans son rapport annuel 2013-2014, déposé récemment au Conseil de l’Université, elle recommande notamment de former le personnel afin de pouvoir mieux les dépister et ainsi éviter qu’ils se retrouvent « en bout de piste ».

Le constat d’une augmentation des cas est d’ailleurs partagé par l’Association des ombudsmans des universités du Québec et de l’Association des universités et collèges du Canada. « Tous confirment que le phénomène est en hausse, c’est une tendance », indique Mme Descary.

Résultats vacillants, absences répétées, comportements inhabituels : l’ombudsman voudrait que les membres du personnel soient en mesure de repérer les signes d’une santé mentale défaillante. « Il faut améliorer l’arrimage entre ce qui se passe au point de vue scolaire et les personnes qui se trouvent au quotidien avec les étudiants, bien placées pour reconnaître ces signes », explique-t-elle.

Plusieurs gestionnaires formulent eux-mêmes cette demande : « Ils ne savent pas toujours comment composer, comment réagir avec ces étudiants. » Les personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale ont souvent du mal à respecter le parcours scolaire, à prendre des arrangements avec leurs professeurs ou encore à abandonner leur cours avant l’échec.

C’est que l’ombudsman reçoit dans son bureau les étudiants qui ne savent plus à quelle ressource s’adresser. Un cas type ? « Un étudiant qui a frappé à toutes les portes, pas toujours au bon moment, il s’est peut-être mis à dos beaucoup de monde, il est émotionnellement très tendu, il ressent parfois de l’agressivité. »

Pascale Descary fait donc figure de dernier recours pour nombre d’entre eux. Comme dans le reste de la population, les jeunes universitaires ont du mal à admettre leurs problèmes de santé mentale et tardent à consulter. Mais une difficulté a tôt fait de contaminer les autres sphères de la vie, selon Mme Descary, qui observe un certain effet boule de neige.

« Il faut prendre la situation plus tôt, avant qu’elle ne devienne irrécupérable », résume Mme Descary. D’où la recommandation de créer un groupe de travail afin d’établir un plan stratégique pour travailler davantage en amont. Ce groupe de travail établirait également un protocole d’intervention, pouvant comprendre un plan d’action soumis à l’étudiant lui-même.

Des services qui débordent

De nombreuses ressources existent déjà à l’Université de Montréal, dont ceux de consultation psychologique. La demande est cependant très forte, et le temps d’attente est long avant le début des consultations. Une étudiante, qui préfère garder l’anonymat, a dû attendre quatre mois et demi avant de rencontrer un psychologue pour une série de 20 séances. « Je faisais de l’anxiété après un retour aux études, j’avais beaucoup de mal à voir l’avenir de façon positive », confie-t-elle.

Un premier rendez-vous survenu rapidement lui avait permis de faire le point sur la situation, et de s’assurer que sa sécurité n’était pas menacée. On l’avait ensuite avisé des longs délais pour les consultations psychologiques. Elle trouve surtout que le nombre de séances est peu élevé pour stabiliser une situation.

Le Centre de santé et de consultation psychologique (CSCP) de l’UdeM n’a pas été en mesure d’indiquer le nombre d’étudiants reçus en thérapie chaque année.

Pascale Descary a aussi consacré un rapport spécial cette année aux problèmes particulièrement aigus vécus par les résidents en médecine. La famille d’une étudiante en médecine de l’Université de Montréal, qui avait mis fin à ses jours en 2011, avait demandé à la Faculté de médecine d’offrir davantage de soutien aux résidents. Un autre épisode dramatique, le suicide d’Émilie Marchand l’automne dernier, avait ravivé l’urgence de se pencher sur la détresse psychologique et l’épuisement des étudiants-médecins.

2 commentaires
  • Denis Paquette - Abonné 18 juillet 2015 02 h 08

    Liberté ou licence

    Serait-ce que les étudiants d'aujourd'ui ont de moins en moins de repaires, enfin je le croirais est-ce que nous appelons la liberté n'est pas devenu de la licence

  • Josée Duplessis - Abonnée 19 juillet 2015 07 h 20

    Je pense que les jeunes ont moins de réseau social et familial significatifs pour eux.
    Ils sont de plus en plus seuls dans une immensité informatisée.